Le rapport de Védrine est passé inaperçu (ou presque !)... parce que trop "consensuel" ou pas assez ? Vos réactions nourrissent un débat trop absent ! Et pas seulement sur l’Europe.
Me suis permis de reprendre la vidéo, et de faire quelques commentaires épars...
Hubert Védrine avait accordé une interview aux "Euros du Village" il y a quelques mois, peu avant que l’on ne détermine les contours d’un nouveau traité. Nous diffusons cette vidéo, particulièrement intéressante, aujourd’hui, alors que l’ancien ministre des affaires étrangères de Lionel Jospin remet un rapport sur sur la France et la mondialisation à Nicolas Sarkozy. Une vision de l’Europe claire, sans "lyrisme", mais concrète ; une véritable petite leçon de réalisme à découvrir, en plein dans l’actualité.
"En histoire, si on raisonne comme Fernand Braudel sur des siècles et des siècles, rien n’est définitif. Mais à vue humaine, les acquis de la construction européenne (...) sont solides, y compris l’Euro".
C’est ainsi qu’Hubert Védrine dresse le constat d’une Union dont les Etats membres n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts. "Cela ne sert à rien de dire que l’Europe est en panne en parlant au singulier, ce sont les Européens qui n’ont pas excactement la même conception de ce qu’il faut faire maintenant", poursuit-il.
Mais celui qui a utilisé le terme d’hyperpuissance pour qualifier les États-Unis d’Amérique lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, estime cependant qu’il est temps de bâtir "l’Europe puissance". Sans lyrisme, précise-t-il, ajoutant que l’on n’a pas non plus besoin d’une "pseudo-constitution" pour tirer le meilleur parti de la mondialisation. Il convient selon lui d’avancer pour ne pas devenir "spectateurs de l’histoire". Une expression, qui transparait dans son récent rapport remis à Nicolas Sarkozy, qu’avaient déjà avancé François Bayrou et Michel Barnier dans deux précédentes interviews sur "Euros du Village", que nous vous proposons d’ailleurs de découvrir, ou de redécouvrir.
NDLR : Cette interview, réalisée en pleine campagne présidentielle, n’avait pas été diffusée comme prévu à la fin du mois d’avril compte tenu de l’abondante actualité traitée sur "Euros du Village" à cette époque et du contexte de la campagne électorale de l’entre-deux tours
pfff... blablabla... Védrine est un nationaliste, un pur et dur. Il est le principal responsable du Traité de Nice qui est un désastre justement parce qu’il refuse de voir que l’Europe existe en tant que telle. Son rapport, outre la piètre qualité rédactionnelle et l’absence de sources et d’analyses sérieuses, est un tissu d’idéologie nationaliste et rétrograde. Le pseudo réalisme que prône Védrine est en fait ce qui a entrainé l’Europe dans la crise. Je vous invite à lire cette analyse critique du rapport védrine :
"L’Europe existe en tant que telle" (David). Ah bon ? C’est quoi l’Europe ? C’est même pas un continent ! L’Union européenne est une construction politique complexe, pas une abstraction qui tombe du ciel. Hubert Védrine souhaite une Europe puissance pas parce que c’est une belle idée mais parce que ça pourrait être utile au citoyen européen. Si tous les diplomates étaient aussi réalistes que lui, nous ne sourions pas arrivés au fiasco de 2005.
"L’Europe existe en tant que telle" signifie simplement qu’à partir du moment où il existe une structure politique, des interdépendances sociales et sociétales, il est difficile de nier en bloc l’existence d’un peuple européen, d’un intérêt général européen, ect, ect... Ce que Védrine refuse évidemment de voir par pure idéologie nationaliste.
Si les européens avaient justement moins écouté les pseudo-réalistes à la védrine, nous en serions pas arrivé la. Le fiasco de 2005 comme vous dites n’est finalement que la conséquence d’une longue histoire de l’intégration, où les diplomates à la noix style védrine ont cru bon pouvoir construire l’Europe sans céder de souveraineté nationale et surtout sans favoriser le développement d’une démocratie européenne. La voie qu’il suggère d’emprunter est celle qui a conduit l’europe dans le mur... et vous le trouvez réaliste ?
Voir les choses telles qu’elles sont : les Etats européens ont déjà transferé une part non négligeable de leur souveraineté, vous le savez. Ex : qui représente la France à l’OMC ? L’UE. Qui décide de la politique monétaire de la France ? L’UE (et je ne critique pas). Sur le déficit démocratique de l’Union, je suis d’accord avec vous (bien qu’il y ait déjà un parlement européen élu au suffrage universel).
Juste une citation de Jules Romains (1915) par François Perroux (1954, grand mondialiste, critique de la "petite europe") : "L’Europe n’a été pour les Gouvernements et pour les peuples qu’une expression géographique ou qu’un terme abstrait, servant à désigner le système complexe des relations entre États." Et Perroux développe, toujours en 1954 ! " … une économie européenne se détache-t-elle nettement dans le monde ? L’intégration souple des activités économiques des Européens se fait-elle autour d’un pôle principel et incontesté ? Il ne paraît pas." Et j’ajouterai toujours pas ! Et Védrine ne fait que prendre acte de cette réalité incontournable : demander aux États de sacrifier leur intérêt national, c’est demander à la dinde de préparer le repas de Noël. La bureaucratie européenne n’a de pouvoir que celui qui sert les intérêts des États et qu’ils lui laissent comme résultat des négociations de délimitation d’icelui.
Le rapport de Védrine est passé inaperçu (ou presque !)... parce que trop "consensuel" ou pas assez ?
Vos réactions nourrissent un débat trop absent ! Et pas seulement sur l’Europe.
Me suis permis de reprendre la vidéo, et de faire quelques commentaires épars...