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Margot WALLSTRÖM : "Nous devons être plus professionnels" (AUDIO)

19 février 2007 |
Lorsque l’on va sur le blog de Mme WALLSTRÖM, on constate qu’elle ne s’adresse qu’aux anglophones ! Lorsque des non anglophones tentent d’intervenir, leurs avis sont méprisés. Est-cela la diversité culturelle et linguistique dont on nous rebat les oreilles ? La commission européenne serait-elle devenue une antichambre du congrès américain ? Pourquoi ce mépris des peuples européens ? Où cela va t’il nous mener ? Au développement des nationalismes ? A l’éclatement de l’Union ? A une guerre balkanique généralisée à toute l’Europe ? Un sursaut démocratique est-il encore possible (...)

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Margot WALLSTRÖM : "Nous devons être plus professionnels" (AUDIO)


Margot WALLSTRÖM : "Nous devons être plus professionnels" (AUDIO)

Interview avec la Vice-Présidente de la Commission européenne, en charge de la stratégie de Communication. Vous ne trouverez ça que sur "Euros du Village"

10 décembre 2006, Par Mathieu COLLET , Xavier LE DEN, Daisy AYLIFFE

Margot Wallström a reçu les Euros du Village pour une longue interview sur son rôle au sein de la Commission et les défis posés à l’Union Européenne quant à sa politique de communication. Un entretien préparé en collaboration avec les internautes, intégralement disponible en podcast.

Comment combler le fossé entre l’UE et ses citoyens, « démocratiser » l’Union, donner de la visibilité et de la lisibilité aux institutions européennes ? Où est la confiance ?

Qui est notre invitée ? Margot Wallström est Commissaire chargée des relations institutionnelles et des Communications depuis août 2004, nommée par le Président de la Commission, José Manuel Barroso, qui a créé spécialement ce poste pour améliorer les liens entre l’Union Européenne et les citoyens. De 1999 à 2004, Margot Wallström était Commissaire chargée de l’environnement dans la Commission présidée par Romano Prodi, actuel président du Conseil italien.

Personnalité politique de premier plan en Suède, au sein du parti social-démocrate, Margot Wallström a été députée, puis ministre de la culture, ministre des affaires sociales, après avoir notamment dirigée une chaîne de télévision régionale. En 2002, elle a reçu le titre de « Commissaire européen de l’année », décerné par le magazine « European Voice » et a par ailleurs reçu le « Prix environnemental global d’IAIA » (International Association for Impact Assessment - Association internationale pour l’évaluation de l’impact) en 2004.

Combler le fossé

Dire que l’Union européenne souffre d’un déficit démocratique et d’un manque de visibilité est quasiment devenu aujourd’hui un lieu commun. Un défiance citoyenne s’est même installée face à une construction qui semble échapper à chacun. Les référendums français et hollandais sur la constitution européenne sont venu rappeler aux dirigeants européens que les opinions publiques étaient en attente d’une Europe plus protectrice, plus proche de leurs attentes. Convoquée par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, la Convention pour l’avenir de l’Europe, qui a élaborée le projet de traité constitutionnel, était d’ailleurs à l’origine censée répondre à ce déficit démocratique et à ces attentes citoyennes. Depuis lors, face à un certain désarroi, un difficulté à agir et à trouver des solutions, les institutions européennes, au premier plan desquelles la Commission européenne, cherchent des voies de sortie. Le rôle de Margot Wallström, s’il n’est pas d’apporter des solutions toutes faites, est de trouver les voies d’une meilleure compréhension, d’un meilleur dialogue entre l’UE et ses citoyens. Bref, de combler un fossé, de rétablir la confiance et de résoudre les malentendus…

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Margot Wallström et les Euros du Village, dans son bureau au Berlaymont, bâtiment principal de la Commission européenne, à Bruxelles

L’INTERVIEW

Transcription et traduction de l’anglais : Camille DE REDE

NB : Le podcast est en langue originale (anglais)

Xavier LE DEN : Nous allons commencer par des questions assez générales. Votre poste a été créé par le président de la Commission, Mr. Barroso, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste votre travail et pourquoi ce rôle est si important ?

Question 1
Question 1

Margot Wallström : Mon portefeuille comprend en réalité quatre tâches. La première, et ô combien importante, se réfère à la nouvelle politique de communication ; deuxièmement, je suis également responsable des relations avec le Parlement européen et le Conseil : les fameuses relations inter-institutionnelles. Je suis aussi en charge du rapport avec les parlements nationaux, ce qui constitue une tâche toute nouvelle ; il s’agit là d’établir des relations avec ces derniers ; enfin, je m’occupe de questions constitutionnelles. J’ai donc un nombre de responsabilités horizontales transversales difficiles, qui courent sur le long terme, sans compter que nous avons également besoin d’une nouvelle politique de communication. Nous devons faire en sorte de préserver de bonnes relations avec les autres institutions, nous voulons nous améliorer dans la communication avec les parlements internationaux ainsi qu’impliquer les parlements nationaux. Nous devons également régler la problématique constitutionnelle. Il était donc clair que je convenais tout à fait pour ces tâches étant donné mon parcours professionnel car nous devons travailler sur ces quatre points.

XLD : Entendez-vous par là que la stratégie de communication de la Commission n’était pas assez développée avant votre arrivée à ce poste ?

MW : En effet, cette stratégie n’était pas suffisamment développée, nous avions mis sur pied un certain nombre de stratégies au cours des dernières années, je pense d’ailleurs qu’elles sont au nombre de quatre. Nous avons donc réfléchi à tout ceci et sommes arrivés à la conclusion qu’il nous fallait encore nous mettre d’accord sur les principes et le fait que nous partagions la responsabilité non seulement au sein de la Commission, mais aussi dans les autres institutions ainsi que dans les Etats membres. Nous devons aussi être plus professionnels dans la façon dont nous traitons ces points.

XLD : Il est évident qu’il incombe aux gouvernements nationaux de communiquer à propos de l’Europe et ils exercent d’ailleurs ce rôle en tant que membres du Conseil. En conséquence, en communiquant, la Commission n’outrepasse-t-elle ses compétences en parlant au-dessus des Etats ? En d’autres termes pensez-vous que les Etats membres ne font pas leur travail ?

Question 2
Question 2

MW : Je pense qu’il est facile de juger et de lancer des accusations à tort et à travers, ce qu’ont fait non seulement les Etats membres mais aussi les Institutions. Ceci est évidemment problématique. Si les ministres rentrent chez eux et rejettent la faute sur l’Union car ils n’obtiennent pas ce qu’ils souhaitent, nous aboutissons à une situation vraiment difficile. Nous devons mieux écouter, c’est le premier principe, nous devons mieux défendre notre travail, nous devons expliquer les raisons de telle ou telle décision aux citoyens, nous devons également travailler davantage au niveau local. Ceci constitue donc les trois principaux objectifs de la nouvelle politique de communication. Non seulement les institutions doivent adopter une politique de communication claire car nous nous devons de faire savoir aux citoyens ce que les institutions font exactement, mais les Etats membres doivent aussi s’engager dans cette approche des choses, ce sans quoi il serait très difficile d’atteindre un réel dialogue.

XLD : Vous parlez de coopération, un de nos lecteurs a suggéré que les Etats membres se font une joie de critiquer la Commission. Celle-ci devrait-elle par conséquent adopter une approche plus ferme et agressive dans sa stratégie de communication à l’égard des Etats membres ?

MW : Non, nous devons établir un partenariat et devons être clairs sur le fait qu’il s’agit ici du rôle de toutes les institutions. Je ne pense donc pas que nous puissions réaliser cela de manière conflictuelle avec les Etats membres, mais nous devrions plutôt faire en sorte de les impliquer. Nous devons également mettre en valeur le fait que l’Union européenne est en réalité une autre scène politique, il s’agit d’une sphère où vous rencontrez des idées politiques différentes et où d’autres idéologies sont représentées. Tout ceci doit également être clarifié aux yeux des citoyens. Je parle ici du fait qu’il existe des représentants aux points de vue différents les uns des autres au sein de la Commission. Nous bénéficions donc d’un débat très animé mais nous devons également expliquer comment tout cela fonctionne et nous devons faire en sorte que les voix des citoyens puissent être entendues. C’est donc réellement mon travail : donner une voix aux citoyens européens.

Mathieu COLLET : Vous avez l’intention de communiquer sur quoi ? Sur le coût du refus de la Constitution, les politiques européennes, ou l’Europe en général ?

Question 3
Question 3

MW : Je crois que nous avons l’obligation d’informer les citoyens sur notre travail dans sa globalité. Nous devons planifier et classer les grands points par ordre d’importance, ainsi qu’établir l’agenda politique pour la Commission et les Etats membres. Il va de soi que le Conseil et le Parlement européen devront faire de même. C’est donc ce que nous faisons chaque semaine, nous décidons des sujets à aborder avec les journalistes en conférence de presse, sur la manière dont nous pourrions consulter les citoyens et la façon de recueillir des réactions. Tout cela donc est à l’ordre du jour. Il reste que ce n’est pas facile, car tout ceci reste une grande « machine à faire des compromis » qui, comme je l’ai dit plus tôt, traite de tout, de la législation sur les saucisses jusqu’au processus de paix au Proche Orient. Comment donc communiquer en 20 langues officielles ?

MC : Il ne faut pas non plus oublier que la plupart des citoyens ne savent même pas ce que font les institutions en détail : le Parlement, la Commission, le Conseil, leur rôle, et comment tout cela fonctionne en pratique.

MW : C’est précisément un des points que nous abordons dans le livre blanc quand nous proposons une nouvelle stratégie de communication. Nous pensons qu’une éducation civique est nécessaire, à moins évidemment que les Etats membres n’expliquent dans leur programme scolaire comment fonctionne l’Union européenne. Il est bien plus difficile de communiquer tout cela à un âge plus avancé. Tout ceci doit donc commencer tôt, c’est-à-dire pouvoir avoir une chance en tant que jeune, mais aussi en tant que citoyen, de comprendre comment les institutions sont établies et comment faire part de son opinion sur le système dans son ensemble.

MC : Les leaders politiques locaux sont de toute évidence les mieux placés pour rapprocher l’Europe de ses citoyens. J’ai lu votre plan D et votre stratégie de communication, mais je n’y ai pourtant pas aperçu les représentants locaux. Que comptez-vous mettre en place pour créer ces liens primordiaux ?

Question 4
Question 4

MW : Les instruments ou outils dont nous disposons reposent sur nos représentations dans chaque pays membre. La Commission, en tant qu’institution, possède des bureaux dans chaque pays membre. Nous pensons que nous pourrions mettre cela à profit et utiliser ces espaces pour en faire des lieux ouverts ou des espaces de réunion et ce, nous l’espérons, avec la collaboration des bureaux du Parlement européen. Nous voudrions créer des espaces où les citoyens seraient invités à donner leur point de vue, où nous pourrions consulter, où nous pourrions travailler avec les médias et les impliquer. Cependant, sans l’aide des politiciens et des Etats membres, cela se révélerait être une tâche difficile à accomplir. Nous devons travailler de concert avec la société civile et avec tous ceux avec qui nous établissons des liens. Il appartient donc non seulement aux médias, mais aussi aux Politiques d’établir un espace ouvert aux citoyens.

Concrètement, vous rencontrez les représentants locaux ?

MW : Bien sûr, très souvent. Par exemple, nos bureaux de représentation invitent des groupes de journalistes locaux afin de les tenir au courant de l’actualité européenne, mais aussi des représentants de la société civile et des personnes impliquées dans des projets financés par l’Union. Nos représentants font aussi en sorte que l’information soit diffusée au niveau local et national. Nous agissons donc au niveau local quotidiennement. Et c’est ce que nous allons développer de plus en plus. Par exemple, comment faire savoir aux gens que nous souhaiterions qu’ils réagissent à telle proposition ? Ceci n’a pas été fait de manière assez efficace. Comment faisons-nous savoir aux citoyens ce qu’il se passe au sein de l’Union ? Comment ceux-ci peuvent-ils donner leur point de vue ou partager leurs idées ?

MC : Dans votre plan D et votre stratégie de communication, vous dites vouloir utiliser internet. Plusieurs de nos lecteurs et certains membres d’Organisations non gouvernementales ont suggéré des outils, tel qu’ un référendum Pan-européen ou des consultations via Internet, ce qui a d’ailleurs été abordé à Bergame (Forum de la Société civile européenne). Pensez-vous que des consultations via le net constituent un nouvel outil potentiel ?

Question 5
Question 5

MW : En fait, nous utilisons déjà ce moyen. J’en ai fait l’expérience personnelle avec REACH, pour lequel nous avons reçu plusieurs milliers de contributions, et ce sur des détails spécifiques et techniques de la proposition. Il s’agit donc d’un nouvel outil et nous souhaiterions l’utiliser plus systématiquement. Nous disposons également de sites Internet où il est possible de débattre du futur de l’Europe. Le problème apparent est cependant le suivant : nous n’avons atteint qu’une partie de la population. Selon les chiffres, beaucoup d’hommes jeunes appartenant à une certaine tranche d’âge se sentent concernés, et par contre, beaucoup moins de femmes le sont.

En effet, 90% des personnes qui ont participé sont de sexe masculin.

MW : Oui, en effet, l’évaluation du plan D traite de cela, nous devons nous assurer que les femmes, elles aussi, se sentent concernées, ainsi que les jeunes, de façon à pouvoir mieux les impliquer dans les projets. Il est donc évident que nous devons utiliser un certain nombre d’outils différents, mais certainement Internet, de manière plus moderne si je puis dire.

Les personnes qui postent une réponse sur ces forums savent déjà comment fonctionne l’Union européenne. Comment pouvez-vous faire en sorte d’impliquer la tranche de la population moins informée ?

MW : Ceci peut être uniquement réalisé si l’information passe également par la télévision et la radio, qui constituent les deux canaux d’information principaux pour les citoyens. Nous voulons donc toucher tout le monde, dans le sens large du terme. Nous devons également travailler avec la société civile, avec toutes ces organisations qui touchent les agriculteurs, les professeurs, les consommateurs, ou que sais-je. Nous devons travailler avec tous ces réseaux en parallèle, sinon, notre démarche reste vouée à l’échec.

MC : En parlant de société civile, vous avez avancé l’idée, à l’occasion de Bergame, que vous aviez l’intention d’évaluer les propositions faites par les ONG, et Mr. Sorensen (le directeur général de la Communication de la Commission) a suggéré que ces propositions seraient soumises aux leaders européens. Qu’en est-il exactement du futur de ces propositions ?

Question 6
Question 6

MW : Nous avons examiné cette question et nous commençons à faire un certain nombre de propositions sur des projets Pan-européens, où par exemple, nous organisons des consultations citoyennes. J’ai participé à un des premiers événements où 200 personnes, représentant chacun des Etats membres, sont venues discuter de l’agenda européen et de leurs priorités concernant l’Europe. C’est exactement le genre de choses que nous poursuivons dans le cadre de chaque Etat membre. Ceux-ci feront participer non pas les politiciens ou l’élite de la politique, mais bien des citoyens ordinaires qui auront la possibilité de s’asseoir et de parler de questions européennes. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce qui peut être réalisé, nous pouvons également concevoir des interviews plus en profondeur et des méthodes différentes afin de se rapprocher des citoyens. Dès que nous en verrons les résultats, il est évident que nous les rendrons publics et que nous utiliserons tout cela à bon escient.

MC : La Commission, via l’initiative « mieux légiférer » a récemment retiré prés de 70 propositions législatives n’ayant pas été discutées par le Conseil afin d’établir une Europe plus efficace. La proposition visant à créer un statut d’association européenne a été une de celles-ci. Pourtant, un tel statut aurait constitué un moyen utile pour développer la société civile européenne. Par exemple, aux Euros du Village, nous sommes en train de créer des entités nationales afin de se développer au niveau européen. Pouvez-vous nous dire si une telle proposition réapparaîtra un jour ?

Question 7
Question 7

MW : Je ne sais plus exactement depuis combien d’années cette proposition est dans les tiroirs mais cela fait longtemps et la question n’a jamais progressé. Je pense qu’il vaut mieux admettre que cette proposition, n’a apparemment pas d’avenir ou ne possède pas de soutien suffisant afin de pouvoir la faire avancer. Il est plus sage de repartir de zéro et de jeter les bases d’une nouvelle proposition susceptible de nous aider car, si mes souvenirs sont bons, je pense que l’autre proposition a stagné pendant 6 ou 8 ans. Il est dès lors mieux de repartir sur des bases entièrement nouvelles et d’envisager une perspective différente. La proposition originale agissait un peu comme un boulet, et cela n’est pas constructif de camper sur des positions de conflits clairement établies. Je pense néanmoins que cette proposition est utile mais que nous devons prendre un nouveau départ.

Ne pensez-vous pas qu’il s’agit d’un mauvais signal ?

MW : Pas nécessairement. Si nous n’avons pas été capables de faire avancer les choses d’un iota, je crois qu’il faut une nouvelle proposition, de nouvelles idées. La proposition originale est devenue obsolète avec les années qui se sont écoulées. Il faut simplement trouver une autre solution.

Daisy AYLIFFE : Ma question se réfère à Strasbourg, vous en avez déjà beaucoup parlé auparavant, mais juste pour que les auditeurs puissent avoir votre avis grâce à notre site web… vous avez taxé le trajet régulier de Bruxelles à Strasbourg de « démentiel ». Est-il difficile de communiquer à propos de politiques que vous estimez illogiques ?

Question 8
Question 8

MW : C’était ma façon à moi de décrire les arguments et les réactions que j’ai pu entendre. Ce n’était pas ma façon propre de décrire les choses. Je fais de la politique depuis assez longtemps maintenant pour savoir qu’il y a des mots que l’on ne peut pas utiliser, cela dit c’est le genre de réactions que j’ai eues. J’ai donc voulu faire référence au genre de débat que l’on entend lorsque l’on en discute. Pour parler de Strasbourg, et ici encore une fois, je pense qu’il est utile d’aider les gens à comprendre pourquoi cette décision fut prise dans le temps, pourquoi la ville de Strasbourg a une valeur symbolique importante et le rôle que ceci a joué. Il est évident que 50 ans plus tard, la situation est tout autre, bientôt, il y aura 27 pays membres. La manière de prendre des décisions est donc devenue relativement lourde mais aussi onéreuse et irrationnelle. Nous devons expliquer l’histoire, pourquoi Strasbourg, et pourquoi une telle décision a été prise et démontrer ce qui serait une solution rationnelle au jour d’aujourd’hui. Malheureusement, si nous ne faisons rien pour faire changer les choses, cela risque de devenir un symbole connoté négativement. Ce qui fut jadis un lieu fantastique deviendra un symbole négatif aux yeux des citoyens ainsi que le synonyme d’une perte d’argent et de temps.

C’est déjà la vision de beaucoup de monde, c’est-à-dire d’un million de personnes, qui elles, ont signé la pétition. Vous parlez d’être plus à l’écoute. Vous avez déclaré aux signataires : « nous sommes unis et nous avons fait savoir à la Commission le fond de notre pensée ». Comment l’Europe a-t-elle écouté ? Comment l’Europe a-t-elle réagi ?

MW : Il faut être extrêmement honnête avec les gens à propos de ces pétitions afin de leur expliquer à qui incombe la responsabilité, qui prend les décisions, et bien sûr, les signataires de cette pétition le savent pertinemment. La Commission n’a pas le droit de présenter une proposition, nous pouvons donner notre point de vue, mais la compétence relève ici des Etats membres. Dans cette problématique, c’est la France qu’il faut influencer. L’Allemagne également, afin d’aboutir à une négociation ou à une discussion.

La Commission serait-elle en mesure de recommander une telle chose ?

MW : Non, nous ne sommes pas en mesure de le faire. Nous ne pouvons même pas, et toujours selon le traité, recommander une pareille chose, et cela doit être clair aussi aux yeux des citoyens, nous devons être honnêtes.

Cela dit, si un million de personnes se sont manifestées, la Commission ne devrait-elle pas prendre une décision ?

MW : C’est exactement la raison pour laquelle, dans la nouvelle Constitution, il y a une clause concernant l’initiative des citoyens. Dans un cas pareil, en présence d’un million de signatures, la Commission devra être obligée d’avancer une proposition ou tout au moins de réagir. C’est donc une initiative que je soutiens, c’est quelque chose de primordial.

DA : Passons maintenant à votre politique pour impliquer d’avantage les jeunes, et comme dit précédemment,pour impliquer plus particulièrement les femmes. Vous avez publié une vidéo sur le net récemment, cela se passait dans une salle de conférence et des jeunes présents dans la salle vous posaient des questions. Pour être honnête, même en tant qu’adulte avec un intérêt pour l’Europe, cette vidéo a été très difficile à regarder : la qualité était mauvaise, il y avait des bruits de fond, et je me suis posé la question : est-ce cela le futur de l’interaction entre les jeunes et l’Europe ?

Question 9
Question 9

MW : J’en suis fort désolée. C’était la première fois que nous faisions une telle chose et il s’agissait d’une première pour nous tous. Nous nous sommes fait la même réflexion en la visionnant. C’était en effet une épreuve délicate, pour la première fois, le contenu a été interprété dans les 20 langues officielles et c’est pour cette raison que cette séance a eu lieu dans un espace si peu accueillant. Nous ferons en sorte la prochaine fois d’être plus professionnels, nous apprenons beaucoup de ces expériences.

Justement, quelle est la prochaine initiative ?

MW : Peut-être que nous pourrions le faire avec moins de questions, afin de nous concentrer sur des problématiques plus spécifiques. Peut-être devrions nous laisser de côté un certain nombre de langues, afin que cela soit plus facile à organiser, ou peut-être un autre genre de lieu, où il est plus facile de s’entendre, il reste que c’était vraiment la première fois pour tout le monde.

Je le comprends fort bien. Vous pensez qu’il y existe un moyen pour que les politiciens s’adressent aux jeunes sans être aussi formels ?

MW : Oui, et d’ailleurs la plupart des figures politiques se rendent dans des écoles et s’asseyent avec les jeunes..

Il y a donc bel et bien un moyen.

MW : Bien évidemment. Il est toujours plus difficile de tout faire de façon institutionnelle, c’est toujours beaucoup plus lourd et cela en devient presque artificiel. Ce n’est pas votre façon réelle de vous exprimer tandis que si vous vous rendez dans des écoles, où vous vous asseyez en classe parmi les jeunes, vous les abordez de façon différente et cela peut donc déboucher sur une communication directe. Mais cela reste toujours plus difficile dans une configuration institutionnelle.

DA. Une autre question à propos du message que la Commission envoie à propos de la Turquie. Selon vous, puisque celui-ci est perçu de manière très négative : les discussions sont gelées, mais aucun des chapitres de négociation n’est fermé… Quel genre de message, selon vous, la Commission envoie-t-elle aux citoyens européens et aux citoyens turcs à propos de la Turquie ?

Question 10
Question 10

MW : Il est désormais évident que la Turquie est candidate pour devenir un Etat membre de l’Union et les choses risquent de ne pas être aisées si ce pays ne respecte pas les conditions sur lesquelles nous nous étions mis d’accord. Bien sûr, la situation risque de s’envenimer s’ils ne sont pas prêts à accepter les autres pays membres de l’Union, alors que ceci constitue un prérequis basique ! Vous devez accepter l’existence de tous les Etats membres. Ceci constitue le point de départ.

Cela vous préoccupe-t-il que beaucoup de gens aient dit à la Turquie « vous devriez simplement faire demi-tour » ?. LUE s’apprête à fermer 8 chapitres de négociations…

MW : Vous savez, lors de nos débats, nous avons été très prudents. Nous avons beaucoup discuté de tout cela, nous devons êtres clairs sur les conditions d’adhésion et sur ce que nous attendons de la part de la Turquie. Parallèlement, nous ne souhaitons pas que ce processus soit abandonné. Nous souhaitons voir la Turquie s’impliquer dans les démarches d’adhésion et de dialogue et nous voulons être certains que nous avons une coopération établie afin de voir les choses bouger dans la bonne direction. C’est pourquoi les deux aspects sont primordiaux.

XLD. Une étudiante française ayant étudié en Suède et lectrice de notre site a été étonnée de rencontrer un sentiment nationaliste parmi les jeunes de ce pays. Elle voudrait donc vous demander, en tant que vice-présidente de la Commission mais aussi en tant que personnalité de premier rang du parti social-démocrate dans votre pays, si vous seriez en mesure de renverser cette tendance nationaliste.

Question 11
Question 11

MW : Cette situation m’inquiète en effet, non seulement pour la Suède elle-même mais aussi pour d’autres endroits en Europe.. Malheureusement, cette tendance n’est pas limitée à la Suède. Vous la rencontrez également en Allemagne où des partis néo-nazis ont gagné des votes durant les élections. Ici, en Belgique aussi, et plus précisément à Anvers, nous assistons à la montée du Vlaams Belang qui a su convaincre 33% des votants. Ces tendances m’inquiètent. En Suède, par exemple, le Sverigedemokraterna, un parti très hostile à l’égard des immigrés, a gagné des sièges au sein de presque la moitié des municipalités. Cela est problématique à mes yeux. Je pense que nous devons donc initier un débat à propos de l’intégration, à propos de l’Europe, et sur le fait que le monde dans lequel nous vivons affiche aujourd’hui un visage différent. Et nous devons discuter des solutions à apporter.

DA : Vous croyez qu’il est possible de créer un sentiment de « vivre ensemble » ?

MW : Oui, je pense que cela fait partie du travail de chaque politicien aujourd’hui.

Êtes-vous en mesure de le faire ? Vous en sentez-vous capable ?

MW : Bien évidemment, sinon je ne ferais pas de politique sans penser que nous sommes capables de faire beaucoup de choses et nous devons en faire énormément ! J’estime que les deux défis les plus importants en Europe aujourd’hui sont les suivants : défendre et renforcer la démocratie en Europe d’une part, et d’autre part, se pencher de plus près sur la problématique de l’intégration. Et c’est uniquement grâce à cela que nous arriverons à un développement durable en Europe. Nous devons donc nous attaquer à ces problèmes.

DA : Justement, parlons du logo « Ensemble depuis 1957 » des célébrations du cinquantième anniversaire du traité de Rome. Comme vous le savez sans doute, beaucoup de personnes l’ont rejeté et attaqué. Pensez-vous que la division que ce logo a immédiatement provoquée est révélatrice d’un problème plus profond ?

Question 12
Question 12

MW : J’aime ce logo. Et je pense justement que c’est ce qu’un logo doit provoquer : des réactions. Bien évidemment, il sera analysé par la population, et ce n’est pas l’analyse elle-même qui est importante, mais bien le fait de trouver un symbole qui soit non seulement porteur de sens mais qui se mette également en valeur visuellement. Le débat qu’il a donc provoqué ne me fait pas peur et souvenez-vous également que ce logo a été réalisé par un jeune polonais. Pour lui, c’était le langage actuel, de sa génération, il a donc utilisé le moyen national pour le réaliser. Et puis, comme vous le savez, ce logo existe dans toutes les langues et je pense que je logo est parfait. Cela risque simplement de prendre du temps avant de conquérir la majeure partie des gens.

L’on dit pourtant que cela prendra du temps avant que ce logo ne se révèle porteur d’un vrai message.. Beaucoup de gens pensent en effet que vous essayez de trouver un symbole adéquat, mais que celui-ci ne l’est pas.

MW : Je ne suis pas d’accord, c’est tout à fait le symbole approprié pour dire haut et fort que nous sommes un groupe uni ! Mais nous devons faire face à cette situation. Nous ne sommes pas d’ores et déjà prêts, il s’agit aussi du futur. Mais c’est effectivement l’idée de base depuis 1957. Il s’agissait de dire que nous pouvions mieux faire les choses, non pas en se lançant à corps perdu dans des guerres, mais bien en s’asseyant autour d’une table pour discuter de nos problèmes et y trouver des solutions. Je pense donc que le symbole en question est parfait. Aussi controversé soit-il, je l’aime beaucoup.

XLD : Comme vous l’avez dit au début de l’entretien, l’UE a été créée pour assurer la paix en Europe. Quel est le message concret que l’Europe véhicule aujourd’hui ? L’Union a-t-elle assez à proposer pour bâtir un sentiment d’appartenance ?

Question 13
Question 13

MW : Je pense qu’il ne faut pas sous estimer le fait que l’objectif de paix en Europe est en réalité toujours d’actualité dans le sens où il s’agit de maintenir cette paix. On s’assied ensemble autour d’une même table pour discuter. C’est vrai et je pense que les jeunes générations le perçoivent, elles aussi. Mais nous sommes aujourd’hui davantage en quête d’un nouveau projet pour le futur qu’avant. Mon fils, qui a 20 ans et qui n’a donc pas vécu l’expérience de la guerre, désire plus que le projet américain global de paix en Europe. Il veut être en mesure de voir que nous sommes aussi capables de résoudre des problèmes qui ont trait à l’avenir. Pour moi, il est évident que le mot d’ordre de la Commission Barroso, à savoir solidarité, prospérité et sécurité, ne pose pas de problème. Mais, de mon point de vue l’avenir réside dans le développement durable. Il faut montrer que l’Europe est capable de combiner une forte croissance économique et des niveaux élevés de protection sociale et environnementale. C’est donc, pour ma part, le projet le plus fantastique qui soit, et je crois qu’il s’agit là d’un défi et d’un objectif politique suffisant !





© Euros du Village ASBL




Espace réactions (19)

Par Krokodilo, le 13 janvier 2007

Incroyable complaisance journalistique dans vos questions : vous avez réussi à lui poser la question du logo "together" sans citer le mot "anglais", or, tout le problème est dans le fait que la Commission semble considérer l’anglais comme la langue européenne, en contradiction avec les textes européens, et favoriser cette langue sans en référer ni aux citoyens ni aux assemblées ni aux gouvernements. Lorsque Me Wallström trouve le logo "parfait", et considère qu’il faudra du temps pour en "convaincre les gens", fait-elle référence à la langue anglaise ? Impossible de le savoir à cause du flou de vos questions, c’est lamentable. A noter que la version anglaise du logo est toujours celle qui apparaît actuellement (il ya quelques jours) sur Europa, section langues et documents, c’est vraiment de la provocation.


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Par Jean-Baptiste, le 13 janvier 2007

Sur la réaction précédente : oui la question n’a pas porté sur l’anglais. Et alors ? Le sujet est rebattu. La question posée, plus essentielle, est celle de "l’être ensemble". Peut-on créer un sentiment commun d’appartenance ? La réponse à la question est peut-être insatisfaisante, mais le débat sur l’anglais ça va un moment. Bien entendu il ne faut pas que ce dernier vampirise absolument tout ! Vous ne trouverez personne au sein des Euros qui se prononce pour l’anglais comme langue de travail unique dans les institutions européennes. Mais quand il s’agit d’un mot, d’une idée censée être communicable dans le continent tout entier, comment s’y prendre ? Si Mme Wallström élude une peu la question, elle répond tout de même. Elle dit que voilà, c’est un jeune Polonais qui a remporté le concours, qui a utilisé la langue qui lui venait spontanément pour parler aux autres européens : l’anglais. On peut s’en offusquer mais faut-il condamner l’acte en lui-même ? Allez donc en Pologne et tentez de rentrer en contact avec les gens. Comment allez-vous vous y prendre ? Essayez l’allemand, ça peut marcher dans certains endroits, mais le maîtrisez-vous bien ? Mettez-vous au polonais, mais vous serez alors une exception qui confirme la règle : l’anglais devient naturellement la lingua franca européenne. Aux Etats membres de faire en sorte qu’elle ne devienne pas la langue unique dans les institutions et dans les échanges entre Etats (notamment par les systèmes éducatifs). La Commission européenne sait que le "together" seul a été une erreur de communication, on ne va pas le lui répéter indéfiniment. La "provocation" dont vous parler n’est en pas une. Vous voyez une Commission aux longues dents qui veut sournoisement infiltrer de l’anglais partout. Ce sont simplement des gens de 25 pays différents qui utilisent un mot d’une langue qu’il connaissent à peu près tous.


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Par Krokodilo, le 13 janvier 2007

Le sujet est rebattu ? Il est plutôt tabou ! Quand avez-vous entendu A2 ou TF1 ou France-Europe express, ou le forum des européens parler des emplois européens réservés aux native english ? Du recul du français depuis l’arrivée de la GB ? Le Protocole de Londres a failli passer, l’étiquettage des aliments en anglais aussi, etc. D’accord avec vous sur l’utilité du débat sur "l’être ensemble" et "le sentiment commun d’appartenance", mais ce sentiment doit-il passer par l’anglais ? Ce n’est pas un point rebattu mais au contraire un sujet central sans cesse esquivé, et vous avez laissé passé l’occasion de demander sa véritable opinion sur ce point à Mme Wallström.

"Mais quand il s’agit d’un mot, d’une idée censée être communicable dans le continent tout entier, comment s’y prendre ?" Etait-ce si difficile de choisir un des projets de logo sans anglais, celui du cercle ou celui représentant les pays comme un puzzle ? Dire qu’avec tout un jury de personnalités, aucune n’a anticipé le mouvement de protestation que leur choix allait provoquer... " l’anglais devient naturellement la lingua franca européenne. " Quand l’anglais est obligatoire en 6e (faute de choix) dans certains collèges français, c’est naturel ? Quand on claque 83 millions d’euros dans France 24 pour faire une chaîne d’infos en anglais, c’est un développement naturel ?


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Par Pierre - EUROS DU VILLAGE, le 13 janvier 2007

"Krokodilo",

1 j’ai participé à la traduction et pas à l’interview. J’avais entendu parler de la polémique autour du logo, dans un esprit de professionalisme, je suis allé rechercher si le logo était disponible en français, ce qui est le cas : la version française est disponible à l’adresse suivante : http://ec.europa.eu/avservices/download/events_download_en.cfm ?idphoto=5701&nump=p-012531-00-02&src=1

2. nous citons le mot en Anglais dans l’entretien original, vous pouvez vérifier plus haut. Lorsque l’on fait une traduction et que le mot ou l’expression existe en français, on l’utilise, ce qui a été fait dans ce cas.

3. Je vous prierai de rester respectueux de notre travail et ce même lorsque le contenu de nos articles vous déplaît. Comme vous le constatez dans cette note, je suis moi même capable de garder mon calme et de ne pas monter sur mes grands cheveaux et ce y compris lorsqu’une remarque me déplaît. J’apprécierai que vous en fassiez autant.

Merci d’avance.


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Par Mathieu - EUROS DU VILLAGE, le 13 janvier 2007

Krokodilo, je connais votre sensibilité sur la question des langues pour avoir eu maintes fois l’occasion de lire vos interventions sur Euros du village ou des sites amis (comme le Taurillon par exemple, ou le blog de Jean Quatremer je crois). Vous êtes un défenseur de l’esperanto, et c’est tout à votre honneur. j’ai participé à l’interview et la raison pour laquelle le problème de l’anglais n’a pas été posé est multiple :
- le logo existe dans les 21 langues officielles de l’UE, et selon nos informations, ceci était prévu dès le départ. le jeune polonais qui a élaboré le logo avait parallèlement élaboré un alphabet pour permettre ces déclinaisons
- Margot Wallström, vous le constatez, est rompue à ce genre de questions et y répond de cette manière : le logo correspond à l’Europe telle qu’elle est et telle qu’elle est perçue. Notre question sur le logo englobait cette dimension des critiques, si elle ne la mentionnait pas directement. Critique qui d’ailleurs est surtout venue de France.

Le fait que le logo ai été d’abord proposé en anglais correspond selon elle à la réalité d’une Europe dans laquelle l’anglais s’est imposé non pas comme langue officielle, mais comme langue dominante car véhiculaire. Personnellement, je ne le déplore pas, il faut bien qu’une langue serve à communiquer (nous aurions eu du mal à faire l’interview en sudéois) ; ce que je regrette, c’est que les autres langues soient mises de côté et que l’on ne puisse plus les utiliser dans le cadre communautaire. C’est techniquement et pratiquement un défi monumental. Pour le français, s’il recule (mais c’est normal, la place de la France recule elle aussi), je n’ai pas le sentiment qu’il soit menacé outre mesure, bien que je sois le premier à le défendre.

Il est bien de défendre la diversité, comme vous pouvez le faire, en vous faisant entendre. Mais que cela ne soit pas exclusif (ce qui serait le contraire de cette diversité) et ne conduise pas à des critiques gratuites. je ne pense pas que vous pouvez considérer les Euros du Village comme un espace où la diversité n’a pas sa place. Bien au contraire.

Cordialement


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Par Jean-Baptiste, le 13 janvier 2007

Une réponse à Krokodilo.

Tout d’abord je me réjoui du débat et je n’ai rien contre votre commentaire. Il est intéressant d’échanger au-delà des raccourcis et du ton ordurier de bon nombre de sites et autres blogs ! (je dis ça pour que vous n’ayez pas l’impression que les Euros du village s’acharnent sur vous).

Que certains projets à la Commission frisent l’inacceptable d’accord. Etiquetter les produits en anglais uniquement c’est une aberration. Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse là encore d’une tentative impérialiste anglo-saxonne. Il s’agirait sans doute plutôt d’une certaine myopie de diplomates et de fonctionnaires européens légèrement trop flottants dans les altitudes bruxelloises. Toujours est-il que cette affaire ne s’est pas arrêtée grâce à l’intervention providentielle du sauveur de la diversité. Il était écrit d’avance qu’un tel projet ne pouvait qu’échouer car on ne peut naturellement imposer à quinze pays et leurs onze langues (à l’époque) une seule langue d’usage. Un peu comme était écrit d’avance l’avenir du CPE il y a quelques mois. Il y a des choses dont on sait qu’elles ne peuvent passer !

Le sentiment d’appartenance doit-il passer par l’anglais ? Très bonne question. Je dirais oui, mais en partie seulement. Oui car le fait que le logo ait été écrit d’abord en anglais prouve que celui-ci est un facteur d’unité. L’anglais comme média entre européens est de facto un moyen de se rapprocher. Mais vous avez raison, l’échange par ce biais unique est appauvrissant, il faut donc développer l’usage des autres langues. Je suis le premier à dénoncer le déclin de l’allemand et de l’italien (entre autres) dans notre belle éducation nationale. Par contre, mais ce n’est pas non plus pour forcément l’approuver, je constate malgré tout que l’anglais, mais également l’espagnol, se sont imposés naturellement. L’anglais pour la raison évidente qu’il s’est imposé partout ou presque dans le monde. L’espagnol, plus prosaïquement parce que l’Espagne attire, avant tout touristiquement.

C’est un peu triste, mais c’est "naturel" en ce qu’il s’agit d’un phénomène qui s’est imposé de lui-même (avec certes le peu d’intérêt que l’on porte en France à un bon enseignement de langue étrangère). Pour le coup, on ne peut se battre contre la réalité de l’histoire : la force de l’anglais (et du français) est la conséquence de l’impérialisme d’antan, le vrai, qui progressait à coup de canon.

D’ailleurs, pour prolonger le raisonnement, je ne suis pas sûr que l’adhésion de la Grande-Bretagne soit le fait générateur de l’intrusion de l’anglais qui n’en finit pas de gagner du terrain. Sur un plan technique c’est comme celà que cette langue est devenue langue officielle. Mais que se serait-il passé si tous les nouveaux adhérents des années 1990-2000 avaient intégrés l’Union sans que la GB en soit membre ? Aurait-on réellement vu les Scandinaves, les Baltes ou les Maltais se convertir au français ou à l’allemand ? C’est la force de l’anglais au plan mondial qui en fait une langue incontournable en Europe. C’est dans les nouvelles générations d’Europe de l’Est que c’est le plus évident.

Sur la forme du logo, je ne sais pas trop que répondre. Vous avez peut-être raison sur le fait qu’on aurait pu se passer d’un mot et donc d’une langue. Mais là on touche au goût "artistique" de la Commission européenne, et je ne sais pas si notre débat peut vraiment faire bouger les choses sur ce plan...


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Par Julia, le 20 janvier 2007

Being quite impressed by your interview I was not surprised (and lets say less impressed) that when it comes to nationalism the commissioner referred to Germany (ok, not only, also to Flandern) instead of answering the question and explaining the Swedish situation. From a German point of view thats not very professional as it is always easy to point at the others to distract from your own situation. But then okay, she is not representing the Swedish but the Europeans and so I guess her answer is fine. Sorry, but these things really bother me (as being German) …..


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Par skirlet, le 20 janvier 2007

Bonjour,

il est possible que mon pseudo ne vous est pas inconnu non plus :-) Je vais tout de même mettre mon grain de sel.

"Personnellement, je ne le déplore pas, il faut bien qu’une langue serve à communiquer (nous aurions eu du mal à faire l’interview en sudéois)"

Pouvez-vous préciser votre penseé svp ? Etes-vous d’accord que l’Europe a besoin d’une langue commune ? Alors, pour quelles raisons ce serait l’anglais et non une autre langue ?

Quant à l’interview, je suis étonnée : la Commission embauche de plus en plus de traducteurs et interprètes ; quelqu’un a même dit que la langue de l’UE, c’est la traduction. Et au final il n’y a pas un seul traducteur pour cet entretien ?..

"Critique qui d’ailleurs est surtout venue de France"

Pas seulement. D’autres pays ont exprimé leur mécontentement, et l’Allemagne n’utilisera pas ce logo. Par ailleurs, il y a une profonde contradiction : si l’unité de l’UE s’exprime en anglais, à quoi bon les autres versions linguistiques ? Chacun pour soi, et l’anglais pour tous ? Cela viole tous les accords sur l’égalité des langues... Je pense qu’un logo sans paroles serait bien plus adapté. Que Mme Wallström ait sa vision de l’Europe, c’est son droit. Le problème, c’est la vision d’un groupe de fonctionnaires imposée à tous les peuples de l’UE. Ces fonctionnaires ont passé des années à apprendre l’anglais, soit, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, et il n’est pas possible de bâtir l’UE autour de l’identité britannique. D’ailleurs, la question épineuse du logo pour les pays avec plusieurs langues nationales n’est pas résolue.

"Pour le français, s’il recule (mais c’est normal, la place de la France recule elle aussi), je n’ai pas le sentiment qu’il soit menacé outre mesure, bien que je sois le premier à le défendre."

Hélas, à mon avis, c’est un sentiment trompeur... En arrivant en France, j’ai été vraiment surprise de voir, à quel point la langue était pourrie par les anglicismes - vrais et surtout faux. Et le processus continue. En quoi "challenge" est meilleur que "défi" ? Un Français invente un sport et lui donne un nom anglophone - snowboard. Est-ce plus chic ?.. La liste serait longue. Les titres de films ne sont presque plus traduits en français. Le comble, c’est quand on passe à la télé un film, par exemple, chinois en VO, avec un titre "original"... en anglais ! En même temps, il y a une méconnaissance sidérante de la culture des pays voisins (par exemple, plusieurs films espagnols que j’ai vu dans mon pays d’origine n’ont jamais sorti en France. Pareil pour certains mini-feuilletons... anglais.) C’est la culture états-unienne qui vient en masse, et les gens pensent que c’est le seul autre (ou seul tout court) pays avec une culture digne de ce nom.

"Oui car le fait que le logo ait été écrit d’abord en anglais prouve que celui-ci est un facteur d’unité"

Cela ne prouve rien du tout. On sait que les pays - candidats ont dû présenter leur dossier uniquement en anglais, bien que ce n’est pas la seule langue de travail. Et il y a eu d’autres logos dans d’autres langues ou juste en dessins.

"l’anglais, mais également l’espagnol, se sont imposés naturellement. L’anglais pour la raison évidente qu’il s’est imposé partout ou presque dans le monde. L’espagnol, plus prosaïquement parce que l’Espagne attire, avant tout touristiquement."

Il n’y a rien de naturel. Si l’anglais est le seul choix comme LV1, c’est contre nature. Et dans notre collège, pas loin de la frontière espagnole, il n’y plus d’espagnol LV1 depuis cette année, malgré une grande demande. L’Académie a fait fi de toutes les lettres des parents d’élèves et de l’administration des écoles primaires...

"C’est la force de l’anglais au plan mondial qui en fait une langue incontournable en Europe"

Attendez, on parle de l’UE ici... Sinon, en se basant sur le plan mondial, l’espagnol et le portugais devraient être eux aussi les langues de travail, vu leur diffusion planétaire. Autre chose : les sociétés occidentales se disent "démocratiques", on parle beaucoup de solidarité en cette période de fêtes, mais où disparaît la notion de la démocratie, dès qu’il s’agit des langues ?! On nous dit, plus ou moins clair, que tout le monde doit s’écraser devant le plus fort. Et dans quelques années on sera tous désignés volontaires pour apprendre le mandarin, puisque la Chine monte en force.

"C’est dans les nouvelles générations d’Europe de l’Est que c’est le plus évident."

Vous vous basez sur l’exemple de l’auteur du logo ? Parce que je suis justement originaire de "l’Europe de l’Est", et je vois que les jeunes générations y sont comme partout : les élites croient bon imposer l’anglais partout, et ces jeunes sont complexés, car ils se considèrent "nuls en langues". Curieux, que les jeunes Britanniques échappent à ce sentiment ravageur, étant donné qu’ils ne sont plus obligés d’apprendre les langues dès l’âge de 14 ans...

Je tiens à préciser que je ne suis pas contre l’apprentissage des langues. J’en parle quelques’unes. Pendant une époque, j’étais bien contente d’avoir la langue hégémonique en tant que langue maternelle, ça me donnait beaucoup d’avantages ; je comprends donc que les Britanniques ne souhaitent pas les perdre. Mais je ne comprends pas cette volonté de soumission de la part des autres, l’adhésion à la loi du plus fort, l’acceptation d’être devenus citoyens de seconde zone PAR LE FAIT DE NAISSANCE (car si on demande un natif anglophone pour un poste, vous n’y pouvez rien, quel que soit votre niveau d’anglais...)

J’espère ne pas avoir altéré le niveau d’échanges sur ce billet. Les fautes et les tournures incorrectes ne viennent pas de mon mépris envers le français, mais du fait que ce n’est pas ma langue maternelle.


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Par krokodilo, le 20 janvier 2007

Pierre Roca : à part l’adjectif lamentable que j’aurais pu éviter, fruit du ton véhément des forums d’Internet, je ne suis pas monté sur mes grands chevaux, et je confirme mon impression que vous vous êtes auto-censurés dans la formulation des questions (vous étant l’équipe), alors qu’une réponse évasive de la part de Mme Walström ne surprend personne... Ceci dit, je peux effectivement vous complimenter pour avoir posé (deux fois) la question du logo. C’est un peu comme si vous aviez coupé la poire en deux. Comme c’est bientôt Noël, je peux même vous complimenter à nouveau pour avoir laissé passer mon (mes) commentaires virulents. Mathieu : Je ne croirai jamais qu’il était prévu dès le départ de décliner ce logo dans (presque) toutes les langues, mais je ne peux le prouver. "Critique qui d’ailleurs est surtout venue de France." l’Allemagne va tout de même choisir son propre symbole pour 2007... C’est une critique discrète mais quand même, et ils représentent la moitié de l’UE. Jean-baptiste : la progression de l’anglais a pu être ressentie comme naturelle, mais avec toutes les infos dont on dispose actuellement, il me semble un peu naïf de penser que c’est toujours naturel. C’est la résultante de nombreuses forces sociales, mais aussi de subventions larges du monde anglophone, et d’un travail permanent des groupes de pression. Le Protocole de Londres n’a rien de naturel. France 24 n’a rien de naturel, c’est une décision politique prise par quelques personnes voire une seule. Chaque pas de ce genre fait croire que le suivant est naturel. Aucune action n’est anodine, ni l’acceptation d’un Eurovision ridicule, ni la non-traduction des titres de films, des documents européens, etc. Chaque pas prépare le suivant vers l’anglais langue véhiculaire sans qu’on en débatte dans l’UE, sans qu’on ne l’avoue, et toujours sous le camouflage du multilinguisme ! "Pour le coup, on ne peut se battre contre la réalité de l’histoire : la force de l’anglais (et du français) est la conséquence de l’impérialisme d’antan, le vrai, qui progressait à coup de canon." Effectivement c’est une guerre larvée, sans canon. Mais pourquoi ne peut-on se battre ? Les régionalistes ne sont-ils pas habitués à revendiquer pour leur langue ? N’ont-ils pas souvent obtenu de la faire survivre par leur luttes ? C’est pareil mais au niveau européen. Les cousins Québécois ont bien une vingtaine de fonctionnaires chargés d’actualiser la terminologie et de proposer des équivalents aux anglicismes comme e-mail. Ils n’ont pas honte de lutter ouvertement. Le site DLF, défense de la langue française, regroupe nombre de personnes et d’articles qui témoignent de cette lutte.


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Par Jean-Baptiste, le 20 janvier 2007

Réponse aux deux commentaires.

Je maintiens l’idée que l’anglais s’impose naturellement. Naturellement, non pas parce que cela vient de nul part, mais parce qu’il y a un état des choses depuis un siècle environ qui fait que l’anglais s’est imposé dans une bonne partie du monde sous domination britannique, et a répandu sa force culturelle à travers les Etats-Unis de l’après guerre. Que l’on parle de l’UE, de l’Afrique ou de l’Asie c’est l’anglais qui est roi. Il s’est imposé dans les forums internationaux du monde entier (ASEAN par exemple) à l’exception de l’Amérique latine et de l’Afrique francophone.

Les remarques sur l’espagnol, le portuguais et le chinois sont largement déconnectés de notre réalité européenne. D’abord parce que se sont des langues (très) minoritaires en Europe et ensuite parce qu’au plan mondial elles se limitent à leurs zones originelles de locution. Les Chinois n’ont aucun projet impérialistes pour imposer leur langue au reste du monde rassurez-vous, ils apprennent très bien l’anglais justement.

Je réitère sur l’initiative du designer polonais. "Together" s’est imposé parce que l’anglais vient naturellement à l’esprit d’un européen "moyen" (mot affreux j’en convient) qui veut communiquer avec un autre. Sauf si il parle une deuxième langue, ce qui est assez rare convenons-en.

Tout ceci ne m’empêche pas, je le redis, de préférer le multilinguisme à l’unilatéralisme de l’anglais. Qu’un collège proche de l’Espagne n’ait plus de cours d’espagnol, c’est absurde en effet. Parler plusieurs langues est un atout et une richesse personnelle indéniable.

Mais au total il y a toujours la même difficulté que l’Europe connaît sur bien des plans. Comment être "unis dans la diversité" ? L’unité signifie qu’il y des choses communes et partagées. La langue fait partie de ces éléments. Alors bien sûr on peut souhaiter que tout le monde s’exprime de bon droit dans sa langue. Mettre des interprètes partout pourquoi pas, mais quelle formalisation dans toutes les relations humaines ! Si j’avais pu interviewer Mme Walltröm moi-même j’aurais sans doute utilisé l’anglais que nous partageons. Je regrette de ne pas parler le suédois, mais j’ai déjà du mal avec mon néerlandais !

L’idée des trois langues de travail au sein des institutions européennes est ainsi assez habile. Il est certes difficile de faire respecter un équilibre parfait entre les trois et certains germanophones ont épinglé la Commission sur son apparente mauvaise volonté à traduire systématiquement tous ses communiqués de presse en allemand. Mais c’est sans doute une idée à garder.

Quoi qu’il en soit, gardons à l’esprit l’idée républicaine qui pose le principe de majorité. Nous sommes une majorité d’Européens à parler l’anglais, mais aussi le français ou l’allemand. Utilisons les langues majoritaires pour faciliter notre travail, sans toutefois imposer à tous leur usage (respect des identités nationales). Battons-nous sur le multilinguisme mais ne tapons pas sur la tête des Européens toujours plus nombreux qui veulent parler l’anglais... ça aide quand même pas mal dans le monde d’aujourd’hui !


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Par Jean-Baptiste, le 20 janvier 2007

Au fait !

Je viens de jeter un coup d’oeil dans nos archives et en effet nous avons eu un débat de cette teneur il y a plus d’un an (le 25 septembre 2005 précisément à propos d’un article de Julien Dijol). http://www.eurosduvillage.com/archive/2005/09/26/parlez-vous-l-europeen.html

Joli retour sur la scène des débats de la part de Skirlet et Krokodilo !... à croire que les Euros du Village ont un auditoire (ou plutôt un lectorat) fidèle !

En tout cas tout le monde pourra constater qu’il y a de la constance dans nos opinions... Bonne soirée à tous.


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Par skirlet, le 20 janvier 2007

Ma foi, moi je maintiens que l’anglais ne s’est pas imposé "naturellement"... La colonisation est-elle naturelle ? Le formidable essor économique des USA, fruit de la deuxième guerre mondiale, naturel ? D’accord, on peut imaginer que oui. Alors pourquoi les hommes ne se contentent pas des choses "naturelles" ? Ils n’attendent pas la pluie mais utilisent l’arrosage automatique ; ils envoient des courriels à la place de pigeons voyageurs, et prennent l’avion et non un bourriquet ;-)

Ca vient de nulle part ? Je me permets d’en douter. Le directeur du cabinet de consultants Kissinger Associates, David Rothkopf, déclarait dans son ouvrage Praise of Cultural Imperialism (« Éloge de l’impérialisme culturel ») en 1997 que, quoi qu’il arrive, les États-Unis feront tout pour propager l’anglais dans le monde, et ce, avec la complicité de la plupart des autres nations plus faibles. Non seulement ils en ont les moyens, mais il y va de leur intérêt économique :

"Il est dans l’intérêt général des États-Unis d’encourager le développement d’un monde dans lequel les fossés séparant les nations sont comblées par des intérêts partagés. Et il est dans les intérêts économiques et politiques des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si des valeurs communes sont édifiées, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent."

Qui d’autre que Neil Kinnock qui a commencé le démantelement des services de traduction de la Commission ? Ce n’est pas pour rien qui il a été anobli et qu’il se retrouvé à la tête du British Council :-) Les langues, c’est déjà pas naturel en soi, mais ils font l’objet des jeux politiques et économiques, car il est extrêmement important d’imposer sa langue. A la GB, elle apporte 18 milliards d’euros par an rien que venant de l’UE...

Espagnol, langue très minoritaire ?.. 40 millions de population, c’est moins qu’en France, mais c’est honorable :-) L’anglais est à la troisième place ne Europe. Mais comme c’est intéressant : quend il s’agit de l’anglais, on regarde le monde, et quand il s’agit de l’espagnol, il devient une langue très minoritaire :-)))

"Quoi qu’il en soit, gardons à l’esprit l’idée républicaine qui pose le principe de majorité. Nous sommes une majorité d’Européens à parler l’anglais, mais aussi le français ou l’allemand."

Non, ce n’est pas cela qui est dans les accords. Nous ne sommes pas non plus majoritaires à parler anglais - je veux dire "parler" et non bredouiller quelques mots. Les gens qui parlent vraiment anglais ne sont guère nombreux...

"sans toutefois imposer à tous leur usage (respect des identités nationales)"

Et pourtant, c’est ça la réalité. Il faut parler anglais ou se taire.

"ne tapons pas sur la tête des Européens toujours plus nombreux qui veulent parler l’anglais..."

Mais QUI leur tape sur la tête ?! Au contraire, on est poussé vers l’anglais par tous les moyens. Et il faut voir, s’il veulent vraiment parler anglais, ou s’ils n’ont pas d’autre choix. Et la tête, ils se la tapent eux-mêmes contre le mur, en constatant que l’anglais n’est pas du tout facile, contrairement à ce que prétend la pub.

Ma foi, quant à moi, mon opinion n’a pas changé. Le tout-anglais n’est pas anodin, et j’ai déjà eu la possibilité d’observer les effets d’une langue dominante sur les langues dominées.

Vous n’avez pas répondu à ma question : quid de la démocratie linguistique ?

"Comment être "unis dans la diversité" ?"

Être "unuiĝintaj en diverseco" ;-) Avoir une langue neutre pour communiquer, afin de ne favoriser personne, et apprendre les langues par goût, et non imposer la seule langue nationale à tous, sous prétexte de "efficacité". Car avec l’anglais, l’efficacité ne fait pas bon ménage, sauf pour les natifs.

Bonne soirée à vous :-)


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Par Jean-Baptiste, le 20 janvier 2007

On peut débattre indéfiniment. Vous êtes sur les principes -avec une touche "anti" anglaise légèrement perceptible-, je suis sur le comment faire dans l’état actuel des choses.

Je ne vais pas broder sur le "naturellement", mais le français s’est "naturellement" imposé dans toutes les provinces du royaume et de la République par la force centralisatrice séculaire. L’anglais s’impose "naturellement" aujourd’hui du fait des rapports de force des deux derniers siècles.

Ceux qui tapent sur la tête des Européens sont ceux qui de facto hurle au loup face à l’hégémonie anglaise... alors qu’ils devraient encourager ceux qui ne le parle pas encore assez bien à se perfectionner. L’anglais est incontournable, mais je le répète il est insuffisant.

Je ne sais pas ce qu’est la démocratie linguistique, à part le fait que l’Union ait à traduire tous ses documents officiels dans toutes les langues officicelles des Etats membres et laisser les élus du peuple s’exprimer ainsi. La démocratie c’est le débat, dans un véhicule linguisitique commun (sinon on ne joue que les ambassadeurs-diplomates distants).

Un point pour vous rassurer : les Européens, et le monde en général, ne parlent pas le British English et encore moins le Cockney. Ils parlent le "globish" comme on dit, qui est, il est vrai, peu poétique car pas mal déconnecté d’une véritable culture. Il n’en reste pas moins que certains linguistes s’interrogent déjà sur quels effets le globish (mais aussi l’anglais parlé dans le sous-continent indien et en Afrique) aura sur l’anglais originel.


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Par Jean-Baptiste, le 20 janvier 2007

Dernière réponse pour ne pas monopoliser la parole.

Nos divergences sont assez claires. Vous êtes sur les principes, je me demande comment faire au mieux dans l’état actuel des choses. N’ergotons pas sur la définition du "naturel". Le français s’est "naturellement" imposé du fait de la force centralisatrice du royaume et de la République. L’anglais s’impose naturellement aujourd’hui du fait du passé impérialiste anglo-saxon (qui prenait des formes beaucoup plus désagréables que les petits jeux diplomatiques d’aujourd’hui !).

Une fois encore ne vous inquiétez pas trop. Nous parlons de l’Union et de ses institutions. Le français et les autres langues européennes ne risquent pas de mourir de si tôt. Elles ont une épaisseur culturelle qui les rend relativement indéracinables. L’anglais d’ailleurs est lui-même "menacé" en ce que le développement du "globish" et de l’anglais du sous-continent indien et d’Afrique influence l’anglais "originel".

Je répond par la même occasion à une de vos remarques. Les Européens et des millions d’autres gens de part le monde ne parlent pas le British English et encore moins le Cockney. Ils parlent le globish, sensiblement déconnecté d’une véritable culture, ce qui le rend moins attirant c’est vrai. Ce n’est donc pas en réalité une langue nationale que la plupart d’entre nous parlons.

Je ne sais pas ce qu’est la "démocratie linguistique". Sans doute faire en sorte que l’Union (pour autant qu’il s’agisse d’une démocratie... autre débat) traduise tous ses textes officiels dans les langues officielles des Etats membres, et laisse les élus des peuples s’exprimer dans la langue de leur choix. Mais le débat démocratique nécessite l’échange, si possible direct. Une langue commune est sans doute préférable. Tous les Européens quadrilingues pourquoi pas, mais je doute de la faisabilité d’une telle chose. Quant à l’espéranto, c’est une belle idée que j’aimais étant adolescent. Mais une langue, c’est une histoire et une culture. On ne peut imposer une langue artificielle. Quand le latin et le français étaient dominants en Europe, ils l’étaient parce qu’ils étaient l’expression d’une force culturelle d’un moment de l’histoire.

Remarque subsidiaire : les français sont très sensibles à cette question, notamment parce que notre belle langue était la langue officielle d’origine des traités européens. Mais il y a un autre facteur qui joue : la belle idée universaliste qui fait que beaucoup d’entre nous veulent combattre la domination anglaise... pour mieux imposer le français. Vous remarquerez ainsi que les Scandinaves ou les Baltes ne s’inquiètent pas du tout de la puissance de l’anglais. Le combat français/anglais est un combat de pouvoir


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Par Krokodilo, le 20 janvier 2007

Pleinement d’accord sur l’inévitable naissance d’une force centralisatrice dès qu’un échelon politique nouveau est créé, comme le fut l’UE, mais ce n’est pas une raison pour ne pas réfléchir aux différentes solutions possibles. Le boycott(age) du rapport Grin est un bon exemple pour démentir le naturel du développement de l’anglais. A comparer avec la très large publicité dont a bénéficié le rapport Thélot qui voulait présenter l’anglais comme partie intégrante du socle commun, avant que les critiques ne l’obligent à le rebaptiser langue étrangère... Ce rapport Grin, pourtant commandé par la France à un expert universitaire reconnu en Suisse, a été occulté par tous les médias (vous y compris, je crois) parce qu’il étudiait sans à priori et en détail les trois solutions envisageables pour l’UE, l’anglais langue véhiculaire, le multilinguisme, et l’espéranto comme langue auxiliaire. Et surtout parce que ses conclusions dérangeaient : sans même être espérantophone, il concluait que cette option, peu probable pour des raisons politiques, était néanmoins faisable, simple, efficace, et présentait le meilleur rapport coût/efficacité. Si vous ne le connaissez pas, je vous en recommande la lecture (disponible sur Internet, en version intégrale ou uniquement ses conclusions). Ses conclusions ont donc « naturellement » rejoint la grosse armoire destinée aux rapports indésirables, non-conformes au dogme de l’anglais naturel... Le naturel, c’est ce qui reste après la manipulation !

Les Européens (certains) et le monde (un infime pourcentage, qu’aucune étude n’a chiffré) ne parlent pas le globish, cette liste de mots anglais obstinément promue par un français titulaire paraît-il de la légion d’honneur, n’est qu’un anglais de très faible niveau utilisé par ceux qui n’ont pas eu la possibilité d’accéder à un niveau "fluent" dans une langue extrêmement difficile qui nécessite une longue immersion linguistique en raison de sa phonétique irrationnelle, et qui est donc élitiste. Aucune entreprise ne demande le globish dans les offres d’emploi ! Aucune ne le demandera jamais.


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Par skirlet, le 7 février 2007

Je constate que plusieurs réactions ont disparu. J’espère que c’est dû seulement à la migration du site et qu’elles vont réapparaître...


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Par krokodilo, le 7 février 2007

Tous mes encouragements pour votre nouvelle présentation. Un nouveau message pour fêter ça ! Ci-après, tout chaud sorti dans "Le Monde", un article qui mériterait d’être cité in extenso :

"Le gouvernement Blair prend des mesures défavorables au français et à l’allemand LE MONDE | 06.02.07 | 15h34 • Mis à jour le 06.02.07 | 15h34" "Le mandarin, l’arabe et l’ourdou feront bientôt leur entrée dans le club des langues étrangères enseignées dans le secondaire en Angleterre et au Pays de Galles (l’Ecosse a un système autonome). (…) Car, aux termes de cette réforme, les écoles ne seront plus tenues, comme actuellement, de proposer aux enfants de 11 à 14 ans l’enseignement d’une langue parlée dans l’UE. Le ministre de l’éducation, Alan Johnson invoque des motifs économiques et politiques. Le mandarin et l’arabe doivent permettre aux jeunes Britanniques d’être plus attractifs sur le marché mondial du travail. (…) On souligne que celle-ci contredit l’engagement commun pris par l’UE à Lisbonne en 2002 d’encourager l’enseignement d’au moins deux langues étrangères" http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-864117,0.html http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article1324074.ece

Ainsi, pendant que nos enfants galérent pour atteindre un bon niveau en anglais, les petits anglais abandonnent toute étude d’une langue européenne au profit du chinois. La GB privilégie ainsi officiellement l’attractivité de ses jeunes sur le marché du travail au détriment de la solidarité européenne ! Lorsqu’il y aura un poste commercial ou financier à pourvoir en rapport avec la Chine, qui aura toutes les chances ?

C’est une double injustice : la Commission européenne installe progressivement l’anglais comme lingua franca de l’UE, et les anglais en profitent pour développer un autre avantage linguistique ! La Commission a-t-elle menacé la GB d’une énorme amende ? Ou seulement réprimandé officiellement la GB ? Non. Les anglophones savent que sur Internet, l’anglais est sur le déclin : le pourcentage est passé de 100% à 35%, à mesure que l’Asie se développe, et ils se tournent vers elle pendant que nous courons naïvement après le fluent english.

Soyons directs : le temps est venu de faire cesser cette folie chez nous. Faisons comme la GB. Il faut d’urgence arrêter d’imposer l’anglais à l’école primaire comme c’est le cas depuis quelques années. Comme les anglais, transformons nous aussi les filières de langue en matières à option avec une vraie diversité linguistique. Et qu’on cesse de dire que c’est le choix des parents : même lorsqu’ils s’organisent pour réclamer un poste en 6e dans une autre langue, ils tombent sur le mur du silence de l’Académie.


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Par Jérémie, le 13 février 2007

La domination de l’anglais n’a rien de "naturelle", pas plus que ne l’étaient celles du latin puis du français (qui, elles, ne touchaient que les élites, soit dit en passant) ! Par contre, toutes ont été et sont injustes... On n’avait jamais vu de monnaie unique en Europe, et pourtant ça ne nous a pas empêché de la mettre sur pied ; on n’a jamais vu de langue commune neutre en Europe apprise par une majorité de la population pour se comprendre... et ça ne nous empêche en rien de l’instaurer si cela constitue un progrès !

L’Espéranto n’est pas un rêve d’adolescent, c’est au contraire un projet bien lucide.

Quant à Mme Wallström, au slogan en anglais unique pour représenter le cinquantenaire du Traité de Rome, ils représentent les errements d’une Europe dont les citoyens ne veulent, dans ces conditions, plus.


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le 19 février 2007

Lorsque l’on va sur le blog de Mme WALLSTRÖM, on constate qu’elle ne s’adresse qu’aux anglophones !

Lorsque des non anglophones tentent d’intervenir, leurs avis sont méprisés.

Est-cela la diversité culturelle et linguistique dont on nous rebat les oreilles ?

La commission européenne serait-elle devenue une antichambre du congrès américain ?

Pourquoi ce mépris des peuples européens ? Où cela va t’il nous mener ? Au développement des nationalismes ? A l’éclatement de l’Union ? A une guerre balkanique généralisée à toute l’Europe ?

Un sursaut démocratique est-il encore possible ?


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