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Pour ceux qui n’y étaient pas : 25 mars 1957, la signature du traité de Rome

11 janvier 2008 | Par Robert Souchet
Quelqu’un pourrait-il me renseigner sur la véracité de ces faits. J’ai lu, il y a quelques années, mais je ne sais plus où, un article sur l’Europe dont je n’ai trouvé aucun écho nulle part depuis. Dans les années 60, plusieurs des pays fondateurs auraient proposé une Union Européenne Fédérale, ayant le Français comme langue commune, puisqu’étant déjà la langue de travail des instances de l’Europe des Six. Logique, le Français étant parlé par plus d’habitants que l’italien et le Néerlandais, et l’Allemand ne pouvant pas être adopté pour des raisons historiques évidentes. Chaque pays conservant évidemment sa propre langue à usage national, mais évitant ainsi l’hégémonie de l’Anglo-Américain. Les Allemands et les (...)

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Sur internet

Le texte intégral du Traité de Rome (version de 1957)
Eur-lex
La synthèse du Traité CEE
Europa
Témoignages sur la négociation du Traité
50e anniversaire du Traité de Rome
Le 25 mars 1957 dans la presse internationale
RFI


Pour ceux qui n’y étaient pas : 25 mars 1957, la signature du traité de Rome


Pour ceux qui n'y étaient pas : 25 mars 1957, la signature du traité de Rome

Petite histoire d’un texte fondateur

2 avril 2007, Par Albine AZEMA

Le Traité instituant la Communauté Economique Européenne (CEE), signé à Rome le 25 mars 1957, constitue un acte fondateur de la construction européenne. Sa négociation a conduit les six Etats fondateurs (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) à s’interroger sur la forme, sectorielle ou générale, supranationale ou intergouvernementale, que devait prendre la construction européenne et à définir les principes essentiels du marché commun et du fonctionnement institutionnel de la Communauté. Ce faisant, le traité CEE n’a pas seulement posé les bases d’un marché commun, mais a également défini les principes essentiels et le fonctionnement institutionnel de l’Union européenne, 35 ans avant le traité de Maastricht.

Un contexte favorable à la relance de la construction européenne

Après l’échec des projets de Communauté Européenne de Défense (CED) et de Communauté Politique en 1954, suite au refus de l’assemblée nationale en France de voir instituer une armée européenne comprenant des militaires allemands, la construction européenne semblait durablement enlisée. Cependant, le contexte européen, en particulier la volonté de la RFA de ne pas se couper de l’Europe de l’Ouest couplée à celle de la France et les changements de gouvernement dans les Etats du Benelux, ont favorisé la relance de l’intégration européenne. La situation internationale a également joué un rôle, d’une part parce que le projet recevait le soutien des Etats-Unis qui y voyaient un moyen de consolider l’Alliance Atlantique dans le contexte de la Guerre Froide et d’autre part, parce que la question Algérienne, qui monopolisait l’opinion publique en France (dés 1954 la situation en Algérie dégénère causant des difficultés très importantes pour le gouvernements français de l’époque) laissait les mains libres au gouvernement français en matière européenne.

La Conférence de Messine, là où tout a été négocié

La question qui se posait néanmoins était celle de la forme sous laquelle se poursuivrait l’intégration européenne. Tandis que la France envisageait la poursuite d’une intégration sectorielle sur le modèle de la CECA dans les domaines de l’énergie atomique et éventuellement des transports et de l’aéronautique, les Etats du Benelux souhaitaient une intégration économique plus poussée, fondée sur un marché commun général et une union douanière. Par ailleurs, à la différence des autres Etats et en particulier ceux du Benelux, la France refusait de poursuivre une coopération supranationale sur le modèle de la CECA.

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Conférence de Messine : Les ministres des affaires étrangères des Six
De gauche à droite : Johan Willem Beyen (Pays-Bas), Gaetano Martino (Italie), Joseph Bech (Président du gouvernement, Luxemboug), Antoine Pinay (France), Walter Hallstein (Rép. Fed. d’Allemagne), Paul-Henri Spaak (Belgique)

Les différents projets ont été examinés à la Conférence de Messine, qui s’est tenue du 1er au 3 mars 1955 et au terme de laquelle a été adoptée la déclaration du même nom. Les Six se sont accordés sur leur volonté de relancer la construction européenne dans le domaine économique et se sont prononcés, en des termes cependant très généraux, en faveur de la création d’institutions communes, de l’établissement d’un marché commun général et d’un marché commun nucléaire, et d’une harmonisation des politiques sociales. Un comité d’experts, présidé par Paul-Henri Spaak, dont le rôle au cours de cette conférence fut déterminant, a été chargé de préparer un rapport sur les modalités concrètes de l’intégration, lequel a constitué la base des négociations lors de la Conférence intergouvernementale convoquée en juin 1956.

Les négociations du Traité de Rome

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Paul-Henry Spaak : Ministre belge des affaires étrangères au moment de la signature du Traité de Rome
Paul Henri Spaak fut une figure prédominante de la rédaction du traité de Rome. Lors de la conférence de Messine de 1955, il fut nommé président du comité chargé de la mise au point du traité par les six États qui y participèrent. Spaak estimait que la création de liens contractuels contraignants entre les pays était le moyen le plus efficace de garantir la paix et la stabilité. Il fut à même de contribuer à la réalisation de ces objectifs dans ses fonctions de président de la première Assemblée plénière des Nations unies (1946) et de secrétaire général de l’OTAN (1957-1961).

Les négociations du traité CEE se sont révélées difficiles, notamment en raison d’exigences françaises bien souvent contradictoires avec les intérêts des autres Etats. La France souhaitait ainsi une expérimentation réversible du marché commun. Elle demandait en outre : une harmonisation des charges sociales par le haut pour limiter la concurrence avec les autres Etats moins protecteurs, à laquelle s’opposait l’Allemagne ; un tarif douanier commun élevé, que rejetait les Etats du Benelux ; et la préférence communautaire en matière agricole. Finalement, et principalement en raison de la démarche très conciliante de l’Allemagne, un compromis acceptable pour tous a pu être obtenu : un marché commun irréversible mais instauré au terme d’une longue période transitoire, le simple principe d’un encouragement au nivellement par le haut des normes sociales, un tarif douanier commun fixé à la moyenne arithmétique des taxes nationales, et enfin la définition ultérieure des principes de la libre circulation des produits agricoles.

En matière institutionnelle, les négociations furent moins difficiles car les Etats du Benelux acceptèrent d’abandonner leurs propositions les plus supranationales. Les six s’accordèrent ainsi pour confier l’essentiel du pouvoir à un organe intergouvernemental et pour limiter les pouvoirs de l’organe parlementaire.

Les fondements du Traité de Rome

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Signature du Traité de Rome le 25 mars 1957
Présent ce jour là, le chancelier fédéral allemand Conrad Adenauer marque l’engagement de l’Allemagne à la construction européenne.

Le Traité CEE fut donc signé le 25 mars 1957 à Rome, en même temps que le Traité Euratom. Ratifié par les Six sans grande difficulté, il entre en vigueur le 1er janvier 1958.

Il établit pour une durée illimitée la Communauté Economique Européenne, tout en rappelant dans son préambule un objectif politique plus large à long terme (établir « les fondements d’une Union sans cesse plus étroite entre les peuples »). Il prévoit la création d’un Marché Commun, c’est-à-dire la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux dans le cadre d’une union douanière, complété par des politiques communes en matière de transport et d’agriculture, et des règles de concurrence.

Sur le plan institutionnel, il confie le pouvoir décisionnel au Conseil, organe intergouvernemental, et d’importants pouvoirs de proposition, d’exécution et de contrôle à la Commission, organe indépendant supranational. L’assemblée parlementaire, désignée par les parlements nationaux mais dont il est prévu l’élection ultérieure au suffrage universel direct, se voit reconnaître des pouvoirs consultatifs et le contrôle de la Commission. Est également instaurée une Cour de Justice, commune aux trois Communautés.

Ainsi étaient jetées les bases de l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui.





© Euros du Village ASBL




Espace réactions (4)

Par janinthesun, le 3 avril 2007

Un article superbe ! C’est intéressant de voir que les grandes positions de ces premiers négociations n’ont jamais changé.


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Par titi, le 24 avril 2007

votre article est super. il est interessant et vaut le coup d être lu


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Par étudiant, le 2 décembre 2007

excellent, merci beaucoup, cela m’aide bien pour mon dossier ...


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Par Robert Souchet, le 11 janvier 2008

Quelqu’un pourrait-il me renseigner sur la véracité de ces faits.

J’ai lu, il y a quelques années, mais je ne sais plus où, un article sur l’Europe dont je n’ai trouvé aucun écho nulle part depuis.

Dans les années 60, plusieurs des pays fondateurs auraient proposé une Union Européenne Fédérale, ayant le Français comme langue commune, puisqu’étant déjà la langue de travail des instances de l’Europe des Six. Logique, le Français étant parlé par plus d’habitants que l’italien et le Néerlandais, et l’Allemand ne pouvant pas être adopté pour des raisons historiques évidentes. Chaque pays conservant évidemment sa propre langue à usage national, mais évitant ainsi l’hégémonie de l’Anglo-Américain.

Les Allemands et les Italiens n’auraient probablement pas soulevé d’objection majeure et le Benelux y trouvait un avantage certain avec l’apaisement de la querelle linguistique belge. Les Flamands n’auraient pas eu comme actuellement le sentiment d’avoir à parler le Wallon, mais l’Européen. Dilution du problème nord-sud en Italie dans la fédération et l’Allemagne y gagnant un poids politique qu’elle n’avait pas encore retrouvé.

La capitale choisie aurait été Paris pour des raisons de prestige, mais le Parlement, les commissions, etc. donc le pouvoir réel, seraient restés à Bruxelles et à Luxembourg.

Nous aurions donc suivi un chemin comparable à celui des USA avec les 13 provinces d’origines devenues des Etats et l’intégration progressive des nouveaux membres aux conditions requises par l’appartenance à l’état fédéral.

Notre grand Charles aurait dédaigneusement repoussé cette idée malgré son amitié pour Adenauer.

Cela aurait eu pourtant une autre portée que notre sortie de l’OTAN.

Robert SOUCHET


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