Les historiens français et l’Europe : un rendez-vous manqué ?



Historienne – française - de formation, j’idéalisais assez naïvement ce cursus, ses maîtres et ses élèves : il ne faisait en effet aucun doute pour moi qu’être historien était une sorte de passeport pour un européisme convaincu, une arme redoutable pour contrer tout repli nationaliste, bref un chemin clair et bien tracé pour s’ouvrir au monde et comprendre le voisin.

L’étude de la première moitié du XXème, par exemple, pouvait-elle donner autre chose ? Après avoir côtoyé moult étudiants et professeurs d’histoire, je commençai un peu à douter de ce raisonnement : trop souvent, je cherchai vainement l’ouverture sur le monde et une vraie curiosité de l’autre chez mes collègues historiens et dus la plupart du temps me replier sur mes amis géographes, qui étaient capables, eux, de voir en Budapest ou Leipzig des villes de l’an 2000, en perpétuel changement –et non une chose grisâtre, informe et enclavée.

Deux événements ont fini de me désespérer sur le rapport qu’entretiennent les historiens français à l’Europe et sur leur manque criant d’ouverture et d’engagement pour travailler, non sur du franco-français, mais sur une histoire commune européenne.

Le premier événement a eu pour théâtre la Sorbonne, prestigieuse faculté de lettres (toujours penser à l’opposition Paris/le reste en France), qui accueille des étudiants motivés et des professeurs renommés. Je suis en ce moment quelques cours de préparation aux concours de l’enseignement en histoire, cours destinés à former de futurs enseignants ou même chercheurs (agrégation), et qui sont destinés à un public d’historiens confirmés. Un des sujets de cette année est, en histoire contemporaine : « Les campagnes dans les évolutions sociales et politiques des années 1830 à la fin des années 1920 : étude comparée de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie ». Sujet qui m’apparut vraiment très ambitieux, car pour comprendre et analyser ce sujet, il faut connaître les contextes, les situations politiques, les mutations sociales ou les structures de chacun des pays. Mais après tout, pour un concours de ce niveau, pourquoi pas. Quelle ne fut pas ma déception de voir comment est traité ce sujet relatif à plusieurs pays européens…les bibliographies distribuées m’ont tout simplement choquée : très détaillées et ultra- complètes sur la France, ce qui est bien sûr normal, nous sommes dans une université française, mais tellement faibles sur les autres pays ! Le maître-mot des professeurs, leur leitmotiv, leur fil rouge est l’expression « bibliographie accessible », sous-entendez « bibliographie en français », hors « bibliographie accessible », point de salut ! Est-ce donc si difficile de proposer un ou deux ouvrages en allemand ? De citer un grand historien espagnol ? D’écrire un titre en allemand au tableau ? Donc si je résume, mes professeurs de contemporaine (ou des autres époques) ont du mal à concevoir que peut-être l’un ou l’autre de leurs étudiants parlent couramment l’espagnol ou l’allemand… A l’époque de la grande réforme LMD, du boom Erasmus –merci Klapisch-, des cursus intégrés bi- nationaux, la Sorbonne et ses futurs historiens restent décidemment et désespérément franco-français…

Le deuxième événement se passe à un autre niveau : celui des collèges et des lycées français et de leurs enseignants en histoire- géographie. Une expérience intéressante a vu le jour l’année dernière : des historiens français et allemands ont écrit ensemble un manuel d’histoire destiné aux élèves de collège et lycée. Pour la première fois, ils ont tenté d’examiner une histoire commune ensemble et de produire un texte, qui serait le fruit d’un échange et non de crispations nationales. J’ai fait un petit sondage auprès des professeurs d’histoire des établissements toulousains et j’ai été choquée par leur désintérêt, voire leur rejet profond de ce nouvel outil de travail atypique…cela est peut-être dû au fait qu’à Toulouse, on est plutôt fixé sur l’Espagne, mais quand même, j’ai rarement vu ne serait-ce qu’une once de curiosité dans leur regard à l’évocation de ce manuel…

Quand les historiens français cesseront-ils d’être « franco-français » ? Quand comprendront-ils que pour faire de l’histoire européenne (mais aussi française !), il est parfois bien nécessaire de lire –et de parler, mais je n’ose aller jusque là !- quelques langues étrangères ? Quand iront-ils lire les bibliographies distribuées aux étudiants d’histoire allemands, qui contiennent toujours des références au moins en quatre ou cinq langues différentes ?

Germaine de Staël nous disait au XIXème siècle : « Il faut, dans nos temps modernes, avoir l’esprit européen. »

Pour ce qui est des historiens français, je désespère.

Illustration : Emmanuel Lansyer, La Cour de la Vielle Sorbonne, 1886, Musée Carnavalet.

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Par Pro Europa, 28 octobre 2006

Qui en Europe connaît vraiment l’histoire du Père de l’Europe, Robert Schuman ? ci-après un appel aux citoyens d’Europe :

bernard.le-godais@tiscali.fr PRO EUROPA http:// www..pro-europa.viabloga.com

128, Quai d’Avesnières F- 53000 LAVAL Tel : 00 33 (0)2 43 67 16 57

Mouvement rassemblant dans leurs nombreuses diversités les jeunes et familles de la grande Europe qui veulent réaliser une vraie communauté européenne en vivant, pour la rendre efficace et féconde, la doctrine du Père Fondateur Robert Schuman : l’Idée Europe, Idéal d’Amour mutuel donc de Paix. Dans son livre testamentaire ‘ Pour l’Europe’ ce visionnaire nous a légué les secrets de son Avenir ! . Le 21 octobre 2005, Message important du mouvement d’action ‘PRO EUROPA’ aux citoyens qui sont prêts à s’engager à agir à la suite du Père fondateur ROBERT SCHUMAN pour que vive l’Europe

Dans le langage courant, le mot ’Europe’ est employé pour désigner l’Union Européenne qui nous gouverne avec ses nombreuses institutions politiques et administratives qui la composent. Dans la conscience d’un grand nombre de ses citoyens, l’Europe se présente sous une forme suprasensible mal connue, non comprise, donc mal aimée. Et pourtant l’Europe fut d’abord un projet, porteur de sens, le fruit d’une étude économique conjointe de Jean Monnet et de Robert Schuman dans lequel la politique et la philosophie y étaient associées parce que nécessaires pour atteindre l’objectif de l’instauration universelle de la Démocratie et des Droits de l’Homme. Robert Schuman voulait en outre placer l’Humain au-dessus de la Matière. Il écrivit dans son livre ‘Pour l’Europe’ qui est jugé comme son testament politique et spirituel et la source de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, que : « La démocratie doit son existence au christianisme. Elle est née le jour où l’homme a été appelé à réaliser dans sa vie temporelle la dignité de la personne humaine, dans sa liberté individuelle, dans le respect des droits de chacun et la pratique de l’amour fraternel à l’égard de tous Jamais avant le Christ, pareilles idées n’avaient été formulées. » Par cette injonction, Robert Schuman définit parfaitement SON idée Europe et les droits et les devoirs du Citoyen. La démocratie lui fait donc un devoir d’honorer l’Europe comme un Être vivant, doté d’un corps et d’un esprit, en ‘pratiquant un amour fraternel à l’égard de tous’. Dans la vie courante, leur serait-il si difficile, à ces frères et sœurs européens que nous sommes, de tisser des liens d’estime, d’affection, d’amour, ce qui se pratique déjà dans les jumelages, et de prendre ainsi soin de notre trésor commun, de notre Mère à tous, l’Europe ?

Aujourd’hui, elle est victime d’un désamour profond induit par le manque de Savoir de ses propres enfants qui la connaissent mal. Ils ignorent qu’elle porte en elle des richesses, des vertus, dont les valeurs se découvrent par l’amitié obtenue dans la Réconciliation, par le Cœur partagé dans la Solidarité, par l’effacement des différences dans la compréhension fraternelle de la Paix. En bref, l’Europe s’épanouira dans un hymne d’Amour : le reflet de son âme et la garantie de son identité.

Il s’agit donc aujourd’hui de répandre, de diffuser, de faire mettre en pratique par le plus grand nombre possible de citoyens les principes fondateurs voulus par Robert Schuman dans une vision prodigieuse. Il est encourageant de savoir que son testament politique et spirituel, ses volontés dernières qui tracent la route à suivre vers le Bien Commun et indiquent les moyens pour y parvenir soient à la disposition des citoyens. Il noua laissé un livre qui s’intitule : ‘Pour l’ Europe’. ‘Pro Europa’, traduction universelle, est le nom d’un mouvement associatif qui s’est donné la charge de poursuivre dan son esprit originel l’action de son fondateur dans tous les pays de l’Union Européenne. En reprenant le titre et le contenu du livre, il s’est donné la capacité de mettre en œuvre ce projet ambitieux mais simple puisque la doctrine européenne de base se retrouve à chaque page du livre. Les possibilités d’Internet sont immenses. La diffusion d’extraits du texte est un élément propagateur qui permet d’envisager une communication étendue et efficace par l’envoi d’une lettre régulière à tous les correspondants internautes. Cette méthode d’action permettre de regrouper des citoyens de chaque pays qui deviendront des interlocuteurs de l’Union Européenne. L’Europe retrouvera son dynamisme et sa grandeur par le dialogue et l’estime que ses citoyens pratiqueront mutuellement en dépit de leurs différences ethniques, voire ‘politiques partisanes’, ceux d’Allemagne d’aujourd’hui leur donnant une leçon interne de Réconciliation. Main dans la main, Cœur contre cœur, les Frères et Sœurs d’Europe formeront cette Communauté humaine d’action en agissant dans le mouvement ‘Pro Europa’, celui que conduit encore le Père Fondateur Robert Schuman. Ensemble, ils vivront dans la Joie et dans la Paix ! Forts et fiers de leur citoyenneté ouverte aux autres, ensemble, sous la bannière étoilée, ils chanteront au monde d’une seule voix le chef d’œuvre de Schiller et de Beethoven, l’hymne officiel de l’Europe l’Ode à la Joie : Mes frères, cessons nos plaintes ! Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants de fêtes et nos accords pieux ! Joie ! Joie ! Fille de l’Élysée, Flamme prise au front des dieux, Nous entrons l’âme enivrée Dans ton temple glorieux. Ton magique attrait resserre Quand la mode en vain détruit ; L’homme est pour tout homme un frère Où ton aile nous conduit. Si le ciel comblant ton âme, D’un ami t’a fait l’ami, S’il te donne un coeur de femme, Suis nos pas au seuil béni ! Viens, si tu n’aimas qu’une heure Qu’un seul être sous les cieux ! Vous que nul amour n’effleure, En pleurant, fuyez ces lieux ! Bois la joie au bruit des chants, Tous, de roses, sa parure, Ont leur part, Bons et méchants. Elle a tout : raisins qu’on presse, Sûrs amis, baisers de feu, Donne au ver rampant l’ivresse, Et le chérubin voit Dieu. Fiers, tels les soleils d’or volent Sur la plan vermeil des cieux, Faites, frères, votre voie : Gais, tels vont combattre Les héros emplis de gloire ! Qu’ils s’enlacent tous les êtres ! Un baiser au monde entier ! Frères, au plus haut des cieux Doit régner un tendre père. Tous les êtres se prosternent ? Pressens-tu ce père, Monde ? Cherche alors le Créateur Au-dessus des cieux d’étoiles ! +°+°+°+°+°+°+°+° Pro Europa, au nom de Robert Schuman remercie le lecteur de répondre à cet appel en s’engageant corps et âme : « Pour l’Europe » : Nom :……………………………………………………………Prénom :…………………………………………………………… Adresse :……………………………………………………………Code Postal :………….. Ville :……………………………… Région :……………………………………………………………Nation :……………………………………………………………….. Adresse Internet :……………………………………………..Site Web :………………………………………………………………

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Par Mathieu, Euros du Village, 28 octobre 2006

On reçoit de ces trucs des fois dans les commentaires !!! Mais bon, il faut toujours quelques farfelus ou illuminés pour nous amuser un peu... "Jamais avant le Christ, pareilles idées n’avaient été formulées" : je trouve ça génial ! Ca me fait vraiment beaucoup rire... Merci donc pour ce commentaire, cher Monsieur. Désolé pour la dérision, mais en plus vous faites du prosélytisme sur notre site, pour une Europe tournée vers le Christ, chose que je ne partage pas, mais alors pas du tout du tout (et je pense que c’est la même chose pour les autres Euros du Village)... Peut-être que d’autres lecteurs, tout aussi atypiques, vous suivront...

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Par Nico, 28 octobre 2006

J’ai toujours pensé qu’il fallait canoniser Robert Schuman ...

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Par Philippe Perchoc, 28 octobre 2006

pour étudier moi même à la Sorbonne,(aussi à Paris IV et aussi en prépa agreg) je dois dire que je regrette aussi parfois le manque d’ouverture de certains professeurs, mais seulement de certains. Parce qu’il faut dire qu’ils sont nombreux à parler des langues étrangères et je crois voir de qui anne lise veut parler mais il ne faut pas généraliser. Ce réquisitoire me semble un peu sévère et il ne faut pas s’arrêter à l’arbre qui cache la foret. On peut trouver à ceci plusieurs causes :

- les étudiants français eux mêmes ne parlent aucune langue, et malheureusement, arrivé à la préparation à l’agrégation, il n’est plus le temps de le faire... Donc les professeurs s’en tiennent à des choses que les élèves peuvent lire pour préparer cet hardu concours, c’est triste mais c’est comme ça

- les professeurs ne sont pas mobiles : ils ont lutté 20 ou 40 ans pour tenir cette chaire, donc ils ne prennent jamais l’habitude d’aller à l’étranger pour autre chose que de pompeuses réunions d’auto congratulations et pas pour donner cours. Par ailleurs, ils renouvellent assez peu les intitulés de leurs cours et c’est bien dommage, ce qui n’empêche pas la plupart de bcp publier.

- les élvèes non plus ne sont pas mobiles, ils sont très peu à avoir un diplome étranger.

Enfin la prépa agreg n’est pas le meilleur lieu pour juger les historiens français. Madame Crouzet Pavant parle Italien, Monsieur Le Bohec les langues anciennes et surement l’Allemand, tout comme monsieur Chaline qui doit aussi parler Allemand (il donne aussi un cours sur l’Autriche Hongrie), Poussou parle mal anglais mais quand même, monsieur Broglin est surement meilleur. Enfin, je pense que si on doit se plaindre c’est du système universitaire français, assez peu ouvert à l’international, peu mobile mais pas de la qualité de nos historiens qui sont, pour avoir étudié en Angleterre et en Belgique, de grands historiens reconnus dans les milieux académiques européens.

Par ailleurs, pour l’histoire européenne proprement dite, il y a monsieur Bussière, mais il donne pas cours pour l’agreg, dommage...

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Par Anne-Lise, 28 octobre 2006

Un grand merci Philippe, j’attendais avec impatience ta réaction ! Je suis bien d’accord avec tes commentaires : effectivement les élèves ont une méconnaissance des langues étrangères, nos professeurs ne sont pas trop mobiles sauf pour leur "pompeuses réunions d’auto-congratulations", comme tu le dis si bien et effectivement quand on lutte pendant 20 ans pour avoir sa chaire, il est difficile de s’intéresser aux langues étrangères...Triste perspective, non ?

Merci aussi pour ta liste de profs polyglottes, mais ne me crois pas trop naive quand même, je pense bien que Crouzet Pavant parle l’italien, étant spécialiste des villes italiennes au Moyen-Age, ce serait quand même un comble, non ?

De plus, mon article ne prend pas seulement pour point d’appui mon vécu à la Sorbonne mais mes expériences françaises dans d’autres universités françaises. Mon intention n’était pas du tout de dénigrer la Sorbonne et ses enseignants, mais de m’interroger sur l’ouverture européenne des élèves et professeurs d’histoire en France, qui me semble assez inexistante...quand je la compare à mon expérience allemande !!! J’ai eu la chance de faire un Master d’histoire en Allemagne et là-bas, dès la première année, on explique très clairement aux étudiants d’histoire qu’ils devront posséder au moins deux langues couramment en plus de l’allemand (au minimum la lecture et la compréhension orale). Je pense que c’est une ouverture nécessaire pour des historiens qui ont obtenu une licence...

Et puis je ne suis pas fixée sur l’agreg, le désintérêt pour le manuel franco-allemand ou tout autre expérience transnationale en matière d’histoire dans les écoles est pour moi significatif d’une certaine étroitesse de vue, parfois, chez certains historiens...C’est un tout...

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Par Serge houngue, 28 octobre 2006

Moi, je suis africain mais je m’interesse à tout ce qui se passe en France et particulièrement au Département d’histoire à l’université Jean-Monnet.Je pense que cette analyse de Anne-Lise est fondée et mérite qu’on s’y arrete.La France est un grand pays européen.Cependant , on a comme l’impression que l’esprit Europe ne se trouve que dans la tête des politiques.Cette attitude se transmet malheureusement dans le système éducatif qui, à mon avis, devrait être impartial.

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Par David H Price, page perso : http://www.schuman.info, 15 octobre 2007

Reformer l’Europe, sur quelle base ?? L’Initiateur de l’U.E, est-il Schuman ou Monnet ?

Le système supranational de la Communauté, qui a apporté en Europe la paix durable, basé sur la règle d’or de Luc 6:27, est inconnu dans l’histoire. De Gaulle et les nationalistes autoritaires l’ont détesté. De Gaulle a appelé Jean Monnet méchamment ‘l’inspirateur’ de la Communauté européenne et ainsi beaucoup d’historiens l’ont suivi sans réflexion. Mais il n’y a aucune vraie évidence qu’il l’était.

1. Fin des guerres européennes. À l’origine, c’est une idée spirituelle. Pour des milliers d’années jusqu’à 1945, Européens occidentaux faisaient la guerre à chaque génération. Robert Schuman donna deux discours en mai 1949 (Londres et Strasbourg) concernant la proposition d’une communauté supranationale qui mettrait un terme à la guerre et apporterait la paix durable. Un an après, le gouvernement français accepta sa proposition pour une Communauté européenne supranationale avec ses cinq institutions démocratiques. L’Europe occidentale a commencé depuis lors de bénéficier de la paix la plus longue dans toute l’histoire des Six membres fondateurs. La proposition de Schuman a été le fruit d’une analyse spirituelle profonde et de l’application de la démocratie chrétienne.

2. Monnet ignorait le concept de la supranationalité. D’après ses Mémoires, Monnet n’a été impliqué dans le processus qu’en avril 1950. Il dit : ‘Le hasard fit venir jusqu’à mon bureau… un jeune professeur de droit que je ne connaissais pas.’ Quel bon hasard ! Ce professeur lorrain, Paul Reuter, était, comme Schuman ancien élève du lycée de Metz. Il travaillait pour Robert Schuman au Ministère des Affaires étrangères comme jurisconsulte loyal contre les complots et le sabotage (le mot n’est pas trop fort) de la politique de Schuman menée par les hauts fonctionnaires du Quai.

3. Astuce politique. Reuter était un homme très occupé, avec sa famille, un cours d’université à Aix-en-Province et le travail important avec Schuman au Ministère à Paris. Cependant, il resta plusieurs jours chez Monnet en l’enseignant, dans ce qu’il appela une maïeutique, des éléments de base que Monnet avait besoin de connaître pour édifier la déclaration pour M. Schuman. Bernard Clappier avait beaucoup apporté à Monnet dans ses déjeuners hebdomadaires. En utilisant Monnet, un fonctionnaire qui dépendait du Président du Conseil Bidault, Schuman évita le comité de hauts fonctionnaires hostiles à toute entente démocratique et égalitaire avec l’Allemagne.

4. Reuter le rédacteur. Les archives de Monnet, tout récemment éditées dans Un changement d’espérance, prouvent que professeur Paul Reuter, le collègue de confiance de Schuman, écrit la première ébauche à la main et la plupart des projets postérieurs. Monnet a commencé à numéroter les ébauches seulement à partir du premier projet dactylographié par sa secrétaire.

5. L’ébauche de Reuter a inclus ce concept principal, supranational. Monnet le biffa et mit ‘fédération’. La Communauté supranationale est un terme juridique exigeant un traité multinational pour son application. Monnet, indique un récit contemporain, ‘ne possède pas la moindre connaissance en droit international.’ (Elgey) Ni son équipe. Il a écrit : « Ce mot, supranational, ne me plaisait pas et ne m’a jamais plu. » Dans ses Mémoires, pas un mot sur la politique européenne menée par Schuman depuis sa présidence du Conseil en 1947 ! Le premier gouvernement Schuman avait proposé le Conseil de l’Europe, créant le commencement d’une opinion publique européenne. Ce livre, en grande partie écrit par ses amis quand il avait 88 ans, revendiqua en plus que le 21 juin 1950 il inventa le terme « la Communauté européenne. » Pas vrai. Schuman a employé les concepts, la Communauté européenne supranationale dans beaucoup de discours pendant des années antérieures, y inclus son discours d’ouverture de la conference de la CECA du 20 juin 1950. Il en a parlé de ce sujet aux Nations Unies le 23 septembre 1949 et en septembre 1948. Schuman a employé les termes comme ‘communauté’ et ‘union supranationale’ dans son grand discours de Londres à la création du Conseil de l’Europe (mai 1949) en présence des ministres des affaires étrangères et des ambassadeurs de l’Europe.

6. Le livre de Monnet des discours indiquent, cependant, sa préférence était pour « les Etats-Unis de l’Europe » (avec quelle signification ?) Monnet ne l’a jamais expliqué. Il est basé vraisemblablement sur des principes fédéraux classiques. La transposition d’un modèle fédéral américain ou canadien vers l’Europe avec ses nombreux royaumes (Grande-Bretagne, Pays Bas, Belgique, Luxembourg, Danemark, Norvège, Suède) et républiques antimonarchiques (France, Allemagne Italie, Suisse) n’aurait jamais fonctionné. Schuman l’a considéré comme peu réaliste. Son effort était d’empêcher la création d’un ‘super-état’ comme les Etats-Unis et de préserver et encourager toutes leurs cultures nationales, langues et usages spéciaux. Contrairement à Monnet, Schuman a défini les concepts ingénieux de la Communauté supranationale en termes précis, politiques, économiques, légaux, même théologiques. La définition de Schuman de la démocratie est peut-être la meilleure et la plus scientifique jamais faite.

7. Parmi les preuves les plus fortes que Monnet n’a pas inventé l’idée d’une Communauté européenne supranationale sont les écrits, discours et notes de professeur Paul Reuter, édités 30 ans après les événements. Ceux-ci prouvent que prof. Reuter a passé plusieurs jours à convaincre Monnet que ses idées précédentes étaient erronées et à le diriger dans la direction d’une solution de charbon et d’acier. Monnet et les co-auteurs de son livre semblent avoir été ignorants du travail et des discours de Schuman dans les années précédentes. Quant à Schuman, il a dit très peu mais était satisfait que l’histoire (basée sur des principes supranationaux de la vérité scientifique) soit le juge de son inspiration. © mai 2007 Bron David H Price www.schuman.info

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Par Pro Europa, 2 janvier 2008

Cher David Price, C’est curieux de se rencontrer sur le site des Euros du Village ! Regardes la réaction que j’avais écrite après l’article de base qui m’a attiré les foudres ,de Matthieu qui en me malmenant m’a fait savoir qu’il n’était pas content de découvrir mon usage de la liberté (non autorisé par les laicistes violents) mais qui existe, qu’il le veuille ou non, grace à celui qui a apporté la Dignité à l’Homme, sur la terre .J’ai d’ailleurs obtenu ce droit républicain par la Déclaration des Droits de l’Homme. Je suis très heureux de constater que ta science d’Historien ne t’empeche pas de parler de l’Esprit. Nous nous rejoignons parfaitement lorsque nous réclamons que l’IMPOSTURE qui berne la quasi totalité des citoyens du Monde soit DENONCEE ! Alors l’EUROPE vivra pleinement car elle aura retrouvé SON AME ! A bientot. Cordialement à tous, meme à Matthieu, Bernard

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Par JR Delsaud, 22 février 2008

Les historiens français sont pour beaucoup incapables de rendre compte de l’Histoire de leur propre pays dans sa diversité (soit par formatage idéologique issu de leur apprentissage de l’Histoire, soit par conviction idéologique, cf les partisans de la France une et indivisible, qu’ils furent royalistes ou républicains). Alors il n’est pas étonnant qu’ils soient également crispés sur cette notion d’Histoire de ’France".

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26 octobre 2005

Par Anne-Lise BARRIERE

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