logo Slogan Euros du Village

logo Netvibes Euros du Village
logo EurosBlogs
rss Euros du Village
  NewsLetter 

EUROPE - TURQUIE : Je t’aime, moi non plus

L’horizon de ce pays de 70 millions de citoyens porte-il le nom "d’Europe ?"

Quand les Turcs rêvent d’Europe, ils imaginent une vie meilleure. Une vie où les 10,3% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté (rapport 2002 du PNUD), soit avec moins de 2 dollars par jour, seraient moins pauvres. Les Kurdes, eux, se voient déjà avec la même autonomie administrative que celle de leurs cousins d’Irak. De leur côté, les hommes d’affaires préparent de grands projets pour inciter les voisins européens à investir en Turquie. Quant aux étudiants, ils savourent déjà leurs futurs voyages… L’horizon de ce pays de 70 millions de citoyens porte donc un nom : Europe.

Cela fait bientôt cinquante ans que la Turquie souhaite s’associer à l’Union européenne. Et que de chemin parcouru, depuis, pour se moderniser et obtenir le statut officiel de candidat en 1999.

Mais, qui, aujourd’hui est encore prêt à faire les sacrifices, toujours plus difficiles, réclamés par les Européens ? Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre, lui, se sent d’attaque. Pour l’islamiste modéré qu’il est, l’Union européenne offre un système beaucoup plus souple en matière de liberté religieuse que la laïcité « à la turque » héritée de Mustafa Kemal. Mais, à part lui, que la fibre européenne ne quitte jamais, les autres se lassent. Ses concitoyens qui pensent que l’adhésion de leur pays est « une bonne chose » se font chaque année de moins en moins nombreux. Même s’ils représentent encore plus de la moitié des Turcs (voir notre encadré), beaucoup dans leurs rangs n’hésitent plus à exprimer leur ressentiment vis-à-vis d’une Europe ingrate.

Mise en garde

Ünal Bozkurt est directeur d’une école à Izmir, où le français est enseigné comme première langue de la maternelle jusqu’à la fin du collège. L’objet de son désarroi : la méfiance des Français vis-à-vis de son pays. « Chaque année, nous mettons en place des correspondances avec des classes françaises. Mais je suis toujours obligé de faire le premier pas. Et puis dès qu’il s’agit de faire venir les élèves français chez nous, problèmes administratifs ou financiers se posent et finalement les voyages ne se font jamais. Pourtant, ce serait la meilleure occasion d’apprendre à mieux se connaître. Je suis certain qu’avec d’autres pays comme l’Allemagne ou l’Italie, tout est beaucoup plus facile. » Et ce coup de gueule sonne un peu comme une mise en garde. « Nous, les Turcs, on veut bien frapper à la porte, mais s’il n’y a personne pour l’ouvrir, il y a de quoi se décourager. Les Européens avancent avec des œillères et ils ne voient pas qu’ils ont face à eux un pays sentimental. » Traduction : les dirigeants européens doivent faire attention à ne pas vexer le peuple turc. L’adhésion de Chypre à l’UE en mai 2004 avait déjà créé quelques réactions d’amour propre en terre turque, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour définitivement attiser les susceptibilités.

Pour l’instant, il ne s’agit pas de parler de rejet, mais c’est un fait, la confiance en l’Union européenne s’érode. Même sur les campus, à force de voir que les opinions publiques européennes sont hostiles à la Turquie, le sentiment pro-européen des étudiants vacille. Réponse simple à ce jeu de « Je t’aime, moi non plus » : « De toute manière on n’a pas besoin de l’Union européenne. On peut bien se débrouiller sans elle. » Onur vient de commencer un master d’ingénieur en bâtiment dans une université stambouliote. Et son argumentaire sur la question européenne est bien rodé. « On nous dit qu’on sera moins pauvres si on entre dans l’Union européenne. Très bien mais en ce moment les pays européens sont déjà largement préoccupés par leurs chômeurs et ne cessent de réclamer un réaménagement du système des subventions. Je ne vois pas bien où ils iraient trouver l’argent pour nous aider… » La discussion pourrait s’arrêter là.

Renoncer à Atatürk

Pourtant, la ligne de défense du jeune étudiant est celle adoptée par les irréductibles, nombreux, du système kémaliste en Turquie. « On voit déjà ce que signifie l’Union européenne dans le cadre de l’union douanière : encore et toujours des privatisations (transports et énergie, notamment). » Or, l’interventionnisme de l’Etat dans l’économie fut un des principes de base mis en place par le « Père des Turcs ». Autre principe, non moins important, brandit par les opposants à l’entrée dans l’UE : l’unité nationale. Entendons : nationalisme. « Qui sont les Européens pour venir nous dire comment on doit régler un soi-disant problème kurde ? » Car, pour Onur, le « problème kurde » n’existe pas. Seul celui du « terrorisme kurde » mérité d’être examiné.

Et c’est peut-être là le plus grand défi qui se présente aux Turcs. Bercée dès leur enfance dans le culte du père fondateur de la République – chaque salle de classe doit disposer d’un « coin Atatürk », les jeunes élèves apprennent par cœur les paroles les plus célèbres de Mustafa Kemal etc. –, ils ne semblent pas prêts à renoncer aux valeurs qui fondent leur République. Et le jeu en vaut-il vraiment la peine ? Certains ne se posent même plus la question. Entre les défenseurs déçus du projet européen, ses opposants toujours plus nombreux, c’est désormais l’indifférence qui, insidieusement, gagne la société turque. « Moi, je vais vous le dire franchement. Qu’on y entre ou qu’on y entre pas, je m’en fous. Qu’est-ce que ça changera pour moi ? » La franchise de Semra, bibliothécaire, est déroutante, mais elle a un air de déjà-entendu.

Espace réactions(3)

ds EUROPE - TURQUIE : Je t’aime, moi non plus



Par andi, 7 juillet 2008

Juste pour precision, le "centre du monde " de l’Empire Romain ne s’appellait pas "la Grande mer" mais "Mare Nostrum"...j’espre que tu pourra le traduire du latin car t’es européen, non ?

Concernant ton opinion par rapport a la question de l’adhésion turque il faut bien comprondre que les arguments historiques et geographiques sont trés flous et ne peuvent peut etre considerés comme des arguments forts. Ce qui compte est de savoir quel est notre projet aujourd’hui pour l’Europe. L’Europe est encore en train d’etre batie et on doit essayer de lui donner une forme. Moi je veut pas une Europe Chretienne ni une Europe Economique,(tel qu’elle est maintenant), une Europe faschiste et denigrante

Si les turques respectent l’etat de droit et s’engagent de colaborer avec l’Europe alors pourqoui pas ? On va dire NON juste par principe ? Parce que ils sont musulmans et qu’ils était nos ennemis il y a des siecles ?!!! Nous les européens on parle toujours d’egalité entre hommes et des droits...alors ?

Fin comme j’ai deja dit, chaqun de nous a le droit de penser l’Europe d’une facon ou d’une autre et de tout maniere des fachistes il y aura toujours.

ds EUROPE - TURQUIE : Je t’aime, moi non plus



Par O’Connolly, 7 juillet 2008

Franchement vos discussions me font de la peine. Des que quelqu un a une position affirmee et saine, comme par exemple le refus de voir la Turquie dans un espace europeen, il est considere comme Fasciste. C’est un Mot sidérant ; qui exprime une forme politique d’autant plus vigoureusement combattue par l’Establishment qu’elle a disparu de la scène politique européenne depuis 1945 ; « fasciste » désigne aujourd’hui toute personne qui n’adhère pas à l’idéologie dominante ou toute autorité qui ne découle pas du système marchand. Votre systeme europeen pseudo democratique ou l’on ne jure que par l’espace Schengen vide de toute symbolique me fait de la peine.... (Un electeur irlandais)

ds EUROPE - TURQUIE : Je t’aime, moi non plus



Par colpin didier, 15 décembre 2007

EUROPE ET TURQUIE

- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejeté ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion … Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.

- Commençons par les géographiques. La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ? Evident, non…

- Frontières culturelles. Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement… Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité. Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire ! Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c’est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées : Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien). A l’ouest, évidement l’atlantique. Au nord/est le Rhin et le Danube. Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-) Au sud/est le Tigre et l’Euphrate. Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire). Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne ! Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors. Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c’est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche… Relativité des concepts, disions-nous… Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…

- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative ! Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas… Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier

ds EUROPE - TURQUIE : Je t’aime, moi non plus



Par 124587, 25 décembre 2007

avant de vouloir ,te la jouer ,homme d opinion , pourquoi , n essairais tu pas de nous faire un recit simple , ou tu pourrais simplement ,nous ecrire ,que tu ne sais pas pourquoi, mais tu n’aime pas l idee de voir la turquie en europe , au lieu de nous faire un copier coller de ce fachiste ,qu’est alexandre devalle ,c est vraiment trop nul !

ds Réagir



Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

7 octobre 2005

Par Emilie BONNAUD

A voir également