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CONSTITUTION EUROPEENNE : Réunion des « 18 + 2 » à Madrid

Reculer pour mieux sauter ?

Le 26 janvier 2007, les 18 Etats membres qui avaient ratifié la Constitution européenne se sont réunis à Madrid pour discuter de l’impasse actuelle dans laquelle l’UE se trouve et qui conduit beaucoup de commentateurs à parler d’une paralysie institutionnelle de l’union. Depuis l’échec de 2005 dû au refus exprimé au cours des référendums français et néerlandais sur le traité constitutionnel, l’Union se trouve dans une véritable période de crise institutionnelle. Pourtant, l’investissement et la volonté des différents Etats membres pour sortir de cette crise reste inégale. Ainsi, la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Pologne et la République Tchèque comptaient parmi les absents de cette réunion informelle.

Une réunion sous les signes de la concertation et de l’optimisme

Coprésidée par le secrétaire d’Etat espagnol, Alberto Navarro, et le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Nicolas Schmit, cette réunion informelle ne comptait comme représentants des autres Etats Membres que des secrétaires d’Etat aux affaires européennes ou des ambassadeurs. L’Allemagne elle-même, qui assure actuellement la présidence de l’UE, n’était représentée que par un membre de son ambassade.

A Madrid les 18 Etats ayant ratifiés le texte constitutionnel, accompagnés par l’Irlande et le Portugal, ont souligné la nécessité de retrouver un accord acceptable par tous. Selon eux, un accord qui respecterait la substance et les équilibres du traité de base rendrait la tâche plus aisée à la présidence allemande dans sa recherche de consensus sur une feuille de route qu’elle a promis de présenter avant la fin de son mandat en juin prochain.

Le traité constitutionnel : Processus de ratification


- Le Conseil européen a adopté la version initiale du traité constitutionnel de l’UE le 18 juin 2004. Le 29 Octobre 2004, le "Traité établissant une constitution pour l’Europe" a été formellement signé par les 25 Etats membres et les trois pays candidats (Bulgarie, Roumanie et Turquie) lors de la présidence néerlandaise de l’UE. Les Etats membres avaient en principe jusqu’au 29 octobre 2006 pour ratifier le traité constitutionnel

- En France (le 29 mai 2005) et aux Pays-Bas (le 1er juin 2005) les citoyens ont rejeté la Constitution par voie référendaire, entraînant ainsi la crise du processus de ratification.

- Le 5 Décembre 2006, la Finlande a été le dernier de ces 18 Etats a ratifié la Constitution européenne alors même que le processus de relance était dans la tourmente.

- A ce jour, 18 Etats membres parmi l’UE ont ratifié avant leur entrée, ont ratifié le traité constitutionnel : L’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, l’Estonie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et l’Espagne.

- La Constitution ne peut entrer en vigueur que si l’ensemble des 27 Etats membres la ratifie, soit par voie parlementaire, soit par voie référendaire.

Lors de son discours au Parlement européen, le 17 janvier à Strasbourg, Angela Merkel s’est engagée à faire sortir l’UE de la crise institutionnelle actuelle. Ainsi elle a démontré ses efforts visant à réanimer le projet de Traité constitutionnel. Ne pas sortir de l’impasse institutionnelle d’ici les élections européennes du printemps 2009 serait "un échec historique" pour l’Union européenne, a annoncé la Chancelière allemande, mettant ainsi en garde les partisants du statu quo actuel, lesquels porteraient la responsabilité de cet échec.

Les Etats représentés à la réunion des « amis de la constitution européenne » ont rappelé leur attachement à ce texte. Cepedant, certaines innovations politiques ont commencé à être évoquées, dans le cas où une remise à plat du texte devait intervenir. Ainsi, des idées telles que rendre le texte plus social ou encore lutter contre le changement climatique et l’immigration (des thèmes qui ont jusqu’à présent été soigneusement ignorés dans le compromis initial) ont été avancées à Madrid. Comme il est dit dans un article du Financial Times du 27 janvier 2007, l’idée de la réunion de Madrid était d’« utiliser le stylo plutôt que les ciseaux », référence évidente à ceux qui défendent l’adoption d’un texte a minima de part sa taille et l’ampleur des réformes.

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Alberto Navarro (à gauche) et Nicolas Schmit (à droite)

Alberto Navarro est Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes d’Espagne et Nicolas Schmit est Ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’immigration du Luxembourg

N’écarter aucun scénario et respecter les vues des autres … même si chacun préfère les siennes..

Le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a souligné dans une interview au Financial Times, que les candidats français ne devraient pas faire dérailler les projets actuels de relance de la constitution européenne et qu’ils devraient éviter de faire de ce thème un sujet de polémique dans la campagne présidentielle. Quant à Patrick Louis, député MPF au Parlement européen pour la région Sud-Est, parti politique qui avait fait campagne contre le traité constitutionnel en France en 2005, il s’est rendu à cette réunion "informelle" pour rappeler que le puissant "Non" de la France, comme celui des Pays-Bas n’étaient ni contournables, ni effaçables, ni révocables.

Or, le secrétaire d’Etat espagnol, Alberto Navarro a bien insisté sur le fait qu’il n’était pas question de mini-traité limité aux questions institutionnelles comme l’avaient proposé certains hommes politiques. Cette déclaration, qui n’est pas la première de cet acabit, est une mise en garde lancée à l’encontre de ceux qui se sont fait les chantres ces derniers mois de l’adoption en catimini d’une réforme minimaliste purement institutionnel. Parmi les défenseurs de cette ligne on retrouve notamment le ministre-candidat Nicolas Sarkozy, qui avait lancé l’année dernière l’idée d’un mini-traité.

Les tensions entre les défenseurs du traité constitutionnel dans sa forme actuelle, voire d’un traité renforcé, et les détracteurs de la constitution européenne, se sont raffermies cette semaine. En effet, alors que Caclav Klaus, le Président tchèque, déclarait depuis sa capitale que le traité constitutionnel dans sa forme actuelle était ni applicable, ni acceptable, soutenu en ce sens par le Président polonais, un autre son de cloche résonnait à Madrid. Les ministres des Affaires étrangères espagnol (M. Moratinos) et luxembourgeois (M. Schmit) dont les deux pays sont à la tête des « 18 », ont pour leur par multiplié les déclarations encourageantes sur l’avenir constitutionnel de l’Europe, M. Schmit allant jusqu’à qualifier les déclarations des Présidents polonais et tchèque de « cavalières », insistant sur l’isolement relatif de ces deux pays.

Au cœur des discussions est restée tout de même l’idée qu’il fallait éviter une mise à l’écart des pays qui n’ont pas ratifié le traité, puisqu’une telle réunion romprait tout de même le cadre collectif qui a toujours prévalu pour faire avancer l’Europe communautaire. Pourtant, dans les couloirs de Madrid, la possibilité de recourir aux méthodes de coopération renforcée ou l’idée d’une « Europe à plusieurs vitesse » ont également évoqué comme des scénarios possibles de sortie de crise. Cette solution, Berlin voudrait pouvoir l’éviter. Mais le pourra-t-elle vraiment ?

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ds CONSTITUTION EUROPEENNE : Réunion des « 18 + 2 » à Madrid



Par de Kermel, 4 février 2007

Relancer l’Europe grâce au développement durable

Chaque jour apporte son lot d’informations sur la stratégie d’Angela Merkel pour relancer l’Europe. Beaucoup de citoyens et de politiques s’expriment sur l’Europe qu’ils souhaitent, avec notamment une dimension sociale plus marquée. Ils ont raison. La difficulté est qu’il faut d’abord relancer l’Union Européenne, et adopter la constitution relookée. Sinon, les anglo-saxons gagneront, et limiteront l’UE à une vaste zone de libre échange.

Pour cette relance, la marge de manœuvre est très étroite. Deux pays ont refusé d’approuver la constitution. Sept pays ont suspendu la ratification. Dix huit pays l’ont adoptée.

De plus, ceux qui l’ont adoptée ne souhaitent pas qu’elle soit bouleversée. La Finlande, en approuvant exprès le texte le 5 décembre 2006, alors qu’il n’y avait aucune urgence, a pris soin de signifier qu’elle n’accepterait pas que son vote soit passé par pertes et profits.

Voilà la réalité. Voilà les données du problème.

L’enjeu est donc de proposer un document recevable à la fois pas ces 18 pays, par ceux qui ont voté non, et par ceux qui ne se sont pas encore prononcés !

Comment procéder ?

A nos yeux, la première chose à faire est d’identifier les raisons exactes du NON au référendum. La revue « Futuribles » d’avril 2006 contient un très intéressant article expliquant les raisons des non français et néerlandais à la constitution, à partir de sondages, et non pas sur la base de simples conjectures.

Selon l’auteur de l’article (Eddy Fougier, politologue) les causes du non français peuvent être classées en quatre grandes catégories :

1. la sanction du pouvoir politique en place,

2. le refus du chômage et de l’insécurité sociale 3. le rejet de l’ultra libéralisme économique

4. l’opposition aux élargissements réalisés ou programmés de l’Union.

En ce qui concerne le premier point, le problème sera traité lors des prochaines échéances électorales.. Quant au point 4, le Parlement Européen s’en est saisi récemment. Il souhaite fixer des limites géographies à l’Union Européenne.

Restent les points deux et trois : ne serait-il pas prudent d’y apporter une réponse dans le projet de constitution, avant de le présenter à nouveau à l’adoption ?

La première chose à faire est de définir clairement un projet consensuel pour l’Europe des 25, en ce début du 21ème siècle. Et un projet simple. Il pourrait se résumer en deux objectifs :

- l’Europe, comme modèle de paix et de respect de l’autre dans sa différence,
- l’Europe, comme modèle économique, social et environnemental, qui doit se faire reconnaître comme l’alternative au modèle libéral américain, dominant sur la planète.

Pour cela, il n’y a pas lieu de bouleverser le texte de la constitution. Il suffit de quelques lignes, mais essentielles sur le fond. Plus précisément, il s’agit de compléter quelques dispositions lénifiantes par des engagements fermes, comme pour les chapitres consacrés à l’économie.

En effet, le modèle économique, social et environnemental européen est décrit dans les articles 2 (les valeurs) et 3 (les objectifs). Mais ces deux articles sont loin d’être aussi engageants que les dizaines (plus de cent) d’articles concernant l’économie. Il s’agit de dispositions sympathiques, mais vagues, et surtout non contraignantes. Elles ressemblent à du faire valoir. Là est sans doute la ligne de divorce entre l’ambition des français pour l’Europe, et le texte qu’on leur a proposé.

Pour corriger cette situation, il suffirait d’introduire une précision ( mais une précision de taille !) aux articles relatifs aux grandes orientations et à la coordination des politiques économiques. (articles 15, 178 et suivants).

Il serait indiqué que ces grandes orientations économiques fixées chaque année par le conseil des ministres comprennent des objectifs mesurables en termes :

- de progrès économique,
- de lutte contre la pauvreté, dans le but d’éradiquer la grande pauvreté et de prévenir les précarités,
- d’amélioration de l’environnement,
- et de développement de la recherche.

Des critères précis pour chacun de ces objectifs seraient fixés par le conseil des Ministres. Il existent, Il n’y a que l’embarras du choix. Cela ne pose aucun problème.

Et pour en garantir le respect, la constitution devrait également prévoir un rapport annuel qui serait présenté par la Commission Européenne devant le Parlement Européen et devant le Conseil Economique et Social Européen, sur les performances et les progrès des Etats dans ces domaines. La presse, les élus et l’opinion publique n’auraient plus qu’à jouer leur rôle, pour faire pression sur les pays les moins performants dans ces domaines.

Cette proposition n’est pas une nouveauté. Elle consiste simplement à appliquer aux trois piliers du développement durable (économie, social et environnement) les méthodes qui fonctionnent parfaitement dans le domaine de l’économie (pacte de stabilité monétaire, négociations de l’organisation mondiale du commerce etc…). Il s’agit de s’engager sur des objectifs précis, mesurables et mesurés.

Il faudra ensuite que la presse et les citoyens surveillent le niveau des objectifs annuels, et surtout vérifient qu’ils sont bien atteints année après année.

Si nous voulons que les citoyens s’approprient l’Europe, sur la base du projet défini ci-dessus (L’Europe modèle de paix, et alternative au libéralisme américain dominant sur la planète), il n’y a pas d’autre solution que de PROUVER que l’article 3, en visant notamment le développement durable, ne se limite pas à de bons sentiments, mais se décline en objectifs bien précis. Il faut surtout cesser de séparer soigneusement l’économie, le social et l’environnement. Ils forment un tout. Là est le grand apport du développement durable.

Le problème de la pauvreté, tout comme celui de l’environnement, est majeur. Il concerne tous les pays. On ne peut plus feindre de croire qu’il se réglera par le seule croissance économique. Le concept du développement durable a été conçu pour cette raison. Mettons-le en œuvre. L’Europe doit montrer qu’elle est capable de replacer l’économie au service de l’Homme.

C’est à ce prix qu’elle s’imposera comme un acteur incontournable aux côtés de Etats Unis, de la Chine, de l’Inde ou de l’Afrique. C’est à ce prix qu’elle mobilisera les citoyens européens. Ils n’attendent que ça.

Bertrand de Kermel Président du Comité Pauvreté et Politique www.pauvrete-politique.com Une note complète sur cette question, en français, en anglais et en allemand est disponible sur ce site.

ds CONSTITUTION EUROPEENNE : Réunion des « 18 + 2 » à Madrid



Par Sylvain Reboul, page perso : http://sylvainreboul.free.fr, 8 février 2007

Je pense que vous confondez une constitution avec le détermination d’une politique de gauche, comme si celle-ci devait s’imposer définitivement contre la possibilité d’une politique de droite. Une constitution démocratique doit viser un accord sur des règles du jeux qui rendent possible l’alternance.

Proposer une constitution socialiste me semble contraire à toute possibilité d’accord avec nos partenanires qui ne sont pas tous, ni toujours, « socialistes » et avec la définition de la démocratie politique.

C’est à la politique ordinaire de décider de la politique sociale concrète. La lutte entre la droite et la gauche doit rester ouverte et ce combat dépend non d’une constitution, mais de la vigueur des luttes sociales.

ds CONSTITUTION EUROPEENNE : Réunion des « 18 + 2 » à Madrid



Par lombard , page perso : http://hlcontreletraite.blogspot.com, 4 juin 2008

va voir le hlcontreletraite.blogspot.com

ds EUROPE ET TURQUIE



Par COLPIN Didier, 5 juin 2008

EUROPE ET TURQUIE

- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion … Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.

- Commençons par les géographiques. La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ? Evident, non…

- Frontières culturelles. Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement… Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité. Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire ! Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c’est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées : Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien). A l’ouest, évidement l’atlantique. Au nord/est le Rhin et le Danube. Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-) Au sud/est le Tigre et l’Euphrate. Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire). Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne ! Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors. Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c’est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche… Relativité des concepts, disions-nous… Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…

- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative ! Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas… Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier

ds CONSTITUTION EUROPEENNE : Réunion des « 18 + 2 » à Madrid



Par Begüm Bulak, 6 juin 2008

Tel qu’exprimé si « diplomatiquement » probablement que la Turquie n’est pas assez laïque au goût occidental. Mais elle reste néanmoins un Etat de droit cf. dernière décision de la Cour qui a jugé le port du voile à l’université contraire à la laïcité.

Il est évident que les partisans du port du voile pourront cette fois-ci reprocher et mettre en cause le fait que la Turquie soit un état de droit par le biais de la liberté religieuse. Il est bien entendu préférable de laisser à chacune la liberté de le porter ou non. Mais il faut aussi voir les choses telles qu’elles sont. Il est évident qu’aujourd’hui le port du voile en Turquie n’a de loin pas de motivation religieuse si ce n’est que pour une toute petite minorité « croyante ». Je ne me permettrais pas de juger de la croyance de qui que ce soit. Mais que ce soit clair que c’est avant tout une question et surtout un symbole politique. La position de la Cour n’est pas en tant que telle pour condamner la foi de certaines au profit d’autres. Juste pour l’anecdote une expérience personnelle qui m’a beaucoup marqué : une jeune fille de vingt ans portant le voile lors de la canicule qui malgré tout arrive à faire une petite grimace en admettant que ce n’est pas son choix personnel mais qu’elle est obligé de le porter pour continuer à recevoir sa bourse d’études….Là, ce n’est pas elle qui doit être pénalisée mais ceux qui la paient à cette condition mais aussi l’opposition qui continue à rester bouche bée.

Quant à la position de la Turquie face à l’Union Européen il est maintenant plus d’une année que nous pouvons constater un recul de la part de la Turquie. Ne veut-elle plus faire partie de ce club ? Bien évidemment qu’elle aimerait bien. Mais le fait en est que le peuple s’est rendu compte ou plutôt a du se rendre compte d’autres préoccupations beaucoup plus important à résoudre au niveau interne.

Oui, c’est avec regret qu’en Turquie nous devons reconnaître les violations continues des droits de l’homme. Mais pour ne pas en mentionner un pays en particulier, objectivement cette violation perpétuelle des droits de l’homme est de loin limité au territoire turc pour se retrouver au sein même de l’Union Européen à des divers échelons.

Que ce soit bien clair que la violation par les uns n’est pas l’excuse pour la violation de ces mêmes droits par les autres. Mais qu’il ne faut pas non plus faire l’autruche et se dire qu’au Strasbourg on ne rencontre que des cas extra-communautaire…

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30 janvier 2007

Par Begum BULAK

A voir également

Sur internet

Présidence allemande de l’UE (1er semestre 2007)
site officiel
BBC
Le dossier de presse de la BBC consacré à la question constitutionnelle
Constitution européenne
site officiel