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L’INVITEE : Vaira VIKE FREIBERGA, Présidente de Lettonie (Podcast Video)


L'INVITEE : Vaira VIKE FREIBERGA, Présidente de Lettonie (Podcast Video)

Les Européens ont-ils peur de l’avenir ? Interview exclusive d’une chef d’Etat engagée.

8 mars 2007, Par Xavier LE DEN, Pascal COLSON

Pour ce 8 mars, nous donnons la parole à une femme exceptionnelle, chef d’Etat influente d’un nouvel Etat membre de l’Union Européenne. C’est avec une franchise rare que la Présidente de la République de Lettonie, Vaira Vike-Freiberga, se confie aux Euros du Village. Répondant à nos questions, elle se fait tour à tour psychologue au chevet des Français et Hollandais qui ont rejeté par référendum le traité constitutionnel, puis citoyenne d’une ancienne république soviétique que porte un vent d’espoir.

Sur le double rejet du traité constitutionnel, la psychologue diplômée de l’Université de McGill, au Canada, nous livre son diagnostique : "Ils disent non, mais pourquoi ? Ils disent non, mais à quoi ? Parce que ce n’est pas clair (…). Monsieur Védrine parlait de cette anxiété, mais anxiété à propos de quoi ? Parce que moi en tant que psychologue je connais une anxiété diffuse. Ca, je regrette de le dire, c’est une anxiété névrosée, c’est une névrose."


Elle poursuit : "Des anxiétés concrètes, précises, qui sont fondées par une situation réelle, c’est autre chose. Pour moi, il me semble que ce serait sain, ce serait une bonne idée de sortir de cette anxiété diffuse, qui est incapable de solution. J’ai déjà assez vu de névrosés dans ma vie pour savoir qu’une névrose ça se nourrit de soi même. Ca ne se guérit pas de tout seul. Il faut absolument cerner, il faut cerner la cause, d’où ça vient, c’est quoi qui fait peur". Puis, expliquant sa confiance en l’avenir de la construction européenne, elle remet cette dernière en perspective avec une autre union, l’Union soviétique : "Les gens qui ont vécu cette autre union ont une perspective toute autre. Ils savent à quel point une union peut être néfaste et faire du tord et à quel point l’Union européenne offre des possibilités, du potentiel, mais qu’il s’agit bien sûr de réaliser". C’est donc un message très positif que nous adresse la Présidente de la République de Lettonie, un remède à la morosité ambiante !

Portrait

Née à Riga en 1937, à la veille d’un conflit qui allait secouer l’Europe et son pays, Veira Vike-Freiberga grandit au Maroc jusqu’à l’âge de 16 ans, puis au Canada où elle accomplit de brillantes études et obtient en 1965 un doctorat en psychologie à l’Université McGill. Elle enseigne par la suite à l’Université de Montréal, jusqu’en 1998. Vice-Présidente du Conseil Scientifique du Canada et de nombreuses autres organisations de sciences sociales, elle mène notamment des recherches sur la littérature et la culture populaire lettones. En 1998, elle retourne dans son pays natal pour prendre la tête l’Institut de Lettonie, consacré à la diffusion de la culture lettone et, une année plus tard, elle est élue Président de la République de Lettonie. Surtout active sur la scène internationale, son action politique correspond néanmoins au redressement spectaculaire de son pays, qui rejoint l’UE et l’OTAN en 2004. Elle termine actuellement un second mandat. En 2006, elle est candidate au poste de Sécrétaire Général de l’ONU, néanmoins bloquée par la Russie. Fervent défenseur de la francophonie, Veira Vike-Freiberga est l’auteur de nombreux ouvrages, dont un "Dictionnaire des mots les plus fréquents du Français".





© Euros du Village ASBL




Espace réactions (9)

Par TyrandO, le 9 mars 2007

Enfin !!!

Merci Madame la Présidente pour vos propos très clairs !

Ça fait longtemps que j’espérais entrendre un jour que le "non" français relève plus d’une névrose collective que d’un choix rationnel.

L’UE devrait s’appuyer d’avantage sur les républiques baltes !


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Par pexi, le 12 mars 2007

Il faudrait la faire écouter au PS français et plus particulièrement à Melanchon qui a un avis avisé sur les pays baltes.


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Par wax, le 12 mars 2007

Merci de me traiter de névrosé, moi qui ai voté non avec conviction alors que je suis réellement pro-européen. Je n’ai pas à dire oui à une constituion qui ne me plait pas. Ce serait de l’inconscience. Et ce n’est pas en m’insultant de la sorte que Mme Vike Freiberga arrivera à me faire changer d’avis.

Si aujourd’hui on me donne à nouveau l’occasion de voter pour ou contre, je recommencerai. J’ai assisté à des prises de paroles de représentants politiques allemands à ce sujet, et non, je ne changerai pas.

Ce texte est mal fichu, c’est de la faute des rédacteurs. Qu’on ne vienne pas me râler dessus lorsque j’exerce mon droit le plus fondamental, alors que tant d’autres pays ont préféré dire "oui" par leurs assemblées (les espagnols ont voté pour, très bien pour eux !). Une honte !


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Par Olivier, le 15 mars 2007

C’est comme moi : je suis réellement de gauche et je vais voter Sarkozy pour qu’il punisse les gens de gauche qui ont voté non. Et personne ne m’empêchera de soutenir cette Constitution...


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Par Grégory, le 12 mars 2007

Il y a beaucoup à dire sur la sympathique Vera, l’évolution actuelle de la Lettonie et des absences très génantes de l’UE sur certaines remontées nauséabondes :

http://www.voltairenet.org/article16561.html ?var_recherche=FREIBERGA ?var_recherche=FREIBERGA

A la triste cohorte d’anti Voltaire : ne vous génez pas pour critiquer l’article mais de grace, en citant vos sources. Le débat est trop grave pour le réduire aux opinions.


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Par Grégory, le 12 mars 2007

Je corrige le lien, pardon : http://www.voltairenet.org/article16561.html


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Par MariLou404, le 13 mars 2007

Encore une fois un article du réseau voltaire qui n’est qu’un tissu de mensonges...

Par exemple sur les 9 arrestations, c’était même plus que des radicaux pro-russes, c’était des nazbol ! (militants du parti national bolchevique de Limonov qui a pour emblème le mélange entre le drapeau de l’URSS et le drapeau nazi... tout un programme).

Est ce que les pays baltes viennent accusé la France de soutenir l’occupation soviétique quand elle honore la mémoire des français qui se battaient dans l’armée de Staline ? Je rappelle que dans cette région tout le monde a de la famille qui a été déporté en Sibérie à risquer la mort les pieds bouffés par les rats...

Pire que ça, j’ai vu des meetings du non où flottait des drapeaux de Lénine sans que personne ne trouve ça choquant... Alors c’est quand même très hypocrite de s’offusquer d’une manifestation d’ancien combattant très controversé qui n’a pas rassemblé grand monde...

signé : un mec qui était dans le coin à l’époque et donc bien placé pour qualifier cet article de ramassis de c..

PS : c’est gonflé d’exiger des sources quand les seules sources que donne le réseau voltaire sur Vika Freiberg sont des textes du réseau Voltaire...


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Par Mathieu - Euros du Village, le 13 mars 2007

Nombre de réactions de lecteurs français, publiées ici ou sur le blog de Jean Quatremer, qui a relayé cette interview, sont agressives vis à vis des propos de Madame Vike-Freiberga. Mais n’oublions pas de mettre les choses en perspective : les propos quant au plombier polonais ou l’indifférence, voire le mépris parfois manifesté à l’égard des peuples de l’est ("ils ont raté une bonne occasion de se taire") tenaient du racisme ou d’un sentiment de supériorité détestable... Ce n’est pas du tout le cas de Mme Vike-Freiberga : elle constate l’existence d’une névrose, d’angoisse quant à la façon dont la France (et peut etre plus encore les Pays-Bas) envisage l’avenir et les grands défis qui lui sont posés. Les Français sont partagés entre deux options, alors qu’ils se croient encore être l’un des phares du monde : soit continuer à essayer de briller seuls, ce qui revient à être réduits à une petite lueur peu signifiante, soit conserver ce statut, voire le renforcer, mais en partageant ce prestige avec le reste du continent... Il est clair qu’il y a de quoi être plongé dans le doute et l’anxiété... et être tentés de se voiler la face... D’ailleurs, à ce propos, les "Euros du Village" publieront très bientôt (fin mars - début avril) une interview vidéo d’Hubert Védrine, qui prend le contrepied non pas des propos de Mme Vike-Freiberga, mais de leur tonalité : une posture peu encline au retour sur soi, ni au doute, une arrogance sensible et le constat que l’Union Européenne marche toujours, comme si elle était intrinsèquement réduite à la gestion des affaires courantes et n’avait pas eu besoin des rejets de la Constitution dans deux Etats membres pour s’enfoncer.

Je rappelle enfin que le rôle d’Euros du Village n’est pas de défendre une vision de l’Europe plutôt qu’une autre : son objectif, par les choix éditoriaux et les thèmes traités, est de montrer que l’Europe est un fait, une réalité, qu’elle est complexe et diverse.

Il serait temps que les personnes plus attachées à l’intérêt immédiat de leur Nation - et de leur propre personne ?- voient enfin les choses en perspective, l’intérêt général à moyen et long terme, bref ce qu’on appelle une vision. Peut-être auront-elles compris cela le jour où elles saisiront vraiment que le monde n’a pas besoin d’elles pour avancer.


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Par anonyme , le 19 septembre 2007

tre bienn cete argument


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