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REGARD D’EUROPEENS : Sortir l’Union de la crise constitutionnelle

Recommandations à l’usage des responsables politiques européens

Olivier Costa et Paul Magnette, chercheurs et professeurs en science politique proposent une brillante analyse sur les voies de sortie de crise. Partant du constat d’une "crise de légitimité et de motivation" touchant tant les citoyens que leurs gouvernants, ils pointent du doigt l’ambition démeusurée du Traité constitutionnel, et prennent le parti du pragmatisme, dans une optique "fonctionnaliste" : relancer la dynamique d’intégration à partir de l’identification d’objectifs partagés entre gouvernements. Ces recommandations tombent à point nommé, à l’heure où le nouveau président français avance son projet de "mini traité" et où se prépare une nouvelle conférence intergouvernementale, destinée à établir les fondements juridiques d’une relance institutionnelle, au second semestre de cette année. Olivier Costa et Paul Magnette proposent ici une synthèse de leur réflexion, spécialement pour les lecteurs d’Euros du Village


Dans le cadre du « réseau d’excellence » GARNET (Global Governance, Regionalisation & Regulation : The Role of the EU) financé par le 6° Programme cadre de l’UE pour la recherche et le développement, nous avons été invités à rédiger une note de réflexion (policy brief) au sujet de la crise constitutionnelle de l’Union. Il s’agit d’un type de document que les membres du réseau doivent, en vertu du contrat qui les lie à la Commission, publier régulièrement à des fins de dissémination des connaissances scientifiques sur des sujets d’intérêt commun et d’animation du débat avec les institutions européennes. Intitulée « How could the EU overcome the constitutional crisis », notre contribution vise à suggérer une solution concrète au marasme qui frappe l’UE depuis le double rejet du traité sur la constitution européenne (TCE) par les électeurs français et néerlandais.

Plutôt que d’effectuer une mise en perspective des propositions actuellement existantes, nous avons choisi de jouer le jeu et d’adopter une approche délibérément prescriptive. S’il est en effet facile de commenter les discours et initiatives des acteurs politiques et de souligner les carences de leurs approches – ce que nous faisons depuis des années – il est autrement plus risqué et délicat de formuler des recommandations concrètes.

"Une crise de légitimité et une crise de motivation"

Le point de départ de cette réflexion est le constat des insuffisances des scénarios envisagés depuis le printemps 2005 pour sortir l’Union de l’ornière. Celle-ci provient, selon nous, d’une mauvaise évaluation des données de la crise actuelle. Ce qui la distingue des précédentes, c’est qu’elle est tout à la fois une crise de légitimité et une crise de motivation : pour la première fois, le projet européen fait face en même temps à la méfiance des opinions et à un désengagement massif des dirigeants. A cet égard, les plans proposés ici et là ne nous semblent pas suffisamment distinguer deux types de problèmes.

Il faut, en premier lieu, prendre acte des difficultés liées aux évolutions que l’Union a connues au cours du cycle d’intégration des vingt dernières années, qui appellent des corrections structurelles et forcément inscrites dans le long terme. L’inflexion « libérale » de la construction européenne dans les années 1980 et au début des années 1990 a brisé l’un des compromis fondateurs de l’intégration européenne. Les traités de Paris et de Rome combinaient en effet des mesures d’intégration négative (suppression de réglementations nationales entravant la libre circulation des biens et services, des capitaux et des personnes) et d’intégration positive (harmonisation ou rapprochement des législations sociales et fiscales, et soutien budgétaire aux catégories sociales et aux régions portant l’essentiel du coût des politiques de modernisation économique). Pris ensemble, ces deux mouvements d’intégration contribuaient à une « modernisation dans le progrès » des économies européennes, et reflétaient les doctrines de « l’économie sociale de marché » dans laquelle se retrouvaient les principales familles politiques (libérale, démocrate-chrétienne ou conservatrice, et social-démocrate). L’économie politique de l’intégration telle qu’elle s’est affirmée au cours des vingt dernières années est nettement plus « libérale », et suscite un rejet en tant que telle d’une part croissante des citoyens. En outre, les incursions de l’UE dans le domaine des valeurs suscitent une forte méfiance : ses politiques sont perçues comme laïcisantes et intrusives dans la majorité des pays d’Europe orientale et méridionale, tandis que les pays les plus sécularisés d’Europe occidentale dénoncent au contraire des tendances conservatrices.

"L’ambition démesurée du Traité constitutionnel"

Il faut, en second lieu, identifier les limites inhérentes au processus « constitutionnel » initié par le Conseil européen depuis 2001, et en tirer des leçons si l’on veut relancer la dynamique d’intégration dans les mois qui viennent. L’idée de créer une ‘Convention européenne’, et de l’associer à la réflexion sur un projet de traité constitutionnel, se voulait une réponse à la montée des inquiétudes dans les opinions. Un texte fondateur plus lisible, clarifiant les missions et les principes de l’Union, et rationalisant ses institutions, devait aider à dissiper les fantasmes. Écrit par une assemblée vaste, représentant les gouvernements mais aussi les parlements nationaux, le Parlement européen et la Commission, délibérant en public et interagissant avec un « forum » ouvert aux représentants de la société civile, ce nouveau traité devait renouveler l’adhésion des Européens à l’Union. Avec le bénéfice du recul, cette ambition apparaît démesurée. L’idée même de rédiger un traité constitutionnel comportait deux inconvénients. Celui, d’abord, de dramatiser les enjeux et de donner le sentiment que le processus prenait un tour irréversible. Celui, ensuite, d’entretenir un doute sur la finalité de l’opération : s’agissait-il de ‘rationaliser’ l’acquis (en simplifiant et clarifiant la structure des traités antérieurs) et ou d’adapter l’Union à ses nouvelles dimensions d’Europe élargie ?

La réactivation des oppositions au projet européen, dans la phase de ratification, indique par ailleurs que le consensus atteint par la Convention et confirmé par les gouvernements était plus superficiel qu’il n’y paraissait. Au sein même de la Convention, les oppositions qui se sont fait jour n’ont probablement pas été assez entendues. Les difficultés rencontrées lors de la phase de ratification s’expliquent aussi par l’isolement de la Convention. Enfin, l’échec majeur du TCE c’est de n’avoir pas abordé clairement l’hypothèse d’un échec des ratifications.

Premier scenario de sortie de crise : l’option fédéraliste

Ces constats délimitent l’espace dans lequel devrait s’élaborer une éventuelle reprise du processus constitutionnel. Les nombreux scénarios de sortie de crise qui ont fleuri depuis le double non au TCE du printemps 2005 peuvent être regroupés en trois catégories principales.

On trouve d’abord une série de propositions d’inspiration fédéraliste : l’idée selon laquelle la crise de l’intégration est principalement imputable aux mécanismes intergouvernementaux, qu’il conviendrait de dépasser, demeure vivace. L’option fédéraliste repose sur trois objectifs : une réforme des institutions dans un sens réellement fédéral, un accroissement sensible des compétences de l’Union, et l’adoption d’une véritable méthode constituante. Cette voie a le mérite de la cohérence, mais ne nous semble pas très réaliste dans le contexte actuel.

Second scenario de sortie de crise : la voie gradualiste

A l’autre extrême du débat sur l’avenir de l’Union, on trouve une vaste panoplie de scénarios gradualistes, visant à récupérer les éléments les plus novateurs du TCE tout en restant dans la tradition des négociations intergouvernementales et des ratifications à l’unanimité. Certains ont proposé de mettre progressivement en œuvre les aspects de la constitution qui ne demandent pas de réforme des traités ; d’autres envisagent de faire ratifier, par voie parlementaire, un traité plus réduit, ne retenant que la « partie I » du TCE, soit pour l’essentiel les dispositions institutionnelles. Ces deux approches risquent toutefois de nourrir le soupçon que les dirigeants européens cherchent à passer outre la volonté des citoyens.

En outre, l’hypothèse de la négociation d’un « mini-traité » sur les questions institutionnelles présente trois risques, non exclusifs. Le premier est celui d’aboutir, en raison de la volonté déclarée de plusieurs responsables nationaux de rouvrir la négociation sur certains points, à une situation conflictuelle comparable à celle du Conseil européen de Nice. Le deuxième est de réactiver inutilement la thématique du déficit démocratique des institutions de l’Union, sans pouvoir aboutir à une réforme à la hauteur des attentes des citoyens. Le troisième est de renvoyer toute autre réforme de l’Union aux calendes grecques, les responsables nationaux les moins enthousiastes à l’égard de l’intégration pouvant soumettre leur accord à la promesse d’un statu quo durable.

Troisième scenario de sortie de crise : l’hyptohèse fonctionnaliste

Au vu des limites que comportent ces deux scénarios dominants, on peut envisager une troisième hypothèse, plus complexe mais sans doute mieux adaptée aux conditions actuelles de l’Union. Cette formule, que l’on peut qualifier de fonctionnaliste, part du constat que toutes les tentatives de donner à la réforme des traités une coloration constitutionnelle ont échoué (qu’il s’agisse du projet français de 1948, de la Communauté politique européenne de 1953-54, des projets Spinelli de 1984 et Herman de 1994 soutenus par le Parlement européen, ou du TCE de 2004). Les seules initiatives qui aient atteint leur objectif débutaient par l’identification d’un objectif largement partagé par les gouvernements, et ne modifiaient le dispositif institutionnel que dans la mesure où cela était rendu nécessaire par l’objectif central du nouveau traité (les traités de Paris de 1951 et de Rome de 1957, de même que l’Acte unique européen de 1987 et le traité de Maastricht de 1992, suivaient tous cette logique). Ceci confirme que, compte tenu des divergences d’intérêt et de vision des gouvernements, et de leur mainmise sur le procédé de réforme des traités, seul un projet dans lequel chacun des gouvernements puisse trouver un avantage est susceptible de relancer la dynamique d’intégration. Les responsables nationaux – mais aussi les parlementaires ou les citoyens qui sont appelés à ratifier le traité – doivent être en mesure d’identifier aisément les fonctions nouvelles que pourra exercer l’Union grâce à ce nouveau traité. Une mise en œuvre réussie de ce scénario exige toutefois de garder à l’esprit trois enseignements des limites de l’expérience constitutionnelle récente.

"Décomposer la négociation"

On peut tout d’abord considérer qu’il est nécessaire de décomposer la négociation. Le TCE a certainement souffert de vouloir, tout à la fois, rationnaliser l’acquis, accentuer l’intégration et donner à ce processus une coloration constitutionnelle. Aussi, faut-il revenir à une mécanique d’intégration plus progressive, qui permette de vérifier, étape par étape, que les nouveaux engagements jouissent de la confiance des citoyens européens. Plutôt que de renégocier le traité dans son ensemble, on pourrait envisager de reprendre l’initiative autour d’un ou deux « blocs » plus restreints, susceptibles de créer un consensus parmi les Etats membres, à la fois sur l’importance d’une action conjointe et sur ses moyens. Les domaines de l’Espace de liberté, sécurité et justice, et de la Politique étrangère et de sécurité commune, qui ont fait l’objet d’un large consensus lors de l’élaboration du TCE et n’ont pas été au cœur des campagnes du « non », pourraient être retenus. Il en va de même de la question de la politique énergétique (à condition d’en exclure les sources) ou de celle de la recherche. Un ou deux petits traités, focalisés sur des politiques précises et reprenant les dispositions matérielles et institutionnelles ad hoc du TCE, pourraient être soumis à ratification pour récupérer la part la plus novatrice et la moins contestée de la Constitution. On perdrait au passage l’œuvre de simplification accomplie par la Convention (au demeurant très relative et imparfaite), mais on conserverait les avancées les plus significatives, celles qui accentuent l’intégration proprement politique de l’Europe, et qui correspondent aux priorités exprimées par les citoyens dans les enquêtes d’opinion et dans les sondages délibératifs. S’il aboutissait, un nouvel traité « fonctionnel » pourrait créer les conditions favorables à une reprise, dans un second temps, des négociations sur les matières socio-économiques, pour l’heure moins consensuelles.

Une nouvelle dynamique dans les ratifications

La deuxième leçon qu’il faut tirer de l’expérience récente a trait à la procédure de ratification du traité. Aussi longtemps que la mise en œuvre d’un traité restera soumise à l’approbation unanime des Etats membres, chacun restant libre d’opter – dans les limites fixées par sa constitution – pour la voie parlementaire ou référendaire, les risques de blocages demeureront très élevés. Un nouveau traité ne pourra aboutir que s’il comporte des dispositions qui prévoient les solutions possibles en cas de non ratification par un ou plusieurs Etats membres. On pourrait, par exemple, prévoir que le nouveau traité entrera en vigueur entre les Etats qui l’ont ratifié, dès lors qu’ils représenteront quatre cinquièmes des membres, et préciser le statut des Etats qui ne l’auront pas ratifié après un certain délai. Un tel dispositif pourrait, à terme, conduire à une distinction institutionnelle explicite entre un cœur et une périphérie de l’Union, accentuant et systématisant les différenciations d’ores et déjà opérées autour de l’euro et des accords Schengen. Dans le cadre de la campagne de ratification, chaque gouvernement sachant qu’un rejet risquerait de l’écarter du cœur de l’Union, serait incité à opter pour la méthode de ratification la plus efficace – à moins qu’il ne souhaite pas adhérer au cœur. On sortirait de la situation actuelle où l’absence de conséquence directe d’une non ratification – l’Etat reste dans l’Union et celle-ci poursuit son chemin sur la base des anciens traités – n’incite pas les signataires des traités à s’engager réellement à l’échelle nationale, et leur laisse même l’opportunité de compter sur un rejet populaire. L’intégration dans un futur traité de dispositions supprimant l’exigence d’unanimité pour son entrée en vigueur poserait deux problèmes principaux. Elle créerait tout d’abord d’importantes difficultés juridiques, liées à la modification de fait des traités fondant l’Union européenne sans l’accord de certains Etats signataires, ou à la cohabitation de deux systèmes d’intégration parallèles, partageant les mêmes institutions et intervenant parfois dans les mêmes domaines. On rappellera toutefois qu’en matière d’intégration européenne le droit s’est fréquemment adapté aux contraintes politiques. L’éventualité d’une intégration différentiée poserait, en second lieu, des difficultés d’ordre institutionnel. Il conviendrait donc d’adapter le fonctionnement des institutions, en prévoyant notamment que le Conseil européen, le Conseil de l’Union et le Parlement européen délibèrent en formation restreinte sur les politiques qui ne concernent pas l’ensemble des Etats – le caractère collégial et supranational de la Commission s’opposant a priori à une restriction du même ordre.

"Intensifier les procédures de consultation"

Enfin, si l’on veut éviter un décalage majeur entre les compromis arrêtés entre gouvernements et les opinions publiques de chacun des pays, il faut intensifier les procédures de consultation en amont et en cours de négociation. On pourrait, par exemple, concevoir un processus en quatre temps. Il faudrait tout d’abord opérer une vaste consultation de toutes les parties intéressées en amont de la négociation : sondages délibératifs de citoyens (déjà en cours), débats au sein des parlements nationaux, au sein des instances régionales, entre les représentants des partenaires sociaux, etc., débouchant sur un rapport global pour chaque Etat membre. Les différents rapports pourraient être synthétisés par des groupes de sages dans chaque Etat. Dans un deuxième temps, une (ou plusieurs) CIG ouvrirait la négociation en se basant, entre autres, sur ces rapports et/ou le rapport de synthèse. Dans un troisième temps, le projet de traité ferait l’objet de délibérations parallèles dans les parlements nationaux ; la CIG prendrait en compte le point de vue des parlements nationaux pour renégocier certains points, avant que le Conseil européen ne signe le traité. Ce processus serait facilité par trois facteurs : l’élaboration du traité sur la base d’éléments issus du débat public, les révisions apportées au texte à la lumière des débats dans les parlements nationaux, et la dramatisation des enjeux par le risque de marginalisation d’un Etat – compte tenu de l’absence du verrou de l’unanimité.

Prendre enfin au sérieux le déficit démocratique

Le plus important, en définitive, est de considérer enfin sérieusement la question du déficit démocratique, et tout particulièrement de prendre acte du sentiment de dépossession qui anime une grande partie des citoyens, et suscite un rejet fort de l’Union et de la perspective constitutionnelle. L’option fonctionnaliste répond à cette exigence à trois égards. Premièrement, elle permettrait d’impliquer par étape les opinions publiques nationales telles que structurées par les partis, les régions, les partenaires sociaux. En second lieu, en se focalisant sur des objectifs politiques précis faisant consensus, elle n’exigerait ni transferts de souveraineté globaux, ni réformes institutionnelles abstraites ou disproportionnées. Enfin, le recours à une procédure de ratification envisageant une entrée en vigueur du traité à la majorité qualifiée, serait de nature à dissuader les pratiques de free-riding et les discours démagogiques, et à mettre les responsables nationaux signataires du traité devant leurs responsabilités.

Espace réactions(3)

ds REGARD D’EUROPEENS : Sortir l’Union de la crise constitutionnelle



Par Willy Humbold, page perso : Vote online on EU Constitution, 28 mai 2007

Vote online about the future of Europe at www.FreeEurope.info.

One liner : "Human development in its richest diversity" (John Stuart Mill)

ds REGARD D’EUROPEENS : Sortir l’Union de la crise constitutionnelle



Par de KERMEL, 28 mai 2007

L’idée de considérer enfin sérieusement la question du déficit démocratique est fondamentale. Les considérations qui précèdent sont très séduisantes. MAIS (car il y a un mais), je pense que l’on ne pourra pas faire l’économie d’un volet social. La solution présentée ci-dessus, ou encore celle du député européen Gérard Onesta, qui est cohérente, intelligente et astucieuse, ou encore celle de Nicolas Sarkozy, pêchent par l’absence de ce volet social.

J’ai le sentiment que plusieurs peuples réclament un tel volet social. Je sais aussi que bon nombre de gouvernements ne veulent pas en entendre parler.

Aussi, pour en sortir, le Comité Pauvreté et Politique propose un simple amendement de quelques lignes à l’article 15 du projet de constitution, ces quelques lignes ne devant pas poser de problèmes. En effet, elles consistent tout simplement à décliner concrètement une politique de développement durable, politique sur laquelle tout le monde est d’accord. Cet amendement se focalise sur des objectifs politiques précis faisant consensus. Il n’exige ni transferts de souveraineté globaux, ni réformes institutionnelles abstraites ou disproportionnées.

Vous trouverez ci-dessous le texte de cet amendement. J’attire votre attention que s’il était adopté, ce serait la première fois dans l’histoire qu’un rapport annuel publierait EN MEME TEMPS les performances économiques, sociales et environnementales d’un Etat.

Bertrand de Kermel Président du Comité Pauvreté et Politique www.pauvrete-politique.com

Si vous avez du courage, vous pourrez lire un exposé des motifs ci-dessous, après cet article 15.

Article 15 : La coordination des politiques économiques et de l’emploi.

1 –l’Union adopte des mesures en vue d’assurer la coordination des politiques économiques des états membres, notamment en adoptant les grandes orientations de ces politiques. Les Etats membres coordonnent leurs politiques économiques au sein de l’Union. Ces grandes orientations comportent des objectifs mesurables dans les domaines économique, environnemental, social, et de la recherche, pour parvenir au plein emploi, lutter contre le réchauffement de la Terre, et éliminer la pauvreté, en veillant particulièrement à la situation des personnes les plus à risques. Les principes méthodologiques qui guident la formulation de ces objectifs sont définis dans un protocole annexé au présent traité. 2 –Des dispositions spécifiques s’appliquent aux Etats membres qui ont adopté l’euro

3 –l’Union adopte des mesures en vue d’assurer la coordination des politiques de l’emploi des Etats membres notamment en adoptant les lignes directrices de ces politiques.

4 - l’Union peut adopter des initiatives en vue d’assurer la coordination des politiques sociales des Etats membres.

5 - La Commission fait rapport chaque année au Parlement européen sur les résultats de ces politiques. Ce rapport dresse notamment le bilan des performances et des progrès des Etats Membres sur les sujets visés à l’alinéa 1.

EXPOSE DES MOTIFS

1 – Le président Sarkozy multiplie les contacts en Europe pour démontrer la pertinence de son projet de traité simplifié, pour relancer la construction européenne.

2 - Dans son discours, dimanche 6 mai 2007, il lançait à l’adresse de ses partenaires européens… « je les conjure d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l’Union Européenne non comme une protection, mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde ». Ceci signifie qu’il faut rendre l’Europe plus humaine.

3 – Analyse confirmée par les causes du non français au référendum sur la constitution européenne. Elles ont été analysées soigneusement , et peuvent être classées en quatre grandes catégories :

a) le refus du chômage et de l’insécurité sociale b) le rejet de l’ultra libéralisme économique c) l’opposition aux élargissements réalisés ou programmés de l’Union. d) la sanction du pouvoir politique en place,

4 – Du reste, l’immense chagrin ressenti par tous les Français lors du décès de l’Abbé Pierre est révélateur du refus, par nos concitoyens, de laisser s’étendre la pauvreté qui se banalise aussi vite qu’elle se développe structurellement.

5 – Pourtant, le risque est réel. La stratégie de Lisbonne s’est donnée comme objectif, l’éradication de la pauvreté d’ici 2010 en Europe. Nous sommes à 3 ans de l’échéance. Cet objectif ne sera pas atteint. (Rappelons aussi qu’un français sur deux envisage qu’il puisse devenir sans abri.. Cela résulte d’une enquête réalisée par l’association Emmaüs avec l’Institut BVA. publiée en décembre 2006, page 5).

6 – Conscient de cette situation, Monsieur Martin Hirsch, président d’Emmaüs France, déclarait dès le 17 novembre 2005 dans le journal Les Echos, qu’en matière de lutte contre la pauvreté, il faut maintenant passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultat.

7 – Dans le même sens, le Collectif ALERTE , interpellait les candidats à l’élection présidentielle française le 13 mars 2007, en leur posant deux questions :

a - Vous engagez-vous à faire de l’éradication de la pauvreté de l’exclusion un objectif central de votre quinquennat ?

b - Vous engagez-vous à rendre compte chaque année devant l’opinion et le Parlement des avancées de Votre politique d’éradication de la pauvreté de l’exclusion ?

7 – Enfin, pour compléter l’ensemble, rappelons que bon nombre de pays européens ne veulent pas entendre parler de « traité social ».

8 - Le Comité Pauvreté et Politique (www.pauvrete-politique.com) estime que l’on ne pourra pas relancer l’Europe, sans prendre en compte ces données. Il propose une solution compatible avec la proposition de Nicolas Sarkozy (voire celle de Gérard Onesta, député européen), acceptable par les pays qui ne veulent pas de traité social, et répondant au minimum aux attentes exprimées par le peuple français.

1 – Prévoir la fixation d’objectifs mesurables,

Il serait indiqué que les grandes orientations économiques fixées chaque année par le Conseil des Ministres (article 15 du projet de constitution européenne) comprennent des objectifs mesurables de développement durable, en termes :

  de progrès économique,
  de lutte contre la pauvreté, en veillant particulièrement à la situation des personnes les plus à risques.
  d’amélioration de l’environnement,
  de développement de la recherche.

Des critères précis pour chacun de ces objectifs seraient fixés par le Conseil des Ministres. Ils existent : il n’y a que l’embarras du choix.

La mesure devrait être réalisée en termes de progrès, et non en valeur absolue.

2 – Publier un rapport annuel sur les résultats obtenus

Pour en garantir le respect, la Constitution devrait également prévoir un rapport annuel qui serait présenté par la Commission Européenne au Parlement Européen et au Conseil Economique et Social Européen, sur les performances et les progrès des Etats dans ces domaines.

La presse, les élus et l’opinion publique n’auraient plus alors qu’à jouer leur rôle, pour faire pression sur les pays les moins performants dans un ou plusieurs de ces quatre domaines. La sanction serait médiatique, ce qui n’est pas neutre pour un gouvernement.

Voir ci-dessus le texte précis de cet amendement

ds REGARD D’EUROPEENS : Sortir l’Union de la crise constitutionnelle



Par parkway, 4 juillet 2007

"Enfin, l’échec majeur du TCE c’est de n’avoir pas abordé clairement l’hypothèse d’un échec des ratifications."

très belle réflexion ! la pensée unique ne voyait pas le refus du traité car appuyé par les médias déjà aux ordres et on pensait bien que ça devait aller comme sur des roulettes...

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