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ELARGISSEMENT : La candidature de la Turquie à l’UE est-elle prise en otage par Chypre ?

8 avril 2008 |
La Commission estime que la Turquie répond suffisamment aux critères politiques de Copenhague...mais : on a toujours la question chypriote et kurde, les droits de l’homme (penal, liberte d’expression,religieuse etc...)....alors ?????

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ELARGISSEMENT : La candidature de la Turquie à l’UE est-elle prise en otage par Chypre ?


ELARGISSEMENT : La candidature de la Turquie à l'UE est-elle prise en otage par Chypre ?

Ce qu’il faut savoir sur le problème chypriote

20 décembre 2006, Par Xavier LE DEN

Malgré leur profonde division, les Etats membres de l’UE ont fini par prendre acte du refus de la Turquie d’ouvrir ses ports et aéroports à la République de Chypre. Ce faisant, ils ont clairement signifié à Ankara que le non respect de ses obligations dans le cadre des négociations d’adhésion ne pouvait rester sans conséquence sur l’ensemble du processus. Pour la Turquie, cela revient à établir formellement le lien entre son adhésion à l’UE et la reconnaissance de la République de Chypre, une évidence qu’elle a pourtant toujours eu des difficultés à admettre, argüant que le problème chypriote est une question politique qui doit se régler globalement dans le cadre défini par l’ONU et n’interférer en rien dans ses relations avec l’UE. Pour beaucoup d’acteurs politiques et d’observateurs favorables à l’adhésion de la Turquie, l’UE a commis une erreur en acceptant l’adhésion de Chypre avant la réunification de l’île et la normalisation de ses relations avec la Turquie. L’adhésion de Chypre divisée a considérablement compliqué les relations déjà tumultueuses entre l’UE et la Turquie, lesquelles se sont progressivement dégradées depuis l’ouverture des négociations, Chypre bloquant toute avancée. Plus que jamais, la candidature turque semble être l’otage du problème chypriote. Cette lecture n’est pourtant pas satisfaisante, car il apparaît que dans cette affaire, la Turquie est aussi et surtout otage d’elle-même.

Comment chypre est entrée divisée dans l’UE ?

Le processus qui a conduit à l’adhésion de la République de Chypre avant une solution au problème chypriote n’est pas le fruit d’une grossière erreur qu’aurait commise l’UE, mais le résultat d’un processus complexe dont deux éléments émergent comme ayant été déterminants : l’intransigeance des Chypriotes turcs et de la Turquie dans les négociations de règlement du conflit chypriote, et le veto de la Grèce.

L’intransigeance des Chypriotes turcs et de la Turquie

Contrairement aux espérances de l’UE, qui voulait voir dans la perspective d’adhésion de la République de Chypre un facteur encourageant la recherche d’une solution au problème chypriote, les Chypriotes turcs et la Turquie ont durci leur position au fur et à mesure que l’adhésion de Chypre se précisait. La seconde moitié des années 90 et le début des années 2000 restent ainsi marqués par une succession d’échecs dans les tentatives de relance des pourparlers entre les deux communautés de l’île.

C’est un nouveau refus turc et chypriote turc de négocier sur la base des propositions du Secrétaire Général de l’ONU Kofi Annan émises fin 2002 qui a scellé l’adhésion de Chypre à l’UE sans règlement du conflit. En effet, en l’absence d’avancées significatives dans les négociations à l’approche du Conseil Européen de Copenhague en décembre 2002, lequel devait formellement inviter les dix candidats à rejoindre l’UE, l’ONU avait mis sur la table un plan de réunification. Si la Grèce et la République de Chypre, d’abord soucieux d’apparaître de bonne composition face à leurs partenaires européens, semblaient prêts à endosser ce plan, les Chypriotes turcs, appuyés par la Turquie, en ont refusé la première, puis la seconde version, avant de finalement mettre fin aux négociations en mars 2003. Ils préféraient donc laisser les Chypriotes grecs signer seuls le Traité d’adhésion de la République de Chypre en avril 2003 plutôt que de consentir à de douloureux compromis. Cet échec a coûté le pouvoir au leader historique de la communauté chypriote turque, Rauf Dentash, battu aux élections législatives de décembre 2003 par le parti de l’actuel leader chypriote turc Mehmet Ali Talat, plus modéré. Avec Recep Tagyp Erdogan et le parti AKP aux commandes en Turquie depuis novembre 2002, il y avait donc fin 2003 en Turquie et à Chypre nord des forces politiques pro-européennes qui permettaient d’entrevoir une issue au problème chypriote. Malheureusement, il était trop tard : le Traité d’adhésion était déjà signé. Sans craindre des sanctions, les Chypriotes grecs ont donc pu mettre en échec le plan de réunification de l’ONU négocié dans l’urgence avant l’adhésion formelle de Chypre le 1er mai 2004, et s’assurer ainsi une position plus confortable dans des négociations futures.

La situation actuelle est donc à mettre à l’actif de l’aveuglement nationaliste de la classe dirigeante turque et chypriote turque pendant des décennies d’immobilisme, et ce jusqu’aux derniers mois précédant l’adhésion de la République de Chypre. Les prises de positions des autorités de la RTCN (République Turque de Chypre Nord, l’Etat chypriote turc non reconnu internationalement) et du gouvernement turc pendant les années 90 et jusqu’au tournant de l’année 2002 ont en effet permis au gouvernement chypriote d’endosser le bon rôle. Malgré un perceptible raidissement de leurs positions, l’UE n’a cessé jusqu’à la fin du processus d’adhésion de considérer l’attitude des Chypriotes grecs comme étant constructive face à des interlocuteurs qui ne semblaient pas vouloir jouer le jeu d’un accord négocié. Jusqu’au rejet du plan Annan en avril 2004, l’absence de solution était donc attribuée à l’intransigeance de la Turquie et des Chypriotes turcs. L’adhésion de la République de Chypre est le prix de leurs erreurs.

La suspension partielle des négociations avec la Turquie
Le 29 novembre 2006, après beaucoup d’hésitation, la Commission a recommandé la suspension formelle des négociations sur 8 des 35 chapitres, ainsi que la décision de ne refermer aucun autre chapitre tant que la Turquie n’aura pas respecté ses engagements relatifs au Protocole additionnel. Ces recommandations ont été suivies par les Ministres des affaires étrangères de l’UE au sein du Conseil Affaires générales et Relations extérieures réuni à Bruxelles le lundi 11 décembre. Les chapitres suspendus sont en lien avec les restrictions imposées par la Turquie à l’égard de la République de Chypre : Chapitre 1 : Libre circulation des marchandises, Chapitre 3 : Droit d’établissement et libre prestation de services, Chapitre 9 : Services financiers, Chapitre 11 : Agriculture et développement rural, Chapitre 13 : Pêche, Chapitre 14 : Politique des transports, Chapitre 29 : Union douanière et Chapitre 30 : Relations extérieures. Sans imposer de nouvelle date butoir à la Turquie, les Etats membres se sont mis d’accord pour évaluer régulièrement la situation et ont demandé à la Commission d’en faire explicitement état dans ses rapport d’évaluation à venir. Cette décision pourrait laisser espérer une reprise des négociations sur les chapitres, non suspendus mais actuellement au point mort : Chypre opposant son veto à l’ouverture de tout nouveau chapitre, seul celui relatif à la Science et recherche a pour le moment été ouvert et refermé le même jour, de manière symbolique. Cependant, il est probable que malgré la décision du Conseil, Chypre continue à exercer son droit de veto et bloque l’ouverture de nouveaux chapitres, non sans le soutien implicite d’autres Etats membres.

Le veto grec à l’union douanière et à l’élargissement

L’attitude de l’UE à l’égard de Chypre a également été déterminée par la posture adoptée par la Grèce tout au long du processus d’adhésion de la République de Chypre. La Grèce a en effet constamment refusé que l’adhésion de Chypre ne soit conditionnée à un règlement du problème chypriote : cela aurait eu pour conséquence d’accorder à la Turquie un droit de veto sur la candidature de Chypre, tant le règlement du conflit semblait alors dépendre de la volonté d’Ankara, qui comme nous l’avons souligné soutenait l’attitude intransigeante du leader nationaliste chypriote turc Rauf Denktash. Dans ce contexte, la Grèce a su tirer parti de la règle de l’unanimité pour obtenir du Conseil en mars 1995 la décision d’inclure Chypre dans les négociations d’adhésion à venir en échange de la levée du veto grec sur la finalisation de l’Union douanière entre l’UE et la Turquie. Les relations UE-Turquie n’ont donc pu avancer qu’au prix d’un compromis qui permettait à Chypre de monter dans le train de l’élargissement.

Par la suite, c’est la menace du veto à l’élargissement aux pays d’Europe Centrale et Orientale qui a servi de levier à la Grèce pour s’assurer de la poursuite des négociations avec la République de Chypre jusqu’à la signature du Traité d’adhésion en avril 2003. Soucieuse d’assurer le bon déroulement de l’élargissement à l’Est, l’UE ne pouvait éloigner cette menace du veto grec qu’en évitant de poser comme condition à l’adhésion de Chypre un règlement préalable du problème chypriote.

En quelque sorte, c’est bien depuis que la Grèce est devenue membre de l’UE en 1981 que l’adhésion de la Turquie est conditionnée à un règlement du conflit chypriote, et non pas seulement depuis l’adhésion de la République de Chypre. La Grèce a été admise dans l’UE alors qu’elle était en conflit ouvert avec la Turquie sur la question de la mer Egée et de Chypre. Or, il n’y a guère qu’en Turquie qu’on continue à dire que l’adhésion de la Grèce à l’UE était une erreur.

La question des ports et des aéroports : De quoi parle-t-on ?

Les négociations avec la Turquie se sont concentrées ces derniers mois sur l’ouverture des ports et aéroports turcs aux bateaux et avions chypriotes. Il s’agit d’une obligation faite à la Turquie, en application du Protocole adaptant l’Accord d’association conclu entre l’UE et la Turquie en 1963 (accord d’Ankara) et étendant l’Union douanière EU-Turquie aux dix nouveaux Etats membres, dont Chypre. Or la Turquie, qui ne reconnaît pas la République de Chypre, n’applique toujours pas ce Protocole et continue à bloquer l’accès des bateaux et avions chypriotes à son territoire. [1]

En effet, comme préalable à l’application du Protocole additionnel, la Turquie exige de l’UE qu’elle tienne ses promesses à l’égard de la Communauté chypriote turque. Les Turcs font référence aux engagements pris par le Conseil en avril 2004, juste après le référendum par lequel les Chypriotes turcs avaient accepté le plan Annan de règlement du conflit par 2/3 des voix alors que 3/4 des Chypriotes grecs le rejetaient. Le Conseil y avait vu l’expression de la volonté des Chypriotes turcs d’assurer leur avenir au sein de l’UE et s’était déclaré « déterminé à mettre un terme à l’isolement de cette communauté et à faciliter la réunification de Chypre en encourageant le développement économique de la communauté chypriote turque ». Depuis, si le Conseil a approuvé la création d’un instrument de soutien financier visant à encourager le développement économique de la communauté chypriote turque, le commerce direct entre l’UE et Chypre nord n’a jamais été établi, empêché par les Chypriotes grecs qui s’appuient sur le droit international et la jurisprudence communautaire pour bloquer toute avancée sur cette voie.

Pourtant, les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne ont été formellement ouvertes en octobre 2005. Chypre, d’abord opposée à l’ouverture des négociations, avait finalement accepté cette décision contre l’obligation faite à la Turquie de respecter ses engagements relatifs à l’Accord d’association et à son Protocole étendant l’Union douanière UE-Turquie aux nouveaux Etats membres. Cette condition, ainsi inscrite dans le Cadre de négociation qui fixe les règles du jeu entre l’UE et la Turquie, n’était pas nouvelle : Dès décembre 2004, le Conseil européen n’avait décidé de fixer la date d’ouverture des négociations au 3 octobre 2005 qu’après avoir obtenu de la Turquie l’engagement de signer et appliquer ce Protocol additionnel, et donc d’ouvrir ses ports et ses aéroports aux navires et avions chypriotes.

Par conséquent, les exigences d’Ankara ne sont pas recevables, voire frisent l’inconvenance. La Turquie a obtenu l’ouverture des négociations en échange de la promesse de lever les restrictions imposées à l’égard de la République de Chypre. Non seulement cette promesse n’a pas été tenue – alors que l’UE a, de son côté, ouvert les négociations – mais en plus la Turquie pose aujourd’hui une nouvelle condition. Comme l’a souligné le Ministre chypriote des Affaires étrangères, George Lilikas, Ankara essaye d’obtenir « quelque chose contre rien ». Car si l’UE s’est effectivement engagée à mettre fin à l’isolement de la Communauté chypriote turque, cela est sans lien avec l’accès aux ports et aéroports qui a été obtenu contre l’ouverture des négociations ; sans compter que l’application du Protocole additionnel est en principe une exigence non négociable que la Turquie a pourtant chèrement vendue.

L’UE, dont la crédibilité était en jeu, se devait donc de faire comprendre à la Turquie que lorsqu’on est candidat à l’Union Européenne, fusse-t-il un candidat important et enclin à défendre jusqu’au bout ses intérêts nationaux, on se doit de respecter certaines règles. La décision du Conseil de suspendre partiellement les négociations avec Ankara était donc plus que justifiée : elle était nécessaire.

Pourquoi Ankara n’applique pas le Protocole Additionnel ?

La Turquie a donc préféré accepter les sanctions de l’UE plutôt que d’appliquer sans discrimination le Protocole additionnel étendant l’Union douanière UE-Turquie aux nouveau Etats membres. Est-ce à dire qu’elle préfère renoncer à son rêve européen plutôt que de normaliser ses relations avec Chypre ?

La question chypriote est la question nationale numéro un en Turquie. Il ne s’agit pas d’une question stratégique, mais bien d’un nœud idéologique. L’importance qu’elle accorde encore à la partie nord de Chypre se comprend en ce sens qu’elle tend à donner du contenu à l’idéologie ‘pan-turque’, à travers laquelle s’affirme le rôle régional de la Turquie et sa politique à l’égard des Turcs vivant en dehors de ses frontières, une idéologie nationaliste s’il en est qui nourrit la fierté toujours blessée de l’héritière de l’Empire ottoman. Sa culture politique et sécuritaire particulière s’articule également autour du ‘syndrome de Sèvre’, à savoir la crainte sans cesse manipulée par les élites de voir la République encerclée par des puissances hostiles qui menacent son intégrité territoriale et sa souveraineté. De ce point de vue, protéger la communauté Chypriote turque c’est empêcher l’hellénisation totale de Chypre. C’est pourquoi, bien que la Turquie kémaliste aurait certainement plus intérêt à s’amarrer à l’Europe plutôt que de protéger coûte que coûte ses intérêts dans l’île, la nécessité d’empêcher que ‘Chypre ne tombe entre les mains des Chypriotes grecs’ reste une priorité.

Jusqu’à présent, la Turquie a toujours refusé de reconnaître la République de Chypre, dont elle nie la légitimité et la souveraineté sur l’île. En effet, Ankara considère la République de Chypre comme un Etat chypriote grec dont la reconnaissance de peut aller de paire qu’avec la reconnaissance de la RTCN (République Turque de Chypre Nord). Or, la Turquie considère, non sans raison, qu’autoriser l’accès de ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes reviendrait à reconnaître de facto la République de Chypre. [2]C’est pourquoi, lorsqu’en juillet 2005 elle a signé le Protocole adaptant l’Accord d’association, la Turquie y a adjoint une déclaration de non-reconnaissance de Chypre. [3]

Ces principes pèsent lourd sur la politique de la Turquie à l’égard du problème chypriote et limitent les marges de manœuvre du gouvernement pro-européen de Recep Tagyp Erdogan. Les réactions à l’offre formulée par Ankara, la veille de la rencontre des Ministres des Affaires étrangères de l’UE qui devait sceller la suspension des négociations, sont à cet égard édifiantes. La proposition turque consistait à ouvrir un port et un aéroport aux navires et avions chypriotes, une offre jamais écrite et dont on ne sait pas trop si elle était conditionnée à une concession équivalente de la part du gouvernement chypriote. Or, alors que l’UE avait jugé cette proposition insuffisante et manquant de substance, elle a déchainé une véritable levée de boucliers sur la scène politique turque et fragilisé le gouvernement Erdogan. Le chef des armées, le général Yaşar Büyükanit, le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, et le leader du parti d’opposition CHP, Deniz Baykal, sont tous montés au créneau pour dénoncer une trahison, accusant Erdogan de s’éloigner de la ligne officielle de l’Etat. Ce dernier a donc dû faire marche arrière : les élections présidentielles et législative de 2007 étaient trop proche pour pouvoir se battre sur ce terrain contre le camp nationaliste et anti-EU. D’ailleurs, aucun gouvernement turc ne pourrait aujourd’hui décider d’appliquer le Protocole pour sauver la candidature turque, et rester au pouvoir.

Plutôt que de revoir sa politique, la Turquie préfère donc continuer à se voiler la face. Trop sûre de son fait, elle n’envisage pas que l’on puisse sacrifier sa candidature sur l’autel des principes régissant le fonctionnement de l’Union européenne. L’UE ayant finalement décidé de prendre des sanctions, elle a été accusée de brader ses propres intérêts et ceux de la Turquie en cédant au ‘chantage’ chypriote. Jamais Ankara ne s’est faite à l’idée que sa candidature puisse dépendre du bon vouloir d’une petite île qu’elle n’a pas hésité à envahir en 1974 et dont elle continue à occuper 40% du territoire, selon son bon vouloir. Le lendemain de la décision de suspendre partiellement les négociations avec la Turquie, Yusuf Kanli, éditorialiste de Turkish Daily News qui se distingue par ses analyses très fines et mesurées, titrait pourtant : « Chypre est maintenant une condition ». Il était temps de s’en rendre compte.

La marge de manœuvre que la Turquie s’accorde sur la question des ports et aéroports, et plus largement sur celle de la reconnaissance de Chypre, est donc très faible. La seule voie qu’elle puisse envisager d’emprunter pour avancer dans sa candidature passe aujourd’hui par un règlement du problème chypriote, dans le cadre d’un accord global négocié par l’ensemble des parties. Tant que la question chypriote n’aura pas été résolue, la Turquie ne reconnaîtra pas la République de Chypre, et la République de Chypre n’acceptera pas l’adhésion de la Turquie à l’UE.

Or, si les négociations sur la réunification de l’île sont relancées, la Turquie devra avaler son chapeau. Ses erreurs du passé ont permis à Chypre de devenir membre à part entière de l’Union européenne et d’être en position de force dans les négociations à venir. La République de Chypre possède avec ce veto une arme dont elle n’hésitera pas à se servir : sont en jeu pas moins de 37% de son territoire, 57% de ses côtés et 1/3 de sa population… ainsi qu’un pouvoir exercé sans partage depuis 1974 par les Chypriotes grecs. Il en faudra donc beaucoup pour que Chypre accepte d’ouvrir la voie à la candidature de la Turquie. Beaucoup plus, sans doute, que ce que la Turquie serait en mesure d’accepter.


Illustration : La ligne de séparation à Chypre, avec pour horizon le drapeau de la République turque de Chypre du Nord peint du les flancs du Pentadactylos (copyright : AP)





© Euros du Village ASBL



[1] Ce blocus est très strict, et inclut l’interdiction de traverser les eaux territoriales et l’espace aérien de la Turquie pour tous navires et avions en provenance ou à direction de Chypre. Ainsi, durant la crise du Liban de l’été 2006, les avions non chypriotes évacuant les ressortissants européens via Larnaka, à Chypre, n’étaient pas autorisés à survoler le territoire aérien de la Turquie, compliquant singulièrement les opérations d’évacuation. L’attitude de la Turquie avait alors été dénoncée.

[2] A noter que la République de Chypre applique la même logique à la RTCN, estimant que l’ouverture des ports et aéroport de Chypre nord au trafic direct avec l’UE consisterait en une reconnaissance de facto de la RTCN.

[3] L’UE a répondu à cette déclaration par une contre-déclaration affirmant que cette démarche n’avait aucun effet juridique sur l’obligation d’appliquer sans discrimination le Protocole additionnel.


Espace réactions (15)

Par Deleval, le 20 janvier 2007

Sur la question de Chypre, sous couvert de démonstrations historiques et implacables, cet article bien écrit me semble partisan : Soit, la responsabilité de l’état turc et des chypriotes turcs dans les négociations des années 90 doit être prise en compte ! L’article à ce niveau (§ "L’intransigeance des Chypriotes turcs et de la Turquie") omet cependant de préciser que le rejet du plan Annan est celui des chypriotes grecs et non des chyriotes turcs. D’autre part, il aurait fallu préciser que le conflit (1974) et la situation actuelle sont la conséquence directe de la tentative de la Grèce fasciste des "Colonels" d’annexer Chypre. La Turquie n’avait alors et depuis lors que rempli ses obligations vis à vis des populations risquant un véritable génocide, agissant selon la convention signée par la Grèce, l’Angleterre, la Turquie au moment où Chypre avait pris son indépendance par rapport au gouvernement britannique. Ces deux points, qui me semblent fondamentaux, étayent la thèse de la faute lourde dans le processus européen d’intégration de Chypre. Faute que les peuples européens devront payer d’une manière ou d’une autre malheureusement, toujours selon mon avis.


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Par Reynald Beaufort, le 20 janvier 2007

Bonsoir,

Beaucoup de parti pris dans cet article effectivement.... Si cette question était aussi simple, il n’y aurait pas de problème !

Je ne vais pas reprendre ici le contenu des articles que nous avons publié, je vous invite à venir nous rendre visite et à consulter notre dossier sur le sujet à cette adresse : http://www.turquieeuropeenne.org/rubrique44.html il est fréquemment mis à jour, vous y trouverez des témoignages et des commentaires de spécialistes en questions internationales et d’un politologue turc...

Turquie Européenne


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Par Dal Chele, le 20 janvier 2007

Deleval fait très bien de souligner le caractère partisan de cet article, et de rappeler que si la Turquie a envahi Chypre, c’était bien en réaction à l’invasion grecque qui avait eu lieu quatre jours avant. Par ailleurs, la Convention signée en 1960, par laquelle Angleterre accordait son indépendance à Chypre, donnait à la Turquie le droit d’intervenir militairement si l’indépendance ou l’intégrité de Chypre était menacée. C’était bien le cas avec l’invasion de l’île par la Grèce des colonels.


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Par Xavier, le 20 janvier 2007

Vos remarques sont tout à fait justes. J’assume même le parti pris que vous semblez dénoncer, mais seulement dans la mesure où je défends une thèse et où le format court ne permet pas de tout dire. Dans cet article, c’est sur la position (inconfortable) de la Turquie que je me penche. Mais on pourrait tout aussi bien se focaliser sur les Chypriotes grecs, dont il y aurait beaucoup à dire. Je l’ai déjà fait dans d’autres circonstances.

Quelques éléments précis de réponse :

1. Cet article se focalise sur la candidature turque, et non sur la question chypriote en elle-même. S’il fallait analyser les origines profondes du problème chypriote, il faudrait remonter aux périodes ottomanes et britanniques, ainsi qu’à la lutte pour l’indépendance dans les années 50, laquelle s’est malheureusement exprimée dans des termes nationalistes grecs, ce qui a empêché l’émergence d’une identité nationale chypriote intégrative.

2. Le coup d’Etat des généraux grecs en 1974 visait à renverser Makarios, le président de la République de Chypre, une opération qui selon toute vraisemblance était appuyée par les Etats-Unis qui cherchaient à ce débarrasser de celui qui avait fait de Chypre un pays " non aligné ". Quant à l’invasion turque, elle visait certainement à protéger la communauté chypriote turque menacée par un rattachement de Chypre à la Grèce, comme le prévoyait son statut de puissance garante. Mais le Traité de Garantie, qui accordait à la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie ce statut de puissances garantes, n’autorisait ces dernières à intervenir unilatéralement que dans le cas où la sécurité et l’intégrité de la République auraient été menacées. Envahir la moitié de l’île pour l’occuper, ce n’était pas garantir l’intégrité de la République : c’était en violer la souveraineté. Et en poussant la logique jusqu’au bout, si cette affaire avait été basée sur les droits et obligations conférées par le Traité de Garantie, la Grèce (mal en point à ce moment là, puisque les Généraux étaient renversés pendant l’été 1974) et surtout la Grande-Bretagne auraient dû intervenir contre la Turquie, puisque son invasion menaçait à son tour l’intégrité de la République de Chypre. Quoi qu’il en soit, la Turquie a profité du coup d’Etat ultranationaliste grec pour s’installer durablement à Chypre, mettant en œuvre le ’Taksim’, la division de l’île imaginée dans les années 50 par les nationalistes turcs. Ce faisant, la Turquie a outrepassé son rôle de puissance garante afin de mettre en œuvre ses projets irrédentistes. Cela a provoqué le déplacement de 1/3 de la population chypriote grecque et de la quasi-totalité de la population chypriote turque.

3. Dans les années 50 et 60, la communauté chypriote turque a eu à souffrir durement de son statut de minorité, malgré les garanties qui lui avait été données par la constitution. La méfiance puis la peur s’est installée progressivement chez les Chypriotes turcs, dont certains, après les violences de 1963 et 1967, se sont réfugiés dans des enclaves. L’ONU est intervenue dans l’île dès 1963. Il n’est donc pas question de nier ces violences avérées et, par conséquent, de refuser aux Chypriotes turcs des garanties de sécurité pour l’avenir. Mais parler de génocide, c’est utiliser des termes propagandistes. Enfin, je pense que la paix aurait pu être rétablie sans diviser l’île de Chypre pour autant. Il n’est pas nécessaire, pour protéger la communauté chypriote turque, de lui bâtir une forteresse.

4. J’ajouterai, enfin, que la communauté chypriote turque est la première victime de l’invasion turque. Voilà 30 ans, maintenant, qu’on lui a imposé de vivre recluse sur des terres qui ne lui appartiennent pas, dans un Etat non reconnu, avec peu de liens avec l’extérieur, vivant des subsides de la Turquie qui s’ingère lorsque bon lui semble dans les affaires internes de cet " Etat ". La croissance que connaît actuellement l’économie de Chypre nord est à attribuer aux Chypriotes turcs travaillant au sud, à la spéculation immobilière sur des biens spoliés et au développement d’un tourisme centré sur les casinos et les bars à hôtesses (je vous invite à faire le chemin entre Nicosie et Morphou, c’est édifiant). Pire : les Chypriotes turcs sont aujourd’hui une minorité à Chypre nord, car pour 80,000 Chypriotes turcs (chiffres d’avant 1974, nombreux sont ceux qui ont émigré), on compte plus de 200,000 " colons " venus d’Anatolie (chiffre à prendre avec précaution, car ce qui se passe à Chypre nord est très obscure). Cela engendre beaucoup de tensions et de racisme au nord. Enfin, il suffit de passer un peu de temps à Chypre nord pour se rendre compte que les Chypriotes turcs, historiquement installés au sud de l’île, ne s’y sentent pas chez eux. Bien entendu, il ne s’agit pas de parler à la place des de la communauté chypriote turque. Mais lorsqu’on est Chypriote turc, il est également très difficile de parler de cela à cœur ouvert. A ce sujet, je vous invite à lire l’ouvrage de Claire Copeaux-Mauss et Etienne Copeaux, " Taksim ! Chypre divisée ". Il s’agit d’un travail ethnologique et sociologique de très grande qualité sur la Communauté chypriote turque. Un résumé et les références complètes sont disponibles via le lien suivant : http://cemoti.revues.org/document1560.html


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Par barri, le 20 janvier 2007

Bravo article excellant très clair et bien écrit.

Remarques sur les commentaires suivant : Deleval : ("D’autre part, il aurait fallu préciser que le conflit (1974) et la situation actuelle sont la conséquence directe de la tentative de la Grèce fasciste des "Colonels" d’annexer Chypre.")

Ca ne change rien pour les chypriotes qui sont victimes deux fois Une première fois par le coup d’état de la Grèce fasciste et une deuxième fois par l’occupation de l’armée turque fasciste qui dure jusqu’à aujourd’hui.

Deleval, par sa reponce, veut justifier l’ocupation de 40 % du territoire de la République de Chypre par la Turquie et le netoyage ethnique de ce territoire. "La Turquie n’avait alors et depuis lors que rempli ses obligations vis à vis des populations...la convention signée par la Grèce, l’Angleterre, la Turquie au moment où Chypre avait pris son indépendance..."

La Turquie utilisa le Traité de Garantie comme prétexte et base légitimant de son invasion de Chypre, minant ainsi la crédibilité et l’utilité de ce système de garantie. L’invasion turque a ait été condamnée et reconnue comme une violation des droits fondamentaux des Chypriotes par les instances internationales, tels que l’ONU, le Parlement européen, le Mouvement des pays non alignés, le Commonwealth et le Conseil de l’Europe : a) de violation flagrante de la légitimité internationale et de la Charte des Nations Unies ; b) d’invasion illégale et l’occupation d’une partie du territoire d’un Etat-membre des Nations Unies par un autre Etat, membre également des Nations Unies ; c) de violation massive des droits de l’homme ;

La thèse de Deleval est proche de la propagande officielle de la Turquie qui a envahi militairement le nord de l’île en 1974 et occupe depuis 37% du territoire total de Chypre, une zone dans laquelle vivait une part importante de la population chypriote grecque. Environ 200.000 Chypriotes grecs (40% de la population chypriote grecque totale) ont été chassés de leurs foyers dans les zones occupées et sont devenus des réfugiés dans leur propre pays. Ils furent dépossédés de leurs biens, qui furent distribués à des soldats et des colons turcs. L’altération démographique et la colonisation turque : Environ 110.000 colons turcs se sont installés dans les territoires occupés, alors que la population chypriote turque de souche est en constante diminution (de 120.000 personnes en 1974 elle s’est réduite à environ 90.000 aujourd’hui). Le résultat de cette situation est l’altération démographique de la population dans la partie septentrionale de Chypre. La destruction culturelle : Après l’invasion turque, l’on signale dans les zones occupées des destructions continues et systématiques du patrimoine culturel de Chypre, qui remonte à 9.000 ans.

Deleval : "...omet cependant de préciser que le rejet du plan Annan est celui des chypriotes grecs"

Le plan Annan, plan d’arbitrage n’est pas le fruit d’un accord bilatéral. Ce « Plan » précis, tel qu’il fut élaboré dans sa dernière version, a été rejeté lors d’un référendum (le 24 avril 2004), car il n’offrait pas de solutions satisfaisantes à certains aspects du problème, qui concernent principalement la sécurité et le fonctionnement de l’État chypriote unifié. De nombreux efforts ont été entrepris depuis 1974 dans le cadre des Nations Unies, particulièrement par l’intermédiaire du Secrétaire général, pour dégager une solution à la question chypriote. Ces tentatives échouaient en raison de l’intransigeance d’une part de la Turquie et d’autre part des dirigeants chypriotes turcs. Les parties turque et chypriote turque minaient tous les efforts du Secrétaire général allant dans le sens d’une solution basée sur une fédération bicommunautaire et bizonale, car leur objectif ultime était la partition de l’île..

Le fait que la partie chypriote grecque ait rejeté ce plan précis ne signifie pas qu’elle renonce à toute solution de la question chypriote. Tout au contraire, les Chypriotes grecs appellent de leurs voeux la réunification de l’île et soutiennent fortement la résolution du dossier par le biais des décisions de l’ONU, sur la base d’une fédération bizonale et bicommunautaire. Dans ce cadre, ils se sont déclarés prêts à poursuivre les négociations afin de trouver une solution globale, qui ferait l’objet d’un accord de la part des deux parties.

Rep. à Dal Chele : "...donnait à la Turquie le droit d’intervenir militairement si l’indépendance ou l’intégrité de Chypre était menacée"

Le remède plus mauvais que le mal. L’argument de la Turquie (repris par Dal Chele) de protéger l’intégrité de la République de Chypre, est que l’intervention à abouti à la division de l’île et la réduction du nombre des Chypriotes turcs de souche après l’occupation (de 120.000 personnes en 1974 elle s’est réduite à environ 90.000 aujourd’hui). Les chypriotes turcs sont devenue minoritaire dans la zone occupé avec une majorité de colons et militaires Turcs.

Environ 110.000 colons turcs se sont installés dans les territoires occupés. Ces chiffres montrent que les colons représentent une grande proportion (52% en 1993) de la population dans la partie de Chypre sous occupation turque, que s’est une proportion assez significative pour jouer un rôle décisif dans la vie politique et économique de Chypre (occupée), tandis qu’en même temps elle modifie la balance démographique de l’île. La présence turque dans la partie occupée est encore plus importante si l’on inclut également l’armée turque (35.000 hommes environ) et les familles des militaires. Environ 100.000 touristes turcs visitent la partie occupée chaque année et il est connu qu’un nombre important y reste comme résidents "illégaux".

Avec l’importation des colons, tout de suite après l’invasion, le prétexte allégué par Ankara pour envahir l’île fut d’affirmer que c’ était une "opération de paix" destiné à "protéger les Chypriotes turcs" et à "rétablir, l’ordre constitutionnel". Le but véritable de l’invasion et de l’occupation turque était en fait la réalisation de projets anciens fomontés par l’élite politico-militaire turque au détriment de Chypre.

Légitimité de l’occupation ? Le comportement de la Turquie ne se légitime pas par le comportement illégitime et fasciste des "Colonels" Grecque.

Commentaire "...Beaucoup de parti pris..." Son site et les articles de Reynald Beaufort sont bourré de contre vérités avec de parti pris et beaucoup de propagande Turc.


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Par Justin, le 20 janvier 2007

Merci de vos informations. A la lecture de ce blog mon opinion, jusqu’ici non tranchée, est faite. Dans les conditions actuelles je considère que l’adhésion de la Turquie à l’UE serait doublement criminelle. Criminelle contre l’existence meme des Chypriotes et criminelle contre les règles élémentaires de respect et de reconnaissance minimums de ses partenaires au sein de l’Union. Il apparait à votre lecture que la RTCN n’a aucune légitimité. Les colonies de peuplement Turques devraient etre demantelées. Je me demande meme comment l’UE a pu entammer des négociations sans poser ses conditions minimums ??


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Par Xavier, le 20 janvier 2007

Tant mieux si mon article vous a éclairé. Mais loin de moi, tout de même, la pensée que l’adhésion de la Turquie serait "criminelle". De toutes les manières, la Turquie n’entrera pas dans l’UE tant que les problèmes que vous mentionnez ne seront pas réglés. Je ne l’ai peut-être pas suffisamment souligné dans mon article, mais c’est effectivement aussi une question de respect du droit international.


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le 8 février 2007

Je trouve votre article d’une qualité remarquable et qui démontre bien que la Turquie s’est piégée elle-même, à se demander d’ailleurs si elle désire véritablement l’adhésion à l’UE...


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Par Michel Atalay, le 12 février 2007

Bonjour,

Votre article ne donne rien de neuf à part une redite des événements passés. Au lieu d’essayer de justifier les événements actuels, projetez vous dans l’avenir.

Vous oubliez de préciser que les chypriotes turcs se soint débarrasser de leur leader nationaliste Denktas qui a bloqué toutes les négociations depuis 1974.

Malheureusement, cet esprit de bloquage perdure du cote Chjypriote grecs sans cesse avec une volontée d’envenimer les relations turco-grecos-chypriotes.

A l’instar des allemands et des français qui ont fait une force de leur alliance notamment dans le cadre de l’UE, les chypriotes grecs et turcs auront à vivre ensemble trés longtemps. Si cet état d’esprit de vouloir se venger sur l’autre perdure, tout le monde va y perdre.

L’esprit de l’union européenne n’est pas basé sur le nationalisme d’un état, mais sur le partage.

Au delà de tous vos dires, ressort une triste réalités. Les chypriotes grecs ne veulent plus d’union et mette tout en place pour le bloquer.

C’est dommage, la paix ne se gagne pas ainsi

Michel


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Par BARRI, le 19 février 2007

REPONSE à Michel Atalay :

La triste réalités est en effet mal connaître votre sujet et la réalité sur Chypre. Le problème de Chypre est avant tout une affaire d’occupation militaire de 40% de son territoire par un autre pays la Turquie, qui à imposer son point de vue sur les chypriotes (turcophones). Donc Denktas gardait sa place selon si il servait les intérêts du gouvernement de la Turquie ou non. Pour pouvoir imposer ses intérêts par l’altération démographique et la colonisation par la Turquie, environ 110.000 colons turcs se sont installés dans les territoires occupés, alors que la population (turcophone) de souche chypriote est en constante diminution. LE JOURNALISTE CHYPRIOTE TURC SENER LEVENT écrit :"....pour cette raison la population dans la partie du nord de Chypre n’est plus la "communauté chypriote Turc", mais on peut plus tôt la qualifier en tant que "communauté de la Turquie". D’ailleurs, est plus juste cette qualification."

M.A. : "... L’esprit de l’union européenne n’est pas basé sur le nationalisme d’un état, mais sur le partage..."

Vous ne pouvez pas parler d’acte "nationaliste" le refus d’un plan raciste qui divisait plus qui unissait les chypriotes.

M.A. : "... Au lieu d’essayer de justifier les événements actuels, projetez vous dans l’avenir..."

Malheureusement les toutes dernières initiatives de négociation entreprit par les deux communautés sous l’hospice de N.U. sont bloqué à nouveau par la Turquie.


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Par Michel Atalay, le 23 février 2007

Je me permets de vous réexpliquer mon point de vue : C’est vers l’avenir qu’il faut se tourner et non pas vers le passé.

Le problème est que votre esprit reste encore en 1974 avec l’opération militaiure turque.

Je vous donne un exemple concret plus proche de nous. Les allemands et les français ne vivent plus pendant la 2nd guerre mondiale. Ils ont été capables de se remettre ensemble et ont construit l’Union Européenne.

Mon point de vu est qu’il ne faut pas ni du cote turc ni du cote chypriote mettre des batons dans l’unification de l’ile. Les turcs se sont débarrassé de leur denktash , aux chypriotes grecs de se debarraser de Papadopoulos !

Arretons de ruminer le passé et de vouloir se venger et d’essayer d’humilier son voisin. Car ce qui est sur, c’est que chypriotes grecs et turcs vont encore vivrent trés longtemps cotes à cotes ... A nous de préparer l’avenir ...

Cdt

Michel Atalay


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Par steph, le 24 février 2007

Je lis vos commentaires, et suis tres surpris : 1) 1974, les généraix grecs ont envahi l ile, l armée turque est venue se défendre 2) la population chyrpriote turque qui a défendu les villages est toujours en vie, et elle est toujours touchée, parce que la guerre et les morts, cela marque un homme pour la vie 3) et les jeunes générations la dedans : ils veulent pouvoir aller dans toute l ile pour faire la fete. si les adultes pouvaient régler leurs pbs, et comprendre qu un enfant a besoin de paix et de regarder loin

4) pour les grands regardez qu a nouveau ce sont des questions d’argent : terrains, pétrole, casino, finance, pavillons pour les bateaux,


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Par COLPIN Didier, le 17 décembre 2007

EUROPE ET TURQUIE

- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejeté ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion … Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.

- Commençons par les géographiques. La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ? Evident, non…

- Frontières culturelles. Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement… Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité. Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire ! Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c’est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées : Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien). A l’ouest, évidement l’atlantique. Au nord/est le Rhin et le Danube. Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-) Au sud/est le Tigre et l’Euphrate. Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire). Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne ! Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors. Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c’est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche… Relativité des concepts, disions-nous… Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…

- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative ! Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas… Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier


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Par Astérix, le 19 décembre 2007

Oui à la Turquie afin de ne pas décevoir Kadhafi : L’Islam ou la Guerre. .

Kadhafi, le 10 avril 2006 à Tombouctou :

“ Tout le monde doit devenir musulman. Aujourd’hui, ici, à Tombouctou, nous rectifions l’histoire. Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe : sans épées, sans fusils, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe : l’Europe subit notre prosélytisme, tout comme l’Amérique. Elle a le choix de devenir musulmane ou de déclarer la guerre aux musulmans.”

C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns ; -ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle- mais à condition qu’ils restent une minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même et avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. [… ]Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans qui, demain, seront vingt millions et après-demain quarante. Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-Églises, mais Colombey-les-deux-Mosquées !” (De Gaulle Cité par A. Peyrefitte. C’était de Gaulle. Ed Gallimard, 2000)

Bruxelles et la France préfèrent se coucher

Astérix


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le 8 avril 2008

La Commission estime que la Turquie répond suffisamment aux critères politiques de Copenhague...mais : on a toujours la question chypriote et kurde, les droits de l’homme (penal, liberte d’expression,religieuse etc...)....alors ?????


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