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LES BALKANS OCCIDENTAUX : Un parcours vers l’Union Européenne semé d’embûches

23 novembre 2007 | Par Vera Kissler
A mon avis les intérêts de la Serbie ne devraient pas différer des intérêts d’autres pays candidats à cet égard. D’abord, il convient de noter qu’il n’y a pas homogénéisation des conditions sociales au sein de l’Union européenne, comme le montre une simple comparaison entre la Suède et le Royaume Uni ou la Slovaquie par exemple. L’Union n’a pas de réelles compétences en matière de politique sociale. Néanmoins, elle a pu exercer une grande influence sur les conditions de travail, sur la santé des travailleurs, l’égalité des hommes et des femmes, le droit du travail ou la lutte contre les discriminations dans les Etats membres. Au cours des négociations pour un traité d’adhésion, chaque pays candidat doit (...)

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Les Balkans occidentaux sur la voie de l’UE : renforcer la stabilité et la prospérité (PDF)
Communication de la Commission européenne - Site offciel
Parlement européen - Fiches pratiques
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Balkans occidentaux : L’Union européenne peut favoriser l’intégration - Le Soir (10 mars 2006)
Site officiel de Notre Europe


LES BALKANS OCCIDENTAUX : Un parcours vers l’Union Européenne semé d’embûches


LES BALKANS OCCIDENTAUX : Un parcours vers l'Union Européenne semé d'embûches

La stratégie classique d’adhésion de l’Union Européenne en question

10 avril 2007, Par Vera KISSLER

On considère souvent l’élargissement comme l’instrument politique le plus efficace de l’ Union Européenne. Or l’Article 49 du Traité sur l’Union Européenne garantit un droit d’adhésion à chaque Etat d’Europe respectant le principe de démocratie : Faisant indiscutablement partie de l’Europe, les pays des Balkans occidentaux - à savoir la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine et l’Albanie - ont aujourd’hui clairement pour objectif d’intégrer l’Union. Cependant, leur passé mouvementé a dressé bien des obstacles à surmonter, qui imposent de mettre en œuvre des réformes profondes. Que fait l’Union pour préparer ces pays à leur adhésion et la leur faciliter ? La stratégie appliquée lors du dernier élargissement est-elle adaptée aux spécificités de la région ?

Les aides européennes de stabilisation et de préadhésion

La perspective d’adhésion à l’UE a été sans aucun doute un moteur essentiel de réformes dans les Balkans occidentaux ces dernières années. La stratégie adoptée par l’Union a pour objectif la stabilisation, la transition rapide à une économie de marché opérationnelle ainsi que le soutien à la coopération régionale. Ainsi, la contribution de l’Union au Pacte de Stabilité de 1999 a consisté à élaborer un processus de stabilisation et d’association spécifique aux Balkans et à envisager pour la première fois la possibilité d’une adhésion complète. Au centre de ce processus se trouve la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association dès qu’un Etat a réalisé les réformes économiques et juridiques qui s’imposent. Un rapport contractuel s’engage alors, au sein duquel les pays continuent d’avancer et bénéficient du soutien de l’UE sous forme d’ouverture de marchés et d’aides financières.

Lancé il y a six ans par l’Union en faveur des Balkans, le programme CARDS permet de financer des mesures touchant à des domaines aussi variés que la justice, la sécurité, le développement économique et social, la stabilisation de la démocratie, l’écologie ou l’administration. Depuis que le programme a été mis sur pied, ce sont quelques 5,4 milliards d’Euros qui ont été débloqués en direction des Balkans occidentaux.

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a Croatie, candidate à l’adhésion à l’Union Européenne
A Zaghreb, le drapeau européen flotte déjà près du drapeau national.

Jusqu’à aujourd’hui, aucun accord de stabilisation et d’association n’a encore été signé avec la Serbie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine – les négociations sont encore en cours, celles avec la Serbie ont à vrai dire été suspendues. Des négociations d’adhésion ont été entamées en octobre 2005 avec la Croatie qui, par là même, est le pays en meilleure passe d’adhérer à l’Union dont elle touche d’ores et déjà les aides classiques à l’adhésion dans le cadre des programmes Phare, ISPA et SAPARD. La Macédoine peut quant à elle également espérer une adhésion prochaine puisque, depuis décembre 2005, le pays dispose du statut de candidat à l’adhésion.

Un nouvel instrument d’aide à l’intégration a été créé cette année, l’IAP. Il s’adresse tant aux pays ayant le statut de candidats qu’à de potentiels pays adhérents, remplaçant ainsi les programmes CARDS, Phare, ISPA et SAPARD.

Un bilan mitigé dû à des problèmes internes

Malgré les efforts colossaux engagés par les Balkans et en dépit des aides européennes, le bilan actuel reste mitigé. Ces Etats restent en effet à bien des égards en net recul, comparés aux PECO (pays d’Europe centrale et orientale) par exemple. Même la Commission Européenne reconnaît que la métamorphose de ces pays représente un défi singulier dans la mesure où ceux-ci disposent de faibles appareils étatiques et que leurs sociétés sont profondément divisées. Voilà d’ailleurs deux obstacles essentiels qu’ils auront à écarter avant de pouvoir intégrer l’Union. Toutefois, il est important de souligner que le défi à relever ici n’a pas la même ampleur selon les pays.

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Campagne pour l’Union Européenne dans les rues du Kosovo
Le statut incertain du Kosovo est l’un des plus grands défis du processus d’intégration (Source : euinkosovo.org)

La question du futur statut de la province du Kosovo demeure aujourd’hui encore un nœud gordien. Ni la Bosnie-Herzégovine ni la Serbie ni le Monténégro ne semblent être encore parvenus à leur statut définitif. Même la Macédoine, qui faisait pourtant figure d’exemple de coexistence pacifique entre des groupes ethniques anciennement ennemis, a subi en 2000-2001 une série de révoltes de la minorité albanaise. Des tensions nationalistes latentes subsistent donc dans les Balkans occidentaux.

Les Etats courent le risque de voir les extrêmes arriver au sein de leurs gouvernements respectifs, leurs institutions n’ont souvent que peu d’autorité, corruption et criminalité sont monnaie courante et les sociétés civiles restent peu formées. La situation économique n’est donc pas le seul facteur de distinction entre les Balkans et les pays candidats au dernier élargissement. En effet, ce sont des critères fondamentaux de l’Union Européenne qui sont touchés ici : la Démocratie, l’Etat de Droit, la coopération avec les tribunaux internationaux.

L’UE co-responsable des timides avancées ?

On peut cependant se poser la question d’éventuelles erreurs stratégiques commises par l’Union Européenne dans sa gestion des relations avec les Balkans occidentaux.

Il s’agit en fait de tenter de savoir si la stratégie dite classique d’adhésion peut être appliquée à cette région ou si, au contraire, cette situation spécifique requiert une nouvelle approche. On constate par exemple que le « nation building » occupe une place beaucoup trop restreinte dans les préparations à l’adhésion. En outre, certains reprochent à l’UE d’aborder les choses de manière trop technocratique et de trop se concentrer sur l’adoption par les pays des acquis communautaires, occultant d’autres avancées non moins importantes. Le défi à relever dans les Balkans ne consiste pas seulement en effet à faire passer des réformes démocratiques spécifiques, mais fondamentalement à mettre en place des Etats stables et des sociétés civiles viables.

La stratégie européenne se base sur une concurrence prétendument féconde entre les pays, qui s’avère finalement être souvent un obstacle pour la coopération régionale. Déceptions et envie sont ainsi attisées ce qui, précisément dans les Balkans, peut être contre-productif pour le développement et la stabilisation espérés.

On voit donc que, toute nécessaire qu’elle soit, la perspective d’une adhésion n’en reste pas moins une condition insuffisante pour le succès des réformes dans les Etats de l’Ouest des Balkans. L’intégration européenne peut et doit jouer ici un rôle de catalyseur, sans susciter de réactions négatives ni risquer une déstabilisation. Cet élargissement singulier auquel l’Union Européenne va devoir faire face constitue un grand défi à relever. Et si elle réussit, ce sera pour elle l’occasion de prouver la force du rêve européen.


(Illustrations : drapeau (copyright : AP) / paneau de campagne UE (copyright : euinkosovo.org)





© Euros du Village ASBL




Espace réactions (7)

Par Sébastien Lagorce, le 12 avril 2007

Quel peut-être l’impact de la victoire des ultra-nationalistes aux élections législatives de Janvier 2007 en Serbie pour la Serbie, le Kosovo, et l’intégration européenne ?

Ce résultat électoral peut-il réveiller le sentiment européen ? Peut-il "coaliser" des forces politiques trop divisées pour pouvoir affirmer une véritable politique volontariste ?

Merci

Sébastien Lagorce


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Par Vera Kissler, le 15 avril 2007

Merci pour vos questions. Pour l’instant les négociations pour former un nouveau gouvernement serbe n’ont toujours pas abouti, il est donc difficile à prévoir quel sera l’impact du score des ultranationalistes. Je ne parlerais pas d’une victoire des ultranationalistes, puisque ce sont quand même les partis libéraux et pro-européens qui ont obtenu la majorité des voix, les ultranationalistes ne sont plus que la troisième force. Une coalition entre les ultranationalistes (DSS) et deux partis libéraux (DS et G17) est envisagée, mais le dossier du Kosovo et la position ferme du Premier Ministre Koštunica (DSS) rendent bien évidemment difficile les négociations. Pour l’instant la vie politique est paralysée, et vous avez raison de poser la question de savoir si les forces politiques en Serbie ne sont pas trop divisées pour pouvoir mener une politique déterminée qui va bénéficier au pays.


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Par CL, le 27 octobre 2007

Quels sont les intérets de l’Union Européenne à faire entrer la Serbie ?


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Par Vera Kissler, le 28 octobre 2007

L’Union a un intérêt à stabiliser cette région qui est toujours marquée par des conflits plus ou moins sous-jacents. La réconciliation franco-allemande illustre bien la force que l’intégration economique peut développer pour l’intégration politique. On ne peut pas concevoir la stabilisation des Balkans occidentaux en laissant la Serbie de côté.


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Par CL, le 28 octobre 2007

Merci beaucoup ! Bien à vous. Charlotte Lebas


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Par CL, le 23 novembre 2007

Bonjour, Je souhaiterais que vous répondiez à cette question : Quels sont les intérêts sociaux de la Serbie, si celle-ci entre dans l’Union Européenne ? Une harmonisation des législations du travail et de la protection sociale ? Merci d’avance pour votre réponse !


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Par Vera Kissler, le 23 novembre 2007

A mon avis les intérêts de la Serbie ne devraient pas différer des intérêts d’autres pays candidats à cet égard.

D’abord, il convient de noter qu’il n’y a pas homogénéisation des conditions sociales au sein de l’Union européenne, comme le montre une simple comparaison entre la Suède et le Royaume Uni ou la Slovaquie par exemple. L’Union n’a pas de réelles compétences en matière de politique sociale.

Néanmoins, elle a pu exercer une grande influence sur les conditions de travail, sur la santé des travailleurs, l’égalité des hommes et des femmes, le droit du travail ou la lutte contre les discriminations dans les Etats membres.

Au cours des négociations pour un traité d’adhésion, chaque pays candidat doit reprendre cet "acquis communautaire" (directives etc.).

Une fois entrée dans l’Union, la Serbie pourrait également participer au Fonds social européen (FSE) qui finance des actions destinées à former les personnes et à accroître leur employabilité.

Outre cela, la méthode ouverte de coordination consiste pour les Etats membres à se fixer des objectifs communs et à échanger des bonnes pratiques en matière de politique sociale. C’est une méthode assez souple, qui n’a rien de contraignant.

J’espère avoir répondu à votre question.


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