Merci Miloud pour votre réaction et pour votre message venu justement d’un des pays du Sud concerné. Votre analyse est parfaitement justifiée ; si je résume, vous ne demandez pas « la lune », ni même le « début du grand soir », pas même le partage équitable de la richesse nationale, mais par contre vous demandez qu’on prenne en compte les besoins de base des citoyens, le fait que les biens publics de base (santé, éducation primaire, conditions basiques d’alimentation, etc.) soient rendus accessibles à tous et à toutes de façon équitable. Si je vous suis bien vous dites que c’est à la puissance publique d’assurer cela. Vous montrez que « la crise alimentaire » n’est qu’un symptôme des rapports faussés entre (...)
Les images des journaux télévisés sont là pour en témoigner : d’Haïti aux Philippines, en passant par le Maroc, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, le Sénégal ou l’Indonésie, partout éclatent des « émeutes de la faim », ou du moins apparaissent des mouvements sociaux consécutifs à l’augmentation assez brutale des prix des produits alimentaires… Si une première caractéristique de ces phénomènes devait être mise en exergue, c’est bien celle là : la mondialisation des protestations répondant aux difficultés ressenties, de façon simultanée, pour se procurer à manger dans un très vaste ensemble de pays, dépassant de loin - que l’on songe à la grève des spaghetti le 13 septembre 2007 en Italie-, ce qu’il est convenu d’appeler le Sud.
Pierre-Jean Roca est directeur de l’Institut de Formation et d’Appui aux Initiatives de Développement (IFAID Aquitaine). Agronome et docteur en Géographie, il est ingénieur de recherche au CNRS (Centre d’Etudes d’Afrique Noire / IEP de Bordeaux) et enseignant à l’IEP de Bordeaux.
Une crise qu’on aurait pu prévoir ?
Définitions
- Prix FOB : prix « free on board », prix du produit prêt à être exporté, ne comprenant ni les assurances, ni le transport, ni les taxes ; donc calculé surtout sur la base de la somme « des coûts de production + marges bénéficiaires, jusqu’au port d’embarquement ».
- Loi de King : nommée ainsi en l’honneur du statisticien anglais Gregory King (1648 – 1712), cette loi économique montre que l’inélasticité de l’offre, et de la demande, d’un produit agricole de base (par exemple le blé) provoque des variations de prix proportionnellement plus importantes que celles de la production, ou de la demande. Autrement dit, il y a « amplification » au niveau du prix (à la hausse, comme dans la conjoncture actuelle, ou à la baisse, dans le cas éventuel de surproduction), des dynamiques « normales » provoquées par le jeu de l’offre et de la demande.
- Groupe de Cairns : groupe de pays agro-exportateurs qui se positionne à l’OMC contre toute forme de soutien (en particulier à l’exportation) ou de protection pour les activités agricoles. Ne subventionnant pas leurs propres agricultures, ils protestent de façon permanente contre les « distorsions » que les soutiens des USA et de l’UE à leurs agricultures respectives, introduisent sur les marchés mondiaux. Cet ensemble de pays, portant le nom de la ville australienne où il s’est constitué, regroupe entre autres : le Brésil, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Argentine, le Chili, l’Afrique du Sud, la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie.
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Des « trucs » alimentaires que l’on a tendance à confondre… - La sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire est définie comme l’accès, à tout moment, pour chaque individu, à une nourriture quantitativement et qualitativement suffisante, pour mener une vie saine et active. Trois conditions sont donc indispensables pour assurer la sécurité alimentaire de tous :
- disposer d’une production alimentaire suffisante en quantité et en qualité pour couvrir les besoins de l’ensemble de la population ;
- disposer de circuits de distribution de cette production (des liens physiques entre les lieux de production et les lieux de consommation) fonctionnant correctement ;
- disposer, de la part de chaque individu, de la capacité surtout économique (mais aussi sociale et culturelle) d’accéder à la nourriture.
- L’autosuffisance alimentaire, quant à elle, peut être évaluée à plusieurs échelles. Au niveau d’un Etat, il s’agit de sa capacité à maintenir en permanence la disponibilité alimentaire au dessus du seuil de couverture des besoins. Une autosuffisance alimentaire « stricte » signifie que le pays compte seulement sur sa production nationale ; aucun Etat ne s’en tient, à l’heure actuelle, là pour l’ensemble des produits consommés par sa population. En revanche, en ce qui concerne les produits de base, plus le taux de couverture atteint grâce à la production nationale est fort, le reste étant assuré par des revenus d’exportation, plus on s’approche de l’autosuffisance. Au niveau de chaque groupe domestique, l’autosuffisance correspond à un seuil atteint soit par la production alimentaire domestique, soit par les réserves, soit par l’échange non monétaire, soit enfin par le maintien d’un niveau de revenus suffisant pour avoir en permanence la capacité de se procurer des denrées alimentaires.
- La souveraineté alimentaire : principe qui définit que chaque pays a le droit de choisir librement le mode d’approvisionnement en produits alimentaires qu’il souhaite, en conformité avec sa conception de l’intérêt collectif national ou régional. Ce principe assigne aux Etats la maîtrise des choix essentiels en matière de modes de production, de transformation et de commercialisation des produits alimentaires qu’il destine à sa population.
Les caractéristiques de base de la crise montrent à l’évidence qu’elle est, avant tout, structurelle et non conjoncturelle, même si çà et là des éléments contextuels et aléatoires (comme la sécheresse australienne, où celle sévissant en Afrique de l’Est) viennent aggraver les choses. Même si la production mondiale de céréales a atteint un niveau record en 2007 (et que les prévisions pour 2008 laissent entrevoir un tableau d’ores et déjà favorable), l’effet « ciseau » entre les pourcentages d’augmentation des niveaux de production des céréales (11 %) sur 15 ans (1992 – 2007) et ceux de croissance de la population mondiale sur la même période (23 %), ainsi que la remontée (ces 5 dernières années) de la courbe totalisant les sous-nutris à l’échelle de la planète ne pouvaient que démontrer qu’on allait vers de plus en plus de déséquilibre. Bien évidemment, la variable démographique n’est pas la seule en cause, car la crise est systémique : et c’est bien une autre des caractéristiques de la situation, dont il faudra se souvenir au moment de chercher des solutions. Le hiatus grandissant entre offre et demande s’origine aussi dans l’évolution de la structure de cette dernière : en effet les consommations intermédiaires ont crû très fortement car, développement économique oblige, partout –notamment en Asie de l’Est et en Asie du Sud-, où apparaissent des classes moyennes, la consommation de viande et de produits laitiers explose ; or, il faut 7 calories végétales pour produire 1 calorie animale…
Cours mondiaux des principales céréales
Wheat : blé
Maize : maïs
Rice : riz
Source : Crop Prospects and Food Situation (FAO, avril 2008)
D’autres facteurs interviennent aussi : l’envolée des prix du pétrole, tendance de long terme et prévisible s’il en fût, joue au moins à deux niveaux. Directement, et pour toutes les formes d’agriculture moderne, et ce quel que soit le pays, au Nord ou au Sud, les cours élevés du pétrole tirent vers le haut les coûts de fabrication des intrants (engrais, pesticides, par exemple), les charges dûes à la mécanisation (utilisation des tracteurs, des motoculteurs et des pompes) et celles dûes aux transports. Toutes ces hausses, du côté de l’offre, seront en période de forte demande, bien évidemment répercutées sur les prix FOB. Mais indirectement aussi ; les sommets qu’atteint le prix du baril d’or noir rendent de plus en plus compétitives les autres énergies, et notamment celles venant des agrocarburants. Dès lors, la concurrence entre la calorie végétale à objectif alimentaire et celle à vocation énergétique tourne au profit de cette dernière et c’est ce que les investisseurs ont bien compris, notamment au Brésil ; ceci se traduit par l’augmentation des surfaces cultivées destinées aux agrocarburants au détriment des terres dédiées à la nourriture des hommes.
Si on ajoute à ce panorama, le fait que les stocks de réserve sont au plus bas (19 % de la consommation annuelle mondiale pour les céréales, du jamais vu depuis plusieurs années), que les pourcentages des volumes totaux de céréales produites concernés par les échanges mondiaux sont structurellement faibles (7% du riz, 12,5% du maïs et 17,2% du blé) et que les élasticités de l’offre et de la demande sont elles aussi faibles (Loi de King), on comprend dès lors que les courbes de prix grimpent à toute vitesse et que les spéculateurs financiers – acteurs nouveaux sur ces marchés-, viennent surajouter un facteur multiplicateur à la crise…
Les perdants et…les gagnants ?
Peut-on déduire de tout ce qui précède que le niveau de l’offre est trop bas et qu’il « suffirait » d’augmenter la production pour que les problèmes soient résolus ? A bien y regarder de près, et en essayant de comprendre « qui sont les perdants, et qui sont les gagnants ? », les choses vont apparaître comme étant plus complexes.
Il tombe sous le sens que c’est au Sud que les problèmes les plus graves se posent. En ce qui concerne les produits alimentaires, il y a des consommateurs nets en ville mais aussi en zones rurales : ces derniers, paysans « sans terre », jeunes pas encore installés, femmes seules « chef de famille », réfugiés, personnes déplacées, artisans « périodiques », migrants « pendulaires », vieillards, handicapés, tous ceux et celles qu’on dénomme « groupes à risques » constituent le plus gros des bataillons des 850 millions de mal nourris que l’on décomptait jusqu’à présent à la surface de la Terre. Sont-ils placés à la même enseigne que leurs homologues urbains et péri-urbains ? Non, car ceux-ci, plus regroupés par définition, étaient, et sont de fait, jugés comme plus dangereux puisque capables de s’organiser et de protester… jusqu’à la violence. Nombre de gouvernements, particulièrement au Sud du Sahara, ont choisi, depuis longtemps, de nourrir à bas coûts ces populations urbaines pauvres. Profitant des cours mondiaux des céréales jusque là assez bas, des politiques d’aide alimentaire, notamment celle menée par les USA, des exportations commerciales des bas morceaux en provenance des abattoirs occidentaux, ces arbitrages politiques en faveur des habitants pauvres des villes du Sud deviennent, de fait aujourd’hui, inopérants. La nouvelle situation profitera-t-elle, pour autant, aux paysans des pays du Sud jusque là durement concurrencés sur leurs propres marchés ? Rien n’est moins sûr, même si en théorie les conditions nouvelles leur sont plus favorables ; en effet, trois questions se posent : quelle sera leur capacité d’adaptation ? quelle pourra être la vitesse d’adaptation ?, quelles politiques agricoles (en matière de crédit, d’approvisionnement en intrants, d’organisation des filières) pourront accompagner cette adaptation ?
Une "émeute de la faim" en Egypte le 7 avril 2008.
Depuis plusieurs semaines éclatent aux quatre coins de la planète des "émeutes de la faim". Les personnes sous-nutries n’ont pas d’autre solution pour attirer l’attention de leur gouvernement que de recourir à la violence.
Au Sud toujours, force est de constater, qu’un certain nombre de pays sont agro-exportateurs notamment de céréales et d’oléagineux (rassemblés pour les négociations de l’OMC dans le groupe de Cairns, qui comprend d’ailleurs aussi plusieurs pays « riches ») : le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du Sud, la Thaïlande et la Malaisie voient aujourd’hui, dans le théâtre des échanges agricoles internationaux, leur position renforcée. Cela signifie-t-il pour autant que leurs populations respectives mangent à leur faim ? Poussant plus loin l’analyse, on s’aperçoit que les conditions de la sécurité alimentaire, telles qu’elles ont été rappelées lors du Sommet Mondial de l’Alimentation en novembre 1996 demeurent d’actualité : disposer, par région ou à l’échelle nationale, de produits alimentaires en quantité suffisante, certes, mais aussi, au niveau de l’individu, de « la garantie de l’accès économique à la nourriture », notamment en ayant des revenus ou plus largement des moyens de subsistance. C’est cette condition qui parfois fait défaut, dans un certain nombre de pays du Sud ; le paradoxe s’énonce alors de cette façon : on peut« crever de faim » dans un pays qui exporte des produits alimentaires.
Plus loin encore, au-delà de l’émotion provoquée par les images prises au cours des « émeutes de la faim » et illustrant celles-ci de commentaires, plusieurs médias ont rapporté le cri d’alarme de la FAO (en fait une publication périodique de cette agence des Nations Unies, les GEWS, Global Information and Early Warning System on Food and Agriculture) précisant que 37 pays étaient « en crise alimentaire ». A y regarder de près, on s’aperçoit que pour nombre d’entre eux, ce ne sont pas des niveaux de production trop bas qui sont à l’origine de leurs problèmes mais bien des difficultés d’approvisionnement ou de distribution, liées à des conditions climatiques (crues et inondations coupant les routes, par exemple), ou politiques (conflits, troubles civils, problèmes des réfugiés, etc.).
Que devrait faire l’Europe ?
« A situation de crise, mesures urgentes ! , donc… abondement des finances du Programme Alimentaire Mondial » semblerait être le mot d’ordre dicté par le bon sens et la morale… Mais, comme d’habitude, le diable se cache dans les détails, et c’est ici le facteur « temps » qui joue le rôle du « détail ». En effet, le risque est grand de voir réduite la complexité de la crise à une seule de ses facettes, à savoir le « manque » : « commençons par de l’aide alimentaire (annonce, par exemple à la mi-mars, du gouvernement français d’augmentation immédiate du budget 2008 de l’aide alimentaire de 30 millions d’euros), puis pour pérenniser l’effort, puisqu’ils manquent de nourriture, leur production étant insuffisante, la nôtre (l’européenne) étant « bridée » et pleine de potentialités, nous pourrons à l’avenir les nourrir, à condition qu’on nous permette de relancer l’agriculture productiviste ». Ainsi, risque-t-on de passer du court terme au moyen terme, et au long terme…, sans oublier au passage les profits des « grands céréaliers ». Les mesures de relance de la production pourraient même se voir recouvrir d’une auréole morale : « l’agriculture européenne contribue à la mesure de ses moyens à nourrir le monde ! » Au moment où l’on discute sérieusement de renégocier la PAC, les projecteurs mis de cette façon sur la crise alimentaire mondiale, sont une sérieuse « chance » pour les agriculteurs européens qui voudraient sauver le statu quo des « soutiens internes » et des « mesures commerciales de la politique d’exportation ». La Présidence française risquerait fort de ne pouvoir résister à des lobbys qu’elle connaît bien, puisqu’ils sont organisés à partir de la France !
N. Sarkozy et Hans-Gert Pottering
Dans quelques semaines la France prendra la présidence de l’UE. Parmi les dossiers que les autorités françaises auront sur "le grill" figure l’épineuse question de la réforme de la PAC. Entre pression des intérêts agricoles français et attente des pays du Sud, le chemin vers une réforme équitable entre le Nord et le Sud semble difficile à suivre pour le président Sarkozy.
Bien au contraire, comme l’a souligné récemment Bernadette Bourzai, Vice-présidente de la commission agriculture du Parlement Européen, « l’UE doit soutenir les cultures vivrières dans les PED » (La Croix, 15/ 04/ 08). Prendre position dans les négociations internationales en cours, comme par exemple dans le cycle de Doha au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) , pour que les PVD puissent s’organiser en « marchés communs régionaux » -reprenant en cela les intuitions fondamentales de la construction européenne qui reste pour de très nombreux pays un modèle -, voilà qui pourrait contribuer à la souveraineté alimentaire par « grandes régions » dans le monde. Il s’agit aussi, ici, d’influencer les arbitrages politiques de telle façon que la dépendance des PED vis-à-vis des approvisionnements externes, solution trop facile quand les cours sont au plus bas, mais tellement risquée en elle-même, soit réduite de façon progressive : la production mérite d’être relancée, mais en n’oubliant pas au passage les producteurs. Seuls des circuits d’approvisionnement les plus courts possibles garantissent alors tant la préservation de l’environnement que la stabilité des systèmes, et donc la répartition équilibrée des activités sur les territoires.
On le voit, la situation alimentaire mondiale, dont certains aspects prennent la forme d’une crise et de troubles sociaux explicitement liés au renchérissement des denrées alimentaires, traverse de graves difficultés. Pour peu qu’on s’intéresse à leur genèse, on s’aperçoit que les problèmes sont systémiques. Dès lors, les solutions ne peuvent être que systémiques elles aussi, et on devrait prendre garde à tous les « faiseurs de miracle » annonçant une voie simple à suivre prometteuse de « lendemains sans faim » à condition qu’on y mette les moyens… Bien au contraire, à l’instar de ce qui s’est passé en Europe, quand sa propre situation alimentaire a évolué des pénuries de la fin de 2° Guerre Mondiale à l’abondance des années soixante-dix, c’est à tous les segments de la chaîne alimentaire humaine qu’il faut s’attaquer : formation et organisation des producteurs, financements de l’agriculture, recherche et innovation, organisation des marchés et des échanges, normes de qualité. « Nourrir 9 à 10 milliards d’hommes » à l’horizon 2035 -50 est un défi auquel l’Europe peut et doit contribuer dans le respect de l’environnement et de l’équité entre les peuples. Elle a su relever de tels défis pour elle-même. Elle peut y contribuer avec les autres.
Bonjour Roca
je ne sais pas si tu auras la possibilité de découvrir une réaction spontannée de quelqu’un qui n’avait pas le temps d’échanger avec toi "à tête reposée" lors de notre rencontre à Agadir en avril 2008.
on vient de fêter le 1ier mai, je voudrais partager avec toi une déclaration commune entre marocains qui n’appartiennent pas au même tendance syndicaliste ou ploitique ou religieuse (il faut en parler puisque ça nous propose une alternative économique et politique).
le gouvernement se justifie par le marché international et ses contraintes, il a fait ses choix, il est responsable. bien on le comprend.
on ne demande pas l’augmentation des salaires, ni la baisse des impots, on abondonne le slogan de la répartition égale de la fortune nationale : phosphate, poissons....
on demande qu’on nous nourrisse, qu’on nous abrite, qu’on nous paiye les factures de la scolarisation et ....le minimum de la vie quotidienne.
aprés nous irons aux bureaux de vôte. fin (sic)
les pays dites autrefois satellites autour du centre du multiinternational sont sur le seuil de l’inattendu....
le pouvoir d’achat est de plus en plus menacé, l’agriculture ne se compose plus de la Culture, c’est l’agri planifié au delà des besoins des individus pour satifaire les besoins de l’extensif.....la machine tourne pour reproduire le développement du sous développement comme disaient certains.
Merci Miloud pour votre réaction et pour votre message venu justement d’un des pays du Sud concerné. Votre analyse est parfaitement justifiée ; si je résume, vous ne demandez pas « la lune », ni même le « début du grand soir », pas même le partage équitable de la richesse nationale, mais par contre vous demandez qu’on prenne en compte les besoins de base des citoyens, le fait que les biens publics de base (santé, éducation primaire, conditions basiques d’alimentation, etc.) soient rendus accessibles à tous et à toutes de façon équitable. Si je vous suis bien vous dites que c’est à la puissance publique d’assurer cela. Vous montrez que « la crise alimentaire » n’est qu’un symptôme des rapports faussés entre l’homme et la nature aujourd’hui et l’économie internationale dans son fonctionnement actuel est bien le reflet de cette relation « déséquilibrée » . Les fonctions de base (se nourrir et nourrir les siens, par exemple), assurant la reproduction biologique et sociale des sociétés, sont délaissées ; le « profit » de quelques uns, sans régulation supranationale, continue de faire des dégâts… jusqu’à quand ? Quel est celui des 3 piliers du développement durable qui craquera en premier ? Le social ou l’écologique ? Peut-être les 2 en même temps ! C’est ce que nous montre cette crise.
Superbe exemple de parité administrative, la dame de la Dème, est en tous points conforme au modèle masculin dans les domaines techniques, comptables et fiscaux. Même inculture soixante huitarde, même langue de bois, même refus de l’évidence et des réalités physiques et financières.
Elle pérore sur les ondes autant sur le bluff de l’effet de serre que sur les biocarburants. Dans sa dernière intervention elle a expliqué que l’éthanol n’a pas les mêmes propriétés que l’alcool dit "éthylique", surtout quand, mélangé à l’essence, il devient du bi ou du diéthanol.
Selon cette dame, non seulement on sauverait l’agriculture betteravière, mais on réduirait les émissions de gaz carbonique et on ferait des tas d’économies.
Pour bien répondre il faudrait aligner des chiffres et ça, c’est fatigant à lire. On peut essayer de les remplacer par des mots.
Des labours à la pompe
Avant de sortir "l’éthanol" de l’alambic, il y a eu du travail et des dépenses d’énergie considérables.
Le tracteur qui laboure, sème et engraisse pour finir par arracher puis transporter aux camions qui continuent vers la "sucrerie" reconvertie en distillerie. Cela représente une bonne quantité de carburants. Si l’on y ajoute tout ce que consomme l’usine AZF pour produire les ammonitrates qui engraissent les terres à betteraves on obtient beaucoup de calories.
On n’a pas fini. L’usine va laver triturer malaxer, chauffer et pressurer pour sortir le jus fermentescible chargé de saccharose (le sucre). Même, si les levures travaillent sans salaires ni syndicats, elles vont consommer 33% du carbone pour produire le gaz carbonique qui fait pétiller le champagne, et les yeux de nos dames.
Ces levures vont produire de l’alcool, jusqu’au plafond de leur empoisonnement qui se situe à environ 15%, dans les mélasses, diluées en conséquence. Comme quoi les levures sont moins fragiles que les hommes qui n’en supportent que moins d’un demi pour cent de leur masse, avant le coma létal.
Ce n’est pas encore fini, car, le mélange eau alcool, limité à 12° pour des questions de productivité, devra être distillé de manière à éliminer 84% d’eau par évaporation. L’énergie nécessaire se calcule très facilement, mais il est encore plus précis d’utiliser les chiffres globaux de la comptabilité analytique de la production. En tout, il aura fallut plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre d’alcool et il faudra 1,56 litres d’alcool pour donner l’énergie d’un litre d’essence.
Bien entendu, en brûlant ce coûteux produit, on va encore produire du gaz carbonique, ce qui devrait faire de la peine aux illusionnistes des gaz à effet de serre.
Si on raisonne, sans tenir compte de la fiscalité, comme le fit notre Ministre frisé de l’économie et des finances, mal "instruit" par son service des douanes, on peut produire l’illusion, si c’est le but cherché.
Si on est une Directrice de l’ADEME gouvernementale compétente, on doit enquêter auprès des distillateurs, analyser les comptabilités et conclure sur la comparaison de choses comparables.
Lors de sa conférence radiodiffusée sur ce sujet, le Capitaine au long cours HADDOCK (de la section Flandres-Artois en Belgique) qualifiait l’alcool d’ "ennemi du marin". Il aurait pu ajouter "ennemi du contribuable".
Que reste-t-il de ces élucubrations avec si peu de chiffres ? Seulement la conclusion du vieux paysan :
"Si c’est pas malheureux de brûler de la nourriture"
Va-t-on encore nous parler de FAIM DANS LE MONDE ?
Pour ceux qui aiment les calculs
On retiendra les masses atomiques suivantes qui servent de base de tous les calculs : C=12 - O=16 - H=1
On notera ainsi que le sucre C12H22O11 voit sa "mole" peser : 342 grammes qui, en s’hydrolysant, vont donner 2(C6H12O6) de glucose d’une masse de 360 grammes.
A son tour la mole de glucose va fermenter en libérant 2 moles d’alcool éthylique (C2H5OH = 46g) et deux moles de gaz carbonique CO2.
En résumé on calcule facilement que 46 grammes d’alcool, avant d’être brûlés dans les moteurs, ont déjà produit 44 grammes de CO2.
En brûlant, ces mêmes 46 g d’alcool vont encore produire 88 g de CO2,
soit au total 3x44 = 132 g de CO2 taux d’émission de CO2 132/46 = 2,87 g par gramme d’alcool.
L’essence, qu’on peut ramener au benzène qui la constitue en majorité, a pour formule C6H6 donc une masse molaire de 78 grammes qui vont produire 264 grammes de CO2 donc taux d’émission de CO2 :
264/78 = 3,38 grammes par gramme d’essence
Or il faut 1,56 grammes d’alcool pour produire l’énergie d’un seul gramme d’essence ce qui remonte le, taux de CO2 de l’alcool à 2,87 X 1,56 = 4,48.
Vous voulez plus simple ?
1)- pour équilibrer les masses entre l’alcool et le benzène on appliquera à l’alcool le cœfficient :
78/46 = 1,696
2)- pour équilibrer les pouvoirs calorifiques on multipliera ce chiffre par 1,56 soit :
1, 696 X 1,56 = 2,646
Aux 6 CO2 produits par la combustion du benzène on opposera les 3 x 2,646 = 7,94 CO2 de l’alcool.
Conclusion : 7,94/6= 1,32 à l’avantage du benzène.
L’ALCOOL GENERE 1,32 FOIS PLUS DE CO2 QUE L’ESSENCE
Si l’on ajoute à cela tout le CO2 produit en amont pour fabriquer le sucre, nul doute que les déchets de CO2 émis avec l’alcool dépassent plus que largement ce qu’on obtient avec les produits pétroliers.
Rendez vous sur internet et regardez les élucubrations verbeuses et abondantes de l’ADEME sur le sujet. On dirait la constitution giscardo-européenne adaptée aux disciplines scientifiques.
Par un écran de fumée dialectique on assiste à une démonstration visant essentiellement à faire croire à la bonne affaire.
Comment de superbes hauts fonctionnaires, issus des prestigieuses écoles de la république, comme Sciences Po ou l’ENA, peuvent-ils prendre ainsi les braves Français pour des imbéciles ?
Propager des idioties comme les gaz à effet de serre ; la pompe à chaleur (ça c’est polytechnique (voir SIROTA et l’Inspection des finances) n’est pas digne d’un pays qui, par le passé, fut à l’avant-garde des sciences.
C’est ainsi qu’on voit le triomphe d’AIRBUS (avions fabriqués à l’envers des saucissons) finir dans une panade financière incroyable et la liste est longue des fantastiques gaspillages qu’on doit à la malhonnête inculture de nos dirigeants.
A la fin du 18° siècle et au début du 20°, circulaient des hypothèses farfelues pour expliquer l’incompréhensible. On notera :
le fluide calorique que les lois de Joule vont anéantir mais qui restera dans les esprits littéraires pour faire croire à la pompe à chaleur aux rendements supérieurs à l’unité.
Le mouvement perpétuel pour lequel il faudra attendre le début du 20° siècle pour voir refuser les brevets par l’Institut de la propriété industrielle.
La génération spontanée que seul le grand Pasteur réussit à éradiquer.
L’effet de serre provoqué par des gaz erratiques particuliers ce qui entraînait la notion de lévitation des gaz lourds par convexion, dilution et courants d’air.
De nos jours ne subsistent de ces ragots d’ignares, que la pompe à chaleur et l’effet de serre.
De ces deux là, seul l’effet de serre connaît une exploitation commerciale en devenir. Cette exploitation est concentrée sur le gaz carbonique qui nourrit nos végétaux, avant de nourrir les hommes et les animaux.
Comment gagner de l’argent avec le gaz carbonique ?
La Société l’Air Liquide, un de nos meilleurs placements boursiers dits « de père de famille », vous communiquera les cours de vente au détail du CO2 comprimé dans des bouteilles d’acier.
Le CO2, sans être rare par rapport à la demande, ne se trouve pas disponible n’importe où. On peut le récupérer, assez propre, dans les cuveries de fermentation. Moins pur, vous le trouvez sortant des sols volcaniques. Alors, direz-vous, pourquoi ne pas le prendre là où il est sensé provoquer le réchauffement climatique en vitrifiant notre atmosphère, par convexion ou dilution ?
Parce que, à raison de trois litres de CO2 pour 10000…litres d’air, ce n’est pas une mince affaire. Rendez vous compte, c’est comme s’il vous fallait trouver trois billes noires insérées dans un tas de neuf mille neuf cent quatre vingt dix sept billes blanches, du même diamètre. C’est ce qu’on appelle chercher une aiguille dans une botte de foin.
« Mais ! Monsieur ! Vous n’allez pas me faire croire qu’il n’y a que trois billes noires dans près de dix mille billes blanches pour changer le climat. Il y en aurait-il le double, soit 200% que cela ne changerait rien à la chose. Donc vous me mentez et les « scientifiques » du GIEC rectifieront vos mensonges »
« Ah bon ! Vous ne voulez pas me croire parce que vous ne voulez pas apprendre les propriétés des gaz ? »
« Non Monsieur ! Je ne vous crois pas parce que vous n’êtes pas le patron du CNRS, ni de l’ADEME. Tous les dirigeants politiques le confirment. C’est même écrit dans les journaux »
« Alors si c’est écrit dans le journaux c’est que c’est vrai. Donc, désormais, vous paierez pour récupérer un gaz que les autres vendront »
« Non Monsieur « ils » ont déjà commencé à le stocker dans la terre et ce n’est pas pour le vendre »
« Ah Bon ! Mais dites-moi : j’ai besoin de l’échelle ; Tenez bien le pinceau.
Des dérives encore plus graves : les biocarburants
« Parfaitement, les journaux le disent : la France est toujours en retard, même sur le Brésil qui roule au sucre de canne. Pardon à l’éthanol »
« Détrompez-vous cher Monsieur et un peu de patriotisme ! Que diable ! En effet, dès 1938 la France carburait à l’alcool et pas seulement dans le pinard et le pastis. Les excédents vinicoles et les marcs des vendanges étaient distillés. Ce n’était pas une mesure économique, mais politique, si on ne voulait pas voir le Sud vinicole se révolter avec violences. C’était déjà arrivé. Cet alcool était additionné à l’essence pour livrer un carburant au rabais appelé CARBURANT NATIONAL. Il était considéré, à juste titre, comme une belle saloperie. La consommation augmentait, le moteur peinait, n’avait plus de reprise, d’autant plus que les véhicules français étaient sous-puissants donc d’un très mauvais rendement, puisqu’il fallait les pousser à leurs limites. Vous voyez qu’on n’a pas attendu les Brésiliens et qu’on en a tiré une leçon qu’ils tireront plus tard à leur tour »
Ce qu’on a fait en 1938 pour nos vignerons, l’Etat moutonnier s’apprête à le refaire pour nos betteraviers, enfants gâtes du blocus continental napoléonien. On va même l’étendre à toute l’agriculture en comblant les jachères imposées par l’EUROPE de Bruxelles.
Intoxications financières
Quand les services de l’Etat prétendent chiffrer leurs projets insensés, la même démarche les conduit à truquer tous les chiffres et de refuser de comparer ce qui est comparable.
Ainsi des biocarburants dont le prix de revient hors taxes est comparé au prix de l’essence à la pompe.
Ainsi des éoliennes qui s’amortissent sur un prix du KWH supérieur aux prix du KWH payé par l’abonné à l’EDF. Ce cadeau qui leur est fait est payé par le consommateur.
Curieuse démarche de la pensée universelle. Nos « Marie Chantale » de l’écologie nous bourrent le mou avec l’appui des médias. Incapables de faire un simple calcul énergétique ou financier ils plaident pour éradiquer la « faim dans le monde » en conseillant aux affamés de produire un mauvais carburant plutôt que de la nourriture.
Il y a quelques années, la presse spécialisée dans le sensationnel, pseudo scientifique, celle qui répand les âneries de l’effet de serre, claironnait qu’on avait réussi à extraire ou synthétiser des protéines à partir du pétrole. Les mêmes plaident, maintenant, pour transformer notre nourriture en carburant. Il faut vraiment que le lecteur ait une toute petite cervelle pour ne pas s’apercevoir qu’on se « paie sa tête ».
Gille de Gennes vient de mourir. Sa grande âme n’aurait pas admis ces supercheries. Mais il n’est pas seul à refuser de suivre les papagalos de l’écologie officielle. Malheureusement, il y a tant de craintifs qu’on n’est pas à la veille de les entendre.
Les Paniquards intéressés
Qui sont-ils ?
On les appelle des « scientologues ». Façonnés à la sauce enseignante de 1968, ils ont été formés aux disciplines abâtardies par les débauches sémantiques des fameuses mathématiques modernes, censées ouvrir à tous l’accès facile aux sciences. On les appelle météorologues, climatologues, astrologues, tous adeptes des sciences divinatoires.
De leurs études, ils ont retenu des formules sans comprendre ni essayé de comprendre les sciences qu’on leur enseignait si mal.
Cela a commencé dès l’école primaire. Il suffit de comparer les vieux livres de « leçons de choses » d’avant et d’après 1968.
A ces ectoplasmes de scientifiques on a donné des chefs formés à Science Po et Normale Sup dans les disciplines littéraires rénovées à l’ENA par un vernis de droit public.
Une campagne gigantesque, mondiale, d’intoxication, a été lancée avec toute la puissance des médias. Que ce soit pour un motif charitable ou salvateur, un seul but : des crédits, du pognon. Pourtant, tout ce qui avait été découvert aux siècles précédents l’a été sans ces fameux crédits.
De CROZEMARIE à nos grands patrons du CNRS jusqu’à ce Ministre surnommé « le docker de Somalie », il n’y a pas loin. L’important n’est pas de posséder mais de disposer. Voyages, voitures, hôtels de luxe Etc.…
Oui ! Mais la recherche a besoin d’argent ? Comment utilise-t-elle cet argent ? Lisez les bilans, ceux des officines de recherche et ceux des professionnels de la charité. Recomptez ce que dépensent les fameux Chefs Chercheurs ou Présidents charitables dans le « tourisme universitaire », dans les « séminaires », « colloques » « voyages d’études ». Ces gens-là se feraient sodomiser pour un billet d’avion, une note de frais, car, ces manifestations se font de préférence dans les hauts lieux du tourisme, le plus loin possible sous les tropiques. Ou alors, on leur paie de beaux bateaux, croisières à la clé.
Déjà, la République, dans le passé, a financé ce type de tourisme scientifique « bidon ». On a encensé Charcot, médecin allergique à la médecine, yachtman refoulé, navigateur approximatif, auto proclamé Commandant, et son inutile POURQUOI-PAS, financé par le contribuable et naufragé avec lui. ESTIENNE a repris le flambeau. L’océanographie est aussi un prétexte à de bien belles croisières.
Pour entretenir la pompe à finances, rien de tel que de flanquer la panique. Quand il a la trouille, le contribuable est bien plus malléable ? Pour cela, on va chercher dans le showbiz, les HULOT, les BARNIER,…. Ils sont légion à courir après la manne électorale et ses prébendes. Sans chercher bien loin, on en trouve aussi à l’Académie des Sciences, de toutes les sciences, de tous les pays du monde.
« Pigeons de tous les pays : unissez-vous…Et payez »
Non ! Cher Poivre. Les autorités ne savent rien de tout cela. Ce n’est plus dans les programmes scolaires depuis 1968 et même avant. C’est un vieil enseignant qui vous affirme que, jusqu’en 1997, il essayait en vain d’apprendre à ses élèves (Bac scientifique + mention + deux ans de prépa), le mécanisme de la règle de trois. Il y a belle lurette qu’on a oublié que physique et chimie sont des sciences expérimentales et non des philosophies.
Ce brave ALLEGRE est un exemple de faux scientifique mal formé. Il pressent l’erreur mais ne la réalise pas faute d’un bagage culturel de base suffisant.
Ce que je dis-là parait peut-être prétentieux. Alors ! pourquoi refuse-t-on de relire des extraits des vieux livres du primaire de leçons de choses que je propose aux journalistes scientifiques comme François de Closets ?
A quand une association des bonnes volontés opposées au Mariechantalisme dans le vent ?
Sincères salutations d’un "ancien"