PRESIDENTIELLES : la campagne socialiste et l’Europe (2/2)

Deuxième partie : Laurent FABIUS, Ségolène ROYAL et Dominique STRAUSS KAHN, trois candidats, trois variantes
La présence de trois candidats en lice pour l’investiture a permis au Parti Socialiste d’introduire un mode opératoire inédit en France. En effet, en organisant le débat entre ses candidats, le PS a inventé les primaires à la française, engageant la politique française sur une nouvelle voie. Le troisième grand débat télévisé entre les candidats potentiels à l’élection présidentielle a permis d’éclairer leurs positions respectives sur les questions internationales, au premier plan desquelles se trouve la question européenne. Après le projet du parti, tour d’horizon et analyse de leurs propositions.
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La présence de trois candidats en lice pour l’investiture du PS, si elle tend à brouiller quelque peu la visibilité du programme socialiste, permet néanmoins de préciser les propositions du parti, de les nuancer ou de les enrichir.
Laurent Fabius : L’homme du plan B
Des trois candidats à l’investiture, Laurent Fabius est celui qui "colle" le plus au projet socialiste, sur lequel il se calque assez fidèlement par rapport à ses concurrents. Il y ajoute cependant quelques propositions annexes (taxe communautaire assise sur l’énergie ou relance du couple franco-allemand autour d’une armée commune), précise quelques points obscurs du programme socialiste (il propose que l’effort budgétaire accru en faveur des nouveaux membres se négocierait contre « un engagement de convergence fiscale et sociale pour stopper les délocalisations intra-européennes »), et pour le reste avance des formules avant tout rhétoriques (« nouvel équilibre de l’élargissement » et « élargissement solidaire » pour le « plan d’investissements massifs envers les dix nouveaux entrés » tel que mentionné dans le programme du PS ; passage du « libre échange » au « juste échange » pour la nouvelle politique commerciale de l’UE). Mais par-dessus tout, comme il l’a martelé lors du débat avec les deux autres candidats le 7 novembre, Laurent Fabius souhaite faire « l’Europe par la gauche ».
Ajoutons tout de même que laurent Fabius dévoile enfin son plan B concernant la Constitution européenne : celui-ci consisterait en mise à l’écart de la partie III (politiques de l’Union), une reprise de la partie II (droits fondamentaux) et une renégociation sur les parties I (principes, objectifs et dispositions institutionnelles) et IV (dispositions générales et finales du traité sur son entrée en vigueur, sa procédure de révision et l’abrogation des traités antérieurs). Il propose donc de faire l’impasse sur ce qui se trouve dans les traités existant et en vigueur, de consacrer la Charte européenne des droits fondamentaux, et de renégocier tout le reste. Ce programme, s’il se veut particulièrement ambitieux, ne parait cependant pas en mesure de rallier les 26 autres partenaires de la France.
Ségolène Royal : La force de propositions (multiples)
Ségolène Royal, de son côté, a bien pris soin de reprendre dans son projet la plupart des propositions du projet socialiste. Mais à vrai dire, celles-ci se retrouvent au sein d’un programme où les idées se multiplient, comme s’il s’agissait de répondre aux critiques formulées à son égard face aux propositions de Nicolas Sarkozy en matière européenne. En ressort un inventaire parmi lequel il est difficile de faire émerger de grandes lignes, mais dont plusieurs éléments sont à souligner.
Ainsi, la candidate à l’investiture insiste-t-elle tout particulièrement sur le rôle que l’UE doit jouer pour promouvoir la paix à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières (lutte contre le terrorisme, conflit Israélo-palestinien, Iran et Afrique, sur laquelle elle a beaucoup insisté lors du débat télévisé). Sur la question des politiques communes, elle formule des propositions en matière de politique agricole commune, dont elle veut changer profondément les objectifs pour s’orienter vers une approche centrée sur l’environnement et l’aménagement du territoire. Ségolène Royal imprime également sa marque sur la question de la gestion des fonds de la PAC et de l’aide européenne au développement, qu’elle veut décentraliser. En matière sociale, Ségolène Royal précise quelque peu ce que seraient les « critères de convergence sociale » mentionnés dans le projet socialiste, lesquels permettraient de « mesurer les progrès réalisés en matière de salaires, d’emploi, de conditions de travail, d’égalité hommes/femmes, d’accès à la formation professionnelle et de santé au travail ». Des indicateurs existent pourtant déjà… Peut-être s’agirait-il de leur donner une nouvelle visibilité ? Enfin, en matière de politique économique, la candidate à l’investiture va encore plus loin que la réforme du pacte de stabilité et de croissance envisagée par le PS, puisqu’elle propose d’instaurer un pilotage par l’Eurogroupe (c’est à dire les pays de la zone Euro), ce qui présente le risque de mettre la Banque Centrale Européenne sous tutelle politique des Etats membres, alors que celle-ci est statutairement indépendante. Ségolène Royal a donc constitué une collection de propositions assez concrètes mais dont il n’est pas toujours évident, pour l’heure, de trouver une cohérence, si ce n’est son leitmotiv : « l’Europe par la preuve ».
En matière institutionnelle, enfin, Ségolène Royal veut développer la démocratie participative en lançant « une large consultation qui associerait dans tous les pays les élus nationaux et locaux, les partenaires sociaux et le monde associatif ». Cette consultation porterait sur les objectifs, les politiques et les frontières de l’Union. La candidate socialiste fait donc le choix de prendre le temps. La réforme institutionnelle ne paraît pas être pour elle une priorité et elle préfère, encore une fois, faire « l’Europe par la preuve » et redonner « l’envie d’Europe » plutôt que d’élaborer un « mini traité » qui permettrait à l’UE de mieux fonctionner. Si Ségolène Royal se démarque ici de Nicolas Sarkozy, elle prend également le risque de contredire le projet de son propre parti.
Dominique Strauss-Kahn : L’électron libre
S’il est bien un trait qui distingue Dominique Strauss-Kahn de ses concurrents à l’investiture sur les questions européennes, c’est que celui-ci a choisi jusqu’à présent de ne pas intégrer entièrement dans son propre programme le projet socialiste. Très structuré, sa contribution repose sur un constat d’échec, celui du 29 mai, et relève les trois critiques que, selon lui, les citoyens français ont alors exprimé, et tente d’y apporter autant de réponses en formulant ses propositions.
La première critique est l’échec de l’UE dans le domaine de l’économie, puisque l’Europe est aujourd’hui l’une des zones du monde où la croissance est la plus faible. Pour y remédier, DSK propose de doter l’UE des compétences (législatives, budgétaires et institutionnelles) nécessaires à la mise en œuvre de son agenda pour la croissance. En ce sens, il propose la mise en place d’un « Conseil des ministres pour la croissance » chargé d’adopter à la majorité les lois nécessaires, une augmentation et une réorientation du budget européen (que l’on retrouve dans le programme du PS) et l’institutionnalisation de l’Eurogroupe pour une meilleure coordination des politiques économiques des Etats membres.
La seconde critique est l’insuffisance de protection offerte par l’Europe à ses citoyens sur le plan social, environnemental et sécuritaire. Pour y remédier, des propositions : un revenu minimum européen « traduisant le droit fondamental du citoyen européen à un niveau de vie minimal » ; la sécurité sociale professionnelle – garantie contre les ruptures devenues presque inévitable dans le parcours professionnel – comme droit social européen ; un fond de soutien pour la petite enfance pour s’assurer que tout citoyen européen dispose du « capital cognitif » nécessaire pour se faire une place dans l’économie de la connaissance. DSK propose également un approfondissement institutionnel dans le domaine de la justice et des affaires intérieures pour lutter contre le terrorisme et améliorer la gestion des frontières extérieures.
Troisième et dernière critique, le problème de la légitimité démocratique de l’Europe. DSK surfe ici sur une vague porteuse. Il fait à cet égard des propositions d’ordre institutionnel qui présentent l’avantage d’être des innovations par rapport au Traité constitutionnel, mais le désavantage d’avoir un avenir très incertain, tant il sera déjà difficile de sauver ce qui figurait dans le Traité. Ainsi reprend-il l’idée du programme cadre visant à faire élire le Président de la Commission par le Parlement européen, et ajoute que les commissaires devraient être choisis parmi les membres du Parlement (la Commission deviendrait alors un véritable exécutif démocratique européen, sorte de gouvernement supranational) ; il propose également de réserver des sièges au Parlement européen à des listes paneuropéennes. Ce sont là des propositions originales et réalistes, qui hélas arrivent peut-être un peu tard. Ce n’est pas le cas, par contre, de sa volonté de « faire des européens », par la généralisation du programme Erasmus, l’enseignement de l’histoire, des cultures et institutions européennes dans les lycées et des langues européennes dès l’école primaire, ou encore par un soutien financier accru à la production d’œuvres culturelles européennes et la création d’un grand média audiovisuel public à vocation européenne. Cela fera beaucoup de travail pour la direction générale Education et Culture de la Commission…
Enfin, n’en déplaise à la « nouvelle Europe », DSK mise sur une relance du couple franco-allemand pour remettre la construction européenne sur les rails. Une particularité sur laquelle il a beaucoup insisté lors du débat interne consacré aux affaires internationales.
Malgré les différences que la revue des propositions des trois candidats à l’investiture permet de souligner, on dénote quand même une orientation commune : l’Europe à gauche. Cependant, tous les défis européens ne sont pas abordés. Qu’en est-il de l’immigration par exemple ?
De manière plus générale, l’Europe à gauche tels que le conçoivent les candidats socialistes a-t-elle une chance de voir le jour ? Pour reprendre l’idée formulée par Daniel Cohen dans son dernier ouvrage, « Trois leçons sur la société post-industrielle » : si la France est à la recherche d’un nouveau modèle de cohésion répondant aux défis de notre société en mouvement, elle doit d’abord mener elle-même cette réflexion.
Dès lors la France doit-t-elle mener seule la transformation de son modèle social, ou chercher à entraîner ses partenaires européens sur la voie qu’elle choisira ?
Espace réactions(3)
PRESIDENTIELLES : la campagne socialiste et l’Europe (2/2)
Par Bornéo, 13 janvier 2007
Pour une part, les déboires que la France a subi en Europe et qui ont eu pour conséquence en partie le NON français, tient au mépris qu’affiche ce pays pour les contributions des "petits" membres.
Or la plupart des candidats semblent croire qu’il suffit à la France de tomber d’accord avec l’Allemagne pour résoudre les problémes.
Les petits se vengent soit en rejettant eux aussi le projet européen, soit en s’opposant sytématiquement aux propositions françaises.
De plus, le président de la commission aura réussi dans la période à faire l’unanimité contre lui.
PRESIDENTIELLES : la campagne socialiste et l’Europe (2/2)
Par Jean-Charles Duboc, 13 janvier 2007
Les trois candidats des primaires socialistes n’ont, à ma connaissance, jamais abordé le problème de la corruption alors que c’est plus que jamais d’actualité…
Que pensent-ils de l’affaire Clearstream…
En fait, cette affaire, qui embarrasse de Villepin, MAM, et d’autres personnalités, ne pourrait être que l’écume d’un tsunami qui arrive sur la classe politique….
Le niveau de corruption en France est confirmée par l’Institut des Affaires Economiques (Institut of Economic Affairs / London ) qui a estimé, le 22 juin 2006, que notre pays est le plus corrompu des pays industrialisés.
Le classement s’établit en médailles d’or, d’argent de bronze :
France : 4 médailles d’or !...
Japon : 3 médailles d’or !...
Italie : 2 médailles d’or !...
UK : 3 médailles de bronze !...
Il faut avouer que la lutte a été très serrée avec les Japonais et les Italiens, mais nous sommes les vainqueurs !!!!....
A vrai dire, il est possible que l’année prochaine nous aurons encore plus de médailles d’or, et peut-être même un « Special Award » pour ce détournement de fonds publics.
Afin d’en savoir plus, je vous recommande le Blog « l’UMP et la formation humaine des jeunes » que je viens de créer et qui est, d’abord, un lieu de réflexion sur les possibilités de formation des jeunes par la navigation, en équipage, à bord de grands voiliers (c’est le projet Euroclippers), la traversée de déserts à cheval, la course en haute montagne…
Mais, il relate aussi un détournement de fonds publics considérable, celui des indemnités de la guerre du Golfe – 3,5 milliards de dollars - qui, s’il est confirmé, va poser quelques problèmes pour la présidentielle…
Vous pouvez consulter ce Blog sur :
http://euroclippers.typepad.fr/
Bonne lecture.
Jean-Charles Duboc
PRESIDENTIELLES : la campagne socialiste et l’Europe (2/2)
Par morin, 20 février 2007
Etes vous pret à lever le secret defense sur l’affaire des frégates de taiwan ?
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Nos Pages : :
Sur internet
- Ségolène ROYAL
- discours sur l'Europe (via Le Figaro.fr - pdf)
- Dominique STRAUSS-KAHN
- propositions : "pour une Europe des citoyens"
- Laurent FABIUS
- "Relancer l'Europe"








