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La présidence britannique essuie des critiques de la part de VGE

Le point également sur ce qu’est la présidence du Conseil

Dans une interview donnée à la BBC le jeudi 22 septembre, Valéry Giscard d’Estaing, qui a présidé la Convention sur l’avenir de l’Europe, s’est interrogé sur ce qu’avait accompli la Présidence britannique depuis le 1er juillet. « Pratiquement, très peu » a-t-il répondu.

Même si M. Giscard d’Estaing a indiqué que ceci est plus le fait du système de présidence tournante que du gouvernement de Tony Blair, il a alimenté les critiques faites à l’encontre de Londres face à son manque de résultats concernant les perspectives financières de l’UE et l’avenir du texte constitutionnel. Londres a rétorqué que ces critiques n’avaient pas lieu d’être et que sur le dossier très important des négociations d’adhésion avec la Turquie, la Présidence britannique avait assuré que les discussions démarrent en temps voulu.

S’il faut reconnaître que la Grande-Bretagne a pris la Présidence du Conseil de l’UE à un bien mauvais moment (attentat à Londres début juillet, pause estivale pour les institutions européennes, paralysie du pouvoir en Allemagne à l’approche et à la suite des élections législatives), on ne doit pas être totalement surpris au regard des préférences traditionnelles du Royaume-Uni pour certaines dimensions de la construction européenne plutôt que d’autres. En effet, si l’on considère que l’UE se construit d’une part par l’approfondissement (accroissement des domaines qui relèvent des compétences de l’UE), d’autre part par l’achèvement (c’est-à-dire l’établissement de perspectives financières claires pour donner à l’Union des moyens d’agir) et enfin par l’élargissement (extension du territoire de l’UE), le Royaume-Uni a toujours donné la priorité à l’élargissement au détriment des deux autres dimension. S’il est crucial que les discussions avec la Turquie démarrent sereinement, il faut espérer que cette fois-ci le Royaume-Uni prenne le risque de travailler sur les autres dimensions.

Qu’est-ce que la présidence du Conseil de l’UE ? Quel est son rôle ?

Le Conseil de l’Union européenne qui regroupe les ministres des 25 Etats membres est une des institutions de l’UE avec la Commission, le Parlement, la Cour de Justice et la Cour des comptes. Il est présidé à tour de rôle par un des Etats-membres pour une durée de 6 mois. La Présidence a trois fonctions essentielles :

- Organiser et présider les différentes formations du Conseil (par exemple le Conseil des ministres de l’Agriculture ou le Conseil des Ministres de l’Economie et des Finances) et les groupes de travail qui participent au travail législatif.
- Représenter le Conseil, à la fois dans ses relations avec les autres institutions de l’UE et au niveau international lorsque par exemple l’UE est présente à l’ONU ou au FMI ou lorsque l’UE négocie avec un ou des pays tiers.
- S’assurer enfin que ce qui a été entrepris par la présidence précédente sera poursuivi. C’est d’ailleurs à cause de ce souci de cohérence qu’un programme de 3 ans est désormais voté par les 6 pays qui seront en charge de la présidence.

Les Présidences sur la période 2004-2006 sont assurées dans l’ordre chronologique par l’Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Autriche et la Finlande. Pour la période 2007-2009, les Présidences seront assurées par l’Allemagne, le Portugal, la Slovénie, la France (deuxième semestre 2008), la République Tchèque et la Suède.

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23 septembre 2005

Par Mathieu COLLET

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