La Commission européenne serait donc... de gauche !?

Voilà une idée rafraîchissante. Elle m’a été glissée à l’oreille par un fonctionnaire de la Commission européenne. Mais pas n’importe lequel : celui-là est britannique et travaille à la Direction Générale (DG) Entreprises et Industrie. Autrement dit, il avait tout pour être un libéral patenté. Hé bien non ! Figurez-vous que ledit fonctionnaire, que je rencontre le lendemain des élections présidentielles en France, me demande ce que je pense du résultat, ajoutant dans la foulée : " tu n’as pas voté Sarkozy, tout de même " ?
Ha bon ? Il ne fallait pas ? Moi qui pensais que toute la Commission était derrière Sarko, lequel, certes, n’a rien d’une Margaret Thatcher contrairement à ce que ses détracteurs voudraient laisser croire, mais est suffisamment libéral pour avoir bénéficié du soutien de toute la presse économique, le Financial Times en tête, ayant promis de remettre la France sur le droit chemin pour ne pas dire sur le chemin de droite. Quelle n’était donc pas ma surprise ! Mais il insiste : " La majorité du personnel de la Commission était derrière Ségolène Royal. D’accord, à la DG Entreprises, on est assez libéraux. Mais regarde, tout ce qu’on fait est très interventionniste, finalement ".
Tiens, oui, c’est vrai, à bien y regarder. De la politique agricole commune, qui consiste à distribuer des subventions aux Agriculteurs pour qu’ils puissent continuer à exercer leur métier, à la politique de cohésion, qui vise à atténuer les disparités de développement économique entre les régions d’Europe grâce aux Fonds structurels, la Commission passe son temps à distribuer de l’argent et à réguler les marchés. On peut les passer en revue, toutes ces politiques européennes qui consistent, à coup de centaines de millions d’Euros, à financer des réseaux de transport, des programmes de formation, de recherche et développement. Et puis ces politiques de régulation, telles que la nouvelle politique énergétique, qui poursuit des objectifs de sécurité de l’approvisionnement et de protection de l’environnement, dont le marché se soucie naturellement peu, ou encore les politiques de santé, de protection des consommateurs. Bref, on est effectivement bien loin d’une Commission qui, cheval de Troie de la mondialisation libérale en Europe, passerait son temps à libéraliser, à qui mieux mieux, afin de permettre aux polonais de venir piquer nos emplois et aux indiens de racheter nos industries.
A peine remis du choc cette révélation, je rencontre dans la foulée un autre fonctionnaire de la DG Entreprises et Industrie, français celui là, qui me confirme : Il a voté pour Ségolène Royal. Et il ajoute : " Nous verrons bien ce qui va se passer, la vie continue... ". Certes. Surtout pour un fonctionnaire de la Commission européenne !







La Commission européenne serait donc... de gauche !?
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