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MULTILINGUISME : Parlez-vous l’Européen ?

La devise de l’UE (« l’unité dans la diversité ») rappelle l’importance du multilinguisme comme spécificité et objectif de l’Union européenne. Ce fut d’ailleurs l’objet de la Journée européenne des langues. Mais au fait, qui parle quoi en Europe ? L’UE est-elle une nouvelle Tour de Babel ou une terre du pluralisme ? Bref, comment faire pour se comprendre ?

45 % des Européens sont capables de prendre part à une conversation dans une autre langue que leur langue maternelle. Suite à la journée européenne des langues, ce lundi 26 septembre, il est bon de rappeler quelques données : par rapport à 1990, la proportion de personnes qui parlent suffisamment bien l’anglais pour participer à une conversation s’est accrue dans la majorité des États membres. Au Luxembourg, la quasi-totalité de la population parle suffisamment bien une autre langue pour tenir une conversation. C’est également le cas de 8 habitants sur 10 des Pays-Bas, du Danemark et de Suède. Au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal, moins d’un tiers de la population parle une autre langue. La France n’est pas forcément mieux placée que ces derniers. L’allemand est la langue la plus parlée dans l’UE (24% des citoyens de l’UE ont l’Allemand comme langue maternelle), devant le français et l’anglais (16%). Mais l’anglais reste la langue étrangère la plus parlée dans l’UE.

Il y là un certain paradoxe : les Britanniques sont les parmi les moins doués pour le multilinguisme, et pourtant ils exercent une certaine hégémonie dans de nombreuses situations grâce à leur langue. D’où l’importance des programmes d’incitation au multilinguisme dès le plus jeunes âges. On peut également saluer la volonté de la Commission de faire du multilinguisme la règle pour les décideurs européens (commissaires, fonctionnaires...) : au moins 4 langues dont une langue slave !

Mais il faut aussi veiller –ce n’est pas contradictoire- à ce que les acteurs européens (commissaires, parlementaires…) s’expriment le plus possible dans leur propre langue (certes, ce n’est pas facile, notamment pour les Néerlandais !). Il ne s’agit pas d’un combat d’arrière-garde en ces temps de mondialisation mais un moyen simple de respecter la diversité linguistique européenne (une des spécificités de notre Union) et d’éviter de stigmatiser inutilement ceux qui ne maîtriseraient pas assez l’anglais. Car si le droit des citoyens européens d’utiliser leur propre langue est formellement respecté, on sait que dans la réalité ceux qui ne maîtrisent pas les « codes » (anglais + euro jargon), que cela soit les simples citoyens ou les organisations défendant des causes universelles ou des intérêts particuliers, partent avec un désavantage certain. Il faut s’attacher à infléchir cette tendance pour faire de l’UE une véritable terre de pluralisme.

Quel est le régime linguistique de l’UE ?

L’article 21 du traité instituant la Communauté européenne et le règlement n° 1/1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté européenne instaurent :

1. Le droit des citoyens européens d’utiliser leur propre langue constitue l’une des conditions fondamentales d’une Europe démocratique,

2. L’égalité de traitement linguistique des peuples et des individus. Les institutions communautaires sont les seules au monde où toutes les langues officielles sont placées sur un pied d’égalité.

Concernant les méthodes de travail, il est à noter que tous les documents soumis à la Commission pour décision doivent être disponibles dans les trois langues de travail anglais, français et allemand. Tous les documents transmis au Conseil et au Parlement (notamment les propositions d’actes législatifs) doivent être traduits dans toutes les langues officielles.

Il y 20 langues officielles dans l’UE : le danois, le néerlandais, l’anglais, le finnois, le français, l’allemand, le grec, l’italien, le portugais, l’espagnol et le suédois, le polonais, le letton, l’estonien, le lituanien, le tchèque, le slovaque, le hongrois, le slovène et le maltais. En 2007, le bulgare et le roumain viendront s’y ajouter. L’irlandais ( ou gaélique) va sûrement devenir une langue officielle. L’irlandais est en effet actuellement la seule langue nationale officielle d’un pays de l’UE qui ne soit pas reconnue "langue officielle" de l’Union. Mais l’irlandais aura dans un premier temps un statut similaire au maltais, ce qui veut dire que les textes du Conseil et du Parlement seraient publiés en irlandais, mais pas ceux de la Cour Européenne de Justice.

Espace réactions(11)

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Par Anne-Lise, 24 octobre 2006

Merci Julien, je trouve cette problématique vraiment importante, l’UE doit effectivement rester une terre de multilinguisme ! Mais tant que les politiques éducatives au niveau national resteront ce qu’elles sont, je ne vois pas comment notre "unité dans la diversité" pourrait survivre : en effet, on a vraiment l’impression que le seul but de l’éducation nationale (en France, mais aussi en Italie ou en Allemagne) est d’uniformiser "à mort" le système. En France cela se traduit par le binome anglais 1ère langue-espagnol 2ème langue imposé peu à peu à tout le monde à l’école publique, dans le but de "bourrer" les classes de langue le plus possible et de faire des économies de profs. Restent alors de nouvelles niches pour gens fortunés, écoles privées flambant neuves qui offrent un choix de langues varié et un apprentissage précoce... Comment dans ces conditions penser l’Europe du multilinguisme ? Le "tout-anglais" et des conditions d’études de plus en plus mauvaises (apprendre une langue dans une classe à 30-35 élèves me paraît assez illusoire...) me rendent fort pessimiste...

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Par Julien, 24 octobre 2006

merci Anne-Lise. On est en effet en présence d’une dichotomie entre le discours européen et les réalités nationales. Concernant la situation de l’allemand en France, c’est d’autant plus inquiétant qu’il disparaît petit à petit alors qu’on ne compte plus les déclarations politiques sur l’Amitié franco-allemande. il faut bien souvent que les régions françaises outrepassent leurs droits et dépassent les réticences des rectorats pour que les choses n’empirent pas. Il faudrait donc que l’UE ( Commission et Parlement) incite ( pour ne pas dire oblige) les Etats membres à faire de réels efforts (utiliser les ressources présentes, investir dans des nouveaux programmes) mais aussi qu’elle aide les régions à prendre part à cette politique. Même s’il est scandaleux que l’Etat se décharge sur les régions de cette tâche, c’est peut être à ce niveau que des progrès peuvent être faits. Il faut enfin regarder du côté des médias publics pour trouver un véhicule du multilinguisme : pourquoi pas des programmes en allemand, anglais, espagnol, des films en VO avec sous-titres ?

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Par Jean-Baptiste, 24 octobre 2006

Merci pour ce petit rappel sur le multilinguisme et ses enjeux. L’Union européenne s’est en effet dotée d’une politique assez ambitieuse en la matière. Si on envisage les choses de façon "dynamiques" (ce que beaucoup de nos dirigeants oublient souvent...) on arrive au constat suivant : plus l’Union s’élargie, plus la communication transversale (d’un point de vue linguistique) se rétrécie. Si l’Union compte un jour plus de trente membres et quelque chose comme 25 langues, on ne peut pas dire que les choses s’amélioreront matériellement (coûts et charges de travail pour le Parlement, la Commission, le Conseil et la Cour de justice) et "substantiellement" (sur la façon dont les citoyens communiqueront entre eux. Si on se réfère au passé, une langue a joué ce rôle fédérateur au sein des élites : le latin (du moins pour les lettres et la liturgie, le français en Europe a été l’équivalent de l’anglais international aujourd’hui pour le commerce et la diplomatie pendant des siècles). On ne peut bien sûr vouloir aujourd’hui une langue morte comme vecteur de la parole et de la pensée dans un ensemble comme l’Union européenne. Il faut sans doute une lingua france comme l’anglais. L’avantage que cette langue procure est qu’elle est dominante en Europe.. et dans le monde, donc à l’intégration entre européens s’ajouterait l’intégration de nombreux européens au monde (sans compté que les européens francophones ou hispanophones ont leur espace linguistique qui s’étend au-delà des frontières de l’Europe déjà). Je ne pense pas pour autant que l’anglais doive devenir la seule langue commune des européens. Il faudrait un tri ou quadri linguisme obligatoire au moins au niveau universitaire (l’idée, comme pour les membres de la Commission de quatre langues dont une slave est intéressante). Ce n’est pas impossible du tout. En tant que Français une autre langue latine est tout à fait accessible, l’allemand peut l’être (c’est tout de même la langue la plus parlée sur le continent comme l’a rappelé Julien) et une langue slave est un atout considérable je pense. Reste à y mettre les moyens et les méthodes. Tout n’est pas question d’argent. Il faudrait un peu bousculer les méthodes d’apprentissage qui font qu’en troisième ou quatrième année de fac on nous apprend encore la grammaire anglaise alors qu’il faudrait se plonger dans la pratique orale et écrite directement et dans le champ d’étude qui nous concerne. Pourquoi également ne pas instaurer une année d’étude obligatoire dans un autre pays de l’UE, que ce soit au lycée (c’est une proposition ancienne de Cohn-Bendit, polyglotte bien connu) ou à l’université (les IEP pratiquent cela dans leur quasi totalité il me semble aujourd’hui). L’anglais est devenu le medium commun. Il est bien utile (il faut bien dire que peu de Français apprendrons le néerlandais ou le suédois... d’ailleurs essayez de parler néerlandais à un Néerlandais et il vous parlera bien vite anglais !) mais il ne doit pas devenir medium unique. De toute façon, si l’on espère que les déplacements et les échanges économiques et humains se développeront encore plus au sein de l’UE, l’anglais a ses limites. Un Français allant travailler en Slovénie ou un Suédois en Espagne ne peuvent se contenter de la langue de Shakespeare. Dernière chose : je dis un grand oui aux programmes en VO soutitrée. Rien ne me scandalise plus que Arte diffusant un film allemand ou néerlandais à 20h45 en version française ! Il faut savoir ce que l’on veut ! Etre une chaîne de télévision franco-allemande oeuvrant pour le rapprochement des peuples ou non !!

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Par Krokodilo, 24 octobre 2006

En parlant de l’étude d’Eurobaromètre, vous leur faites trop d’honneur car il s’agit d’un bête sondage qui n’a absolument rien de scientifique, basé des autoquestionnaires du style "êtes-vous capable de participer à une conversation en anglais ?" Il en découle de nombreux biais qui permettent toutes les interprétations : par exemple, si un pays a de moins bons résultats, ce peut être parce que ses habitants sont en moyenne plus modestes, plus conscients de la prétention qu’il y a à se dire capable de converser en anglais (à quel niveau ?) Par ailleurs, je pense que le multilinguisme n’est qu’un mythe, une solution qui était vaguement envisageable quand l’Europe s’est construite à cinq ou six, mais totalement impossible maintenant, et répéter sans cesse cela nous mène inévitablement au tout-anglais qui est de plus en plus la règle à bruxelles, quoi qu’ils en disent, il suffit d’aller voir les documents de travail. Il faut donc se poser la question : si nous refusons l’anglais comme lingua franca, et si le multilinguisme est une utopie, il nous faut une langue de communication commune, de préférence facile et neutre. Or, cette langue existe bel et bien, malgré les réticences fréquentes des élites et des médias, c’est l’espéranto, déjà présent sur Internet parmi les langues les plus répandues.

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Par Jérémie, 24 octobre 2006

Merci Julien (vous permettez que vous appelle par votre prénom ? ;-)) pour cet article au diagnostic très juste et qui aborde un sujet plutôt tabou ! Néanmoins, je pense que le meilleur moyen de préserver la diversité culturelle en Europe à long terme est de se doter d’une langue commune neutre, sans quoi c’est l’anglais qui s’imposera de plus en plus. Si le tout-anglais est aujourd’hui une triste réalité, c’est parce que le besoin évident et mécanique d’une langue commune dans toute relation européenne entre particuliers (entreprises, commerce, tourisme, chercheurs, etc.) n’a pas été pris en compte par les thuriféraires du multilinguisme depuis 50 ans, qui récoltent donc ce qu’ils voulaient éviter : l’hégémonie d’une langue nationale et les injustices corollaires (voir rapport Grin : http://cisad.adc.education.fr/hcee/documents/rapport_Grin.pdf : 18 milliards d’euros par an pour le seul Royaume-Uni !)

Je pense qu’il faudrait enfin considérer sérieusement les possibilités qu’offre l’Espéranto, qui fonctionne depuis 120 ans déjà.

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Par Morico, 24 octobre 2006

POUR UNE APPROCHE LOGIQUE ET EQUITABLE DU MULTILINGUISME.

Descartes disait déjà qu’il faut aller du simple au complexe. Les six grandes langues plurinationales reconnues à l’O.N.U. et les trois reconnues pour les textes préparatoires de l’U.E. sont hérissées de difficultés et n’ont pas été conçues comme des langues auxiliaires de communication internationale. En privilégier une, deux ou trois c’est risquer de réveiller les ultranationalismes au mauvais sens du terme et, si les crises socio-économiques s’aggravent, de déboucher sur l’éclatement possible de l’U.E. Aujourd’hui les gouvernements nationaux ou régionaux optent le plus souvent soit pour le bilinguisme anglais +une autre langue, soit pour le tout anglais recommandé notamment par Berlusconi. Dans les deux cas la lingua franca est l’anglais, langue très difficile à bien maîtriser selon Claude Hagège professeur de linguistique au Collège de France, et qui véhicule insidieusement une approche inégalitariste et néo-libérale favorable à l’hégémonie yankee. Les politiques se modifient lentement. Pourquoi ne pas expérimenter dans par exemple un pour cent des écoles européennes du primaire au supérieur la langue européenne par construction qu’est l’esperanto. Ainsi sur les 2629 premières racines (le latin utilisait 2500 mots) , 87% sont reconnaissables par les francophones, 70% par les anglophones et germanophones, 40% par les russophones (G.Waringhien ABC d’esperanto). Les 16 règles de grammaire tiennent sur une carte postale. C’est aussi par la généralisation de l’utilisation des suffixes et préfixes une langue agglutinante se rapprochant de la structiure linguistique de la majorité des locuteurs asiatiques. Enfin par sa sonorité cette langue se rapproche de l’italien la belle langue de Dante et de l’opéra. Tout ceci explique qu’elle soit cinq à dix fois plus facile à apprendre que n’importe quelle autre langue plurinationale reconnue à l’O.N.U. Alors kial ne ? Why not ? Warum nicht ? Pourquoi pas ? Perchè no ? Porquè no ? Potchemu niet ? Dlaczego nie ? L’apprentissage de l’esperanto facilite alors l’accès aux autres langues pour ceux qui veulent aller plus loin , comme le montre l’exemple de G.Kersaudy qui explique dans Langues sans frontières comment il a appris plus de trente langues européennes.

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Par skirlet, 24 octobre 2006

Cet article a le mérite d’aborder le problème de langues dans l’UE dont on ne parle pas beaucoup, et mettre en évidence la dichotomie entre le discours officiel et la pratique qui viole les accords signés.

Cependant, les moyens proposés ne feraient que renforcer l’anglais uniformisant, ou plutôt le "petit-blanc" destiné à la majorité des Européens...

"On peut également saluer la volonté de la Commission de faire du multilinguisme la règle pour les décideurs européens (commissaires, fonctionnaires...) : au moins 4 langues dont une langue slave !"

On ne choisit pas un président en fonction de ses compétences linguistiques. Les gens doués en langues ne le sont pas forcément dans d’autres domaines. Les "décideurs" ne doivent pas être les linguistes ou les traducteurs, ils ont un tout autre rôle à jouer ! Et leur faire perdre le temps pour pouvoir dire la même chose en plusieurs langues est contre-productif. Je suis pour

"Mais il faut aussi veiller –ce n’est pas contradictoire- à ce que les acteurs européens (commissaires, parlementaires…) s’expriment le plus possible dans leur propre langue".

Etant moi-même polyglotte, je connais très bien la difficulté d’apprendre les langues. Ceux qui maîtrisent trois ou quatre langues au niveau égal sont très rares. Etendre cette solution sur l’ensemble de la population est irréel. Et même, si on y arrivait, comment un Français ayant appris l’italien, le tchèque et le grec pourra-t-il communiquer avec un Allemand ayant appris l’anglais, le lituanien et l’espagnol ?

Il est vrai que l’offre linguistique est pauvre ; il est vrai qu’on nous pousse vers le tout-anglais, une solution élitiste, discriminatoire et contraire au principe même de l’UE.

"Il faut enfin regarder du côté des médias publics pour trouver un véhicule du multilinguisme : pourquoi pas des programmes en allemand, anglais, espagnol, des films en VO avec sous-titres ?"

Pour suivre un programme en allemand, il faut avoir un bon niveau. Lire les sous-titres est pénible, quand la compréhension de la langue est mauvaise. Ce qu’il faudrait, c’est connaître davantage nos voisins en diffusant plus de musique venant de chez eux (quand avez-vous entendu à la radio une chanson en hongrois, polonais, lituanien, tchèque, allemand ?), en traduisant les livres autres que venant des EUA, en doublant les films...

"Si on se réfère au passé, une langue a joué ce rôle fédérateur au sein des élites "

Les élites ! Mais dans l’UE, il nous faut communiquer entre citoyens et non seulement entre élites. L’anglais est une langue très élitiste, nécessitant des cours particuliers, des séjours linguistiques, énormément de temps et de mémoire. Espérer qu’après, les gens seraient capables d’en apprendre encore une ou deux est ne pas prendre compte de la réalité. En plus, l’anglais ne favoriserait qu’une partie de la population européenne, en reléguant les autres langues au deuxième plan.

Je vois avec quelle facilité on dit qu’apprendre une langue slave est presque un jeu d’enfant... Mais ce n’est pas si simple. Etant de langue maternelle russe et parlant deux autres langues slaves, je peux vous assurer que la connaissance du russe ne donne pas une compréhension parfaite de l’ukrainien ou du biélorusse, et bien moins encore des autres langues slaves ; parler polonais ne donne pas une compréhension acceptable du tchèque, et je ne vous dis pas le nombre des faux amis qui abondent d’une langue à l’autre, malgré leur appartenance au même groupe linguistique !

Conclusion : l’Europe a besoin d’une langue commune (pas unique !), facile, rapide à apprendre, neutre, donnant accès aux autres cultures, jouant un rôle propédeutique, testée par la pratique. L’espéranto répond à ces critères. Un an ou deux d’apprentissage permettent d’arriver à un bon niveau et permettre la communication équitable. Ensuite, chacun peut apprendre une ou plusieurs langues de son choix, loin de l’anglais "in-con-tour-na-ble".

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Par Otnarepse, 24 octobre 2006

C’est bien joli tout ça ... tous ces partisans de l’espéranto, vous avez sans doute raison qu’on a besoin en Europe, sinon dans le monde, d’une langue commune de communication, d’où le succès de l’anglais, malgré tous ses inconvénients (véhicule d’un impérialisme culturel, difficultés de la langue, natifs avantagés ...), mais ce que vous prônez, avouez que c’est hautement utopique !!! ça n’intéresse personne, l’espéranto, que ce soit parmi les décideurs, les élites ou les gens simples qui ont d’autres soucis dans la vie que l’emploi d’une langue neutre !! Pourquoi ne pas plutôt lutter pour un objectif moins utopique, plus réaliste politiquement, comme une diversité linguistique limitée à 3-4 langues ? (comme le dit Hagège d’ailleurs)

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Par Krokodilo, 24 octobre 2006

Otnarepse vous décidez abruptement que ça n’intéresse personne, l’Eo, mais encore faudrait-il d’abord que tout le monde soit informé de ses possibiités (cf le silence autour du rapport Grin, pourtant officiel), et ensuite qu’on nous demande notre avis. Quant à la diversité linguistique limitée à 3-4 langues, je vous signale que c’est déjà plus ou moins ce qu’on tente désespérément de maintenir en Europe, avec en théorie 3 langues de travail, on voit où ça nous a menés, tout droit à l’anglais omni-présent, avec des administrations françaises qui reçoivent et envoient des documents à Bruxelles directement en anglais ! Et l’humiliation des langues qui ne seraient pas retenues parmi ces hypothétiques 3-4 langues de travail ? Et ces "gens simples qui ont d’autres soucis dans la vie que l’emploi d’une langue neutre", comme vous dites, on ne se gêne pas pour infliger à leurs enfants des "réformes" comme l’anglais au primaire, voire bientôt à la maternelle...

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Par Henri Masson, 10 janvier 2007

Par Otnarepse, le samedi, 15 juillet 2006 : "Pourquoi ne pas plutôt lutter pour un objectif moins utopique, plus réaliste politiquement, comme une diversité linguistique limitée à 3-4 langues ? (comme le dit Hagège d’ailleurs)"

Alors qu’il y en a tant qui ont un mal fou à assimiler une seule langue étrangère, (l’anglais, qui repréente un désastre propédeutique pour en apprendre d’autres), c’est précisément plus utopique, et de loin, de préconiser une "diversité linguistique" — qui pourrait faire penser au menu très limité des MacDos —, que l’espéranto qui, lui, favorise un plurilinguisme équilibré. Voir à ce sujet : http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/europeentrilingue.htm

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Par yves, 10 janvier 2007

Au risque de jeter un pavé dans la mare, moi j’aime bien l’anglais.

Il occupe aujourd’hui une place incontestable de lingua franca, non seulement à travers l’Europe, mais quasiment à travers le monde.

Je ne me sens pas offusqué, en tant que francophone, par l’idée d’en faire la "seconde langue principale" à travers toute l’Union. Une langue qui permettrait à (presque) tous de se comprendre (plus ou moins), un peu comme le latin autrefois.

N’y a-t-il pas quelque irréalisme à vouloir placer le maltais, le luxembourgeois ou l’irlandais à égalité avec une langue aussi universellement parlée que l’anglais ?

J’ai plus de facilité à communiquer avec un collègue bilingue estonien-anglais qu’avec un autre qui maîtriserait parfaitement, en plus de l’estonien, le finlandais, le hongrois, le letton, le lituanien, le luxembourgeois, le maltais et le portugais en sus.

Et ça c’est plus qu’un projet, c’est une réalité pragmatique, de celles-là qui nous permettraient peut-être d’avancer un peu plus vers les fameux objectifs de Lisbonne.

Qui a dit qu’on n’envoyait pas des fusées dans l’espace en niant les lois de la gravité mais bien, justement, en en tenant compte et en les utilisant ?

Cela n’empêche pas évidemment d’apprendre une troisième ou même une quatrième langue en plus, juste pour sa beauté et sa sonorité...

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Par yves, 10 janvier 2007

L’anglais dominant ? Et alors ?

le modèle du système bancaire européen ou de sa structure parlementaire est fondamentalement allemand (indépendance de la banque centrale avec objectif de stabilité monétaire + rapports entre le Conseil et le Parlement basés sur le modèle Bundestag/Bundesrat)

Le modèle de l’administration européenne est, quant à lui, plutôt français (mode de recrutement et de promotion).

Quel problème dès lors à ce que la langue principale de l’Union puisse devenir (ou rester) l’anglais ?

Je ne vois vraiment pas en quoi ce serait élitiste et discriminatoire. C’est en tout cas beaucoup plus réaliste et efficace que de vouloir imposer aux européens une langue synthétique et dépourvue de tout fondement populaire réel...

L’espéranto était sans doute une belle tentative, mais elle est vite tombée à l’eau et, il faut se rendre à l’évidence, à donné naissance à une langue quasiment morte-née.

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19 février 2007

Le multilinguisme pour les pontes de la commission européenne signifie : relégation des langues européennes au rang de dialectes, et promotion de l’anglo-américain au rang de langue obligatoire.

Aujourd’hui, il est impossible d’obtenir un emploi dans une institution européenne si l’on ne maitrise pas l’anglo-américain, même si l’on est par ailleurs trilingue.

Pour n’importe quel européen respectueux de ses origines, cette attitude est offensante.

Pour ma part, je vote NON à cette Europe là, et je ne suis pas le seul : 55 % des français, 60% des néerlandais, et combien d’européens privés du droit de vote sur ce fatras de TCE.

Une Europe démocratique est-elle possible ?

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26 septembre 2005

Par Julien DIJOL

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