Citoyens d’Europe, au-delà du déficit démocratique
13 septembre 2005, Par Anne-Lise BARRIERE
"Ce qui manque, c’est la conscience d’une communauté de destin, la volonté de rompre avec une civilisation de puissance pour s’engager dans une civilisation du dialogue". Ce constat d’Edgar Morin souligne l’originalité déconcertante du projet européen. L’Union Européenne doit-elle devenir un ensemble de peuples qui se parlent ou de peuples qui s’unissent ? Face au chantier de la construction européenne, qui destabilise les fondements de la citoyenneté et de l’Etat-nation, arrivera-t-on réellement à établir une communauté politique à l’échelle du continent ?
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Résumé
Le citoyen et l’Etat-nation face à la construction européenne
L’aventure de la construction européenne est une rupture dans l’histoire européenne ; dans celle-ci les peuples ont construit leur vie politique autour de deux notions qui s’articulent : la souveraineté et la citoyenneté. En donnant un nouveau cadre politique au citoyen et en portant en elle des éléments de supranationalité, la mise en place de l’UE déstabilise les Etats-nations et les citoyens. Après avoir présenté et défini l’Etat-nation dans une perspective historique et après avoir montré qu’il a été le cadre durable de la vie démocratique en Europe, nous l’avons confronté à la construction européenne. Que devient la souveraineté des Etats ? Le modèle européen impose des limites aux prérogatives des Etats-nations et pénètre même au coeur des attributs régaliens avec l’Union économique et monétaire. Mais l’Etat-nation semble quand même trouver une nouvelle légitimation grâce à la construction européenne et il semble, jusqu’à la mise en place de l’Euro, préserver ses marges de manoeuvre en jouant à l’intérieur du triangle institutionnel. Cependant, le contrat entre citoyen et Etat, qui était parfaitement compréhensible et légitimé dans le cadre de l’Etat-nation, devient très complexe et il faut créer un nouvel espace public européen et inventer une citoyenneté multiple.
© Euros du Village ASBL
Espace réactions (2)
Par Krokodilo, le 24 octobre 2006
Intéressant article, mais une seule ligne pour évoquer la barrière des langues en Europe, c’est court... D’autant plus que l’Etat-nation dont vous parlez, quel qu’il soit, a toujours eu besoin d’une langue nationale, imposée le plus souvent aux régions par la force - il y en a encore des traces douloureuses en France.
Les rares cas de multilinguisme officiel comme la Suisse ou la Belgique sont dans une situation linguistique si cahotique que les thuriféraires du multilinguisme européen ne les citent même plus en exemple.
Si donc nous voulons une sorte d’Etat-nation Europe, il nous faudra une langue qui ne soit pas imposée par la force et ne créé pas de rancoeurs pour des siècles, de préférence facile et neutre : le choix est simple vu qu’il n’y a que l’espéranto en magasin pour l’instant. De plus, cela donnerait une âme et un second souffle à cette europe qui peine à susciter l’enthousiasme.
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Par Watrin, le 24 octobre 2006
Bravo pour ces articles éclairants. Le site dans son ensemble est un peu confus toutefois, je trouve.
Bien cordialement
Laurent Watrin
http://eurocitoyen.blogspirit.com
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