

A l’occasion des 50 ans du Traité de Rome, les "Euros du Village" poursuivent leur série d’entretiens avec les acteurs de premier plan de l’Europe d’aujourd’hui. Cette semaine, Jean-Louis Bourlanges, député européen, conseiller de François Bayrou, est notre invité. Loin des discours tout faits et creux sur l’avenir du continent, celui-ci avance des solutions particulièrement concrètes. Loin des "y’a qu’à - faut qu’on" Jean-Louis Bourlanges avance des idées très pragmatiques sans se faire d’illusion sur les difficultés d’avancer à 27 et la nécessité de renouer avec la logique du "qui m’aime me suive"...
"Que l’Europe contribue positivement, efficacement à la survie de l’humanité". C’est par ces mots forts que Jean-Louis Bourlanges, député européen membre de la Commission des affaires constitutionnelles au parlement européen, vice-président de l’UDF, a choisi de conclure l’entretien qu’il nous a accordé. 15 minutes riches de réflexions, d’enseignements. Notre invité est de ces Européens convaincus qui portent l’intérêt général en bandoulière. Brillant politologue, député européen parmi les plus influents et les plus en vue à Bruxelles, il avait pris l’issue du référendum en France comme une véritable claque et ne cachait pas alors son pessimisme. Mais cet homme de convictions, qui a notamment été président du Mouvement européen France, a choisi de ne pas baisser les bras et de se montrer combatif.
Jean-Louis Bourlanges estime qu’"il y a une menace. L’Europe a toujours fonctionné par le mouvement et dès lors qu’elle s’arrête, il y a un risque de recul."
"Les Français ont dit non au fait de ne pas savoir ce que l’on veut. L’idée, c’est la clarification : les frontiètres, les rôles, les institutions. (...) Les Français n’ont pas dit non à l’Europe, mais au fait de ne pas savoir ce que cela fait et ce que cela ne fait pas".
Pour lui, "dans le cadre d’une Europe à 27, il ne sera pas possible de redéfinir une Europe vraiment ambitieuse. (...) Si l’on veut aller plus loin, il faut que ceux qui veulent aller vite ne règlent pas leur ambition sur les autres".
Ainsi, face aux compétences limitées de l’Europe, les Etats qui le souhaitent devraient pouvoir déléguer davantage de compétences à l’Union Européenne. En effet, il n’y a "qu’à se baisser pour ramasser les comptences possibles", "le champ des compétences possibles étant immense". Et cela demande un "petit d’effort d’imagination et de provocation".
Et il y a une condition essentielle à tout cela : "Si la France et l’Allemagne sont d’accord, on pourra repartir de l’avant", mais "sont-elles désireuses de relancer le mouvement" ?
Il est l’un de ces rares hommes politiques à porter une vision globale pour l’Europe, à mettre en avant les voies de sorties possibles, imaginables compte tenu des intérêts en présence, plutôt que le tableau que lui-même se ferait d’une Union idéale.
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