Barroso, Merkel et les autres se mettent au vert… à quand le rouge ?

Qu’il y a t-il de commun entre José Manuel Barroso, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et … José Bové ou Joschka Fischer ? Pas grand-chose me répondrez vous.. et bien détrompez-vous, il existe bien un point commun entre ces différents protagonistes et ce n’est autre que leur investissement pour la cause environnementale ! Je vois déjà des sourcils se froncer, des balbutiements grommeleurs sortir de quelques bouches…
Bien sûr, tous ces différents noms n’évoquent pas à nos oreilles le même engagement militant pour défendre l’environnement et « sauver » la planète menacée par le changement climatique. Le degré d’engagement d’une personne comme Joschka Fischer, son ancienneté et surtout sa fiabilité et son honneteté, ne sont en effet pas comparables avec ceux d’un Nicolas Sarkozy s’étant découvert une passion cachée pour les questions environnementales… il y a de cela trois mois. Toujours est-il qu’aujourd’hui, aux quatre coins de l’Europe, l’environnement est devenu le thème « fashion » du moment.
La première des raisons et non des moindres pour expliquer ce nouvel engouement est que M. Barroso et les autres se sont saisis d’un thème peu sujet à débat et opposition, au moins en ce qui concerne son principe même. Connaissez-vous beaucoup de personnes susceptibles de vous dire aujourd’hui que le changement climatique n’est pas un problème et que le respect de l’environnement ne représente pas une priorité ? Vous ne trouverez personne pour tenir tel discours et ce, quelque soit son parti politique ou sa fonction. Mais soyons bien clair là-dessus : personne ne vous dira que l’environnement n’est pas un thème important… de là à prendre des mesures concrètes pour le protéger, un pas doit être franchi, pas sûr que nos décideurs fassent suivre leurs engagements de réalisations concrètes..
Le glissement en douceur de M. Barroso est représentatif de cette nouvelle tendance verte. Retour en 2004, nouvelle commission, nouvelles priorités : la stratégie de Lisbonne autrement dit l’emploi et la croissance économique sont placés en tête des priorités. Très beau thème sur le papier, plus difficile à mettre en application, M. Barroso s’en est vite aperçu.. l’agenda de Lisbonne est critiqué de toutes parts, la Commission quasiment impuissante (juridiquement) sur ces questions. Pas de problème, tout le monde parle d’énergie, de développement durable et de changement climatique : voilà un thème parfait pour sortir la tête de l’eau et mettre tout le monde d’accord. Un rapport Stern plus tard (voir notre article sur ce sujet), un beau paquet énergie voit le jour au début 2007, le Barroso nouveau est arrivé !
Mais M. Barroso n’est pas seul cette fois. Mme Merkel, dont le pays assure la présidence de l’UE au premier semestre 2007, se lance avec lui dans le combat et ficelle un beau sommet de mars 2007 consacré à la réduction des gaz à effet de serre et aux énergies renouvelables. Les engagements sur le papier sont salués… mais en coulisse on se prépare d’ores et déjà à des négociations très rudes sur le partage du fardeau. Pour mémoire, le sommet de printemps est généralement consacré (et ce fut le cas pour partie cette année encore) à la stratégie de Lisbonne, mais cette année les discussions autour de celle-ci n’ont pas fait grand bruit. Et maintenant, à qui le tour ? A M. le président de la République française bien entendu. A peine élu, M. Sarkozy s’engouffre dans la brêche déclarant dés le soir de son élection : « ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité toute entière, la France fera de ce combat, son premier combat ! » . Quelques jours plus tard, Alain Juppé se retrouve à la tête du ministère chargé de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Toutes les données sont à présent réunies pour que des mesures concrètes soient prises en matière environnementale, reste à voir si les discours seront suivis de faits.
Des hommes et des femmes politiques de droite se sont aujourd’hui emparés des thématiques environnementales, et ce par ce qu’elles leur ont été laissées par la gauche. Si ces décideurs prennent aujourd’hui des engagements concrets dans ce domaine, personne ne pourra le leur reprocher. Tout comme la sécurité n’est pas un thème de droite, l’environnement ne devrait pas non plus être cloisonné à gauche. Si, par contre, les paroles ne sont pas suivies de faits, alors on rentre dans le domaine du mensonge, et tout le monde, surtout en politique, doit payer un jour pour cela. Il ne manque plus qu’aux décideurs de droite à adopter des agendas sociaux et le tableau sera parfait. Vous reprendrez bien un peu de rouge avec votre verdure non ?





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